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N°22 Avril 2012
Dossier

L'écoquartier de
La Cartoucherie
P.12


C'est votre
histoire

Les primo
arrivants P.32
Focus

Ouverture de la médiatheque
Grand M P.46


Culture

La vie des oeuvres de Saint-Raymond

P.54

www.toulouse.fr
a
Toulouse
LE MAGAZINE D'INFORMATIONS DE LA VILLE DE TOULOUSE
LES CRECHES FONT DES PETITS P.28



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Sommaire

4 En bref

Retour et coup d'oeil sur l'actualité de la ville

8 Regard sur…

Les serres municipales
A LA LOUPE
12 Le dossier du mois

La Cartoucherie

20 Urbanisme

La rue d'Alsace-Lorraine

22 Travaux

Comment s'informer

24 Écocitoyenneté

La Semaine du développement durable

INTERACTIVE
28 On en parle
Les creches font des petits

32 C'est votre histoire
Les primo arrivants


PROXIMITÉ
38 Nouvelles des secteurs
Toute l'info pour mieux vivre pres de chez vous

44 Occitan
Viure al País

CULTURES
46 Focus
La médiatheque Grand M

50 Bric a Brac

52 Face shoot
Le collectif Bistaki

54 L'envers du décor
Le musée Saint-Raymond

57 Tete-a-tete
La Seconde Méthode

58 Patrimoine & Histoire
La Garonne préhistorique

60 + que Culture
Les empreintes numériques
61 Agenda culturel
64 Expressions politiques

Édito
Pierre Cohen
député-maire de Toulouse
La métamorphose de Toulouse
PERSONNE NE PEUT AUJOURD'HUI L'IGNORER : TOULOUSE EST EN CHANTIER. Dans le centre-ville comme dans les quartiers, jamais notre ville n'aura connu autant de travaux. Les raisons en sont simples : pendant trente ans, l'immobilisme a été de mise. Non seulement aucune grande opération n'a vu le jour pour projeter Toulouse parmi les grandes métropoles d'Europe, mais ses réseaux sont devenus vétustes, ses canalisations ont vieilli, ses espaces publics se sont dégradés, ses rues se sont engorgées, certaines de ses écoles frisent l'indignité.

IL ÉTAIT URGENT DE RATTRAPER CE RETARD. Une véritable métamorphose de notre métropole a été entreprise. Le choix aurait pu etre fait de mener ces chantiers les uns apres les autres. Cela revenait a générer des perturbations pendant de longues années, tout en multipliant les interventions d'urgence, pour parer au plus pressé. Nous avons préféré les engager simultanément, de maniere coordonnée, sur tous les fronts : réseaux, espaces et bâtiments publics, déplacements, voiries… Le réaménagement du centre-ville et le prolongement du tramway jusqu'au Palais de justice sont certainement les plus visibles et les plus emblématiques de ces grands chantiers.

CES TRAVAUX ne vont pas sans causer quelques désagréments pour ceux qui vivent, travaillent ou circulent dans les quartiers concernés. Toutes les mesures ont été prises pour limiter au maximum la gene occasionnée. Un dispositif d'information et d'accompagnement sans précédent a été déployé. Mise en place de médiateurs, publication mensuelle de documents sur l'avancement des chantiers, informations interactives sur le Web (www.travaux.toulouse.fr), abonnement a un systeme d'alertes en temps réel par courriel ou par SMS… Chacun peut choisir le canal de communication le mieux adapté a son mode de vie.

CES CHANTIERS RÉPONDENT A NOTRE AMBITION POUR TOULOUSE. L'ambition d'une ville équilibrée, durable, fluide, faisant la part belle au partage de l'espace public entre les voitures, les transports en commun, les piétons et les cyclistes.
Une ville des proximités, humaine et vivante, ayant le meme niveau d'exigence dans tous ses quartiers, anciens ou nouveaux.
Une ville fiere de son histoire, qui redécouvre son patrimoine minéral et naturel, le met en valeur pour que chaque Toulousain profite d'espaces de vie embellis et mieux partagés.
a Toulouse n°22 · Magazine d'informations de la Ville de Toulouse · 17, rue de Rémusat, 31 000 Toulouse · Courriel infos générales : atoulouse@mairie-toulouse.fr · Courriel infos culturelles : agenda.culturel@mairie-toulouse.fr · Directeur de la publication : Pierre Cohen · Comité éditorial : François Briançon, Vincentella de Comarmond, Martine Croquette, Jean-Michel Fabre, Antoine Maurice, Sonia Ruiz · Jean-François Portarrieu · Ont participé a ce numéro : Christian Delfau (coordination générale) · Rédaction / chefs de rubrique : Audrey Brégou, Eve Lasbats · Interface web / secrétariat de rédaction / correctrices : Christelle Célarié, Pascale Odion · Phototheque : Valérie Ferret · Pigistes : Nicolas Belaubre, Philippe Bertrand, Laurence Bureau, Vincent Huet, Juliette Farelli, Nicolas Héry, Sébastien Iwansson, Natacha Scheidhauer-Fradin, Bénédicte Soula · Reportages photos : Patrice Nin (dont photo de Une), Jean-Jacques Ader, Didier Cousy, Guillaume Fraysse, Joachim Hocine, Frédéric Lancelot, Frédéric Maligne · Infographie / mise en page / prépresse : Valérie Fuster, Véronique Raynal, Pierre-Éric Petit · Chef studio : Franck Le Callonec · Illustrateur : Pierre-Éric Petit · Dessinateur de presse : Jiho · Pages patrimoine / histoire : Studio Différemment · Chronique occitane : Pierre Escudé, Magali Blénet · Photogravure : Picto · Impression : Sud Graphie Rotative · Tirage : 287 000 exemplaires · Gestion diffusion : Pascale Pastor · Distribution : Mediapost · Contrôle de distribution : Audit Media Communication · Licences d'entrepreneur de spectacles : n°2-1025107, n°3-1025105 · Dépôt légal a parution · Imprimé sur papier certifié « PEFC TM », issu de la gestion durable des forets (N° chaîne de contrôle : CTBA/07-0800, N° de certificat : 299/2007).

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TOULOUSE,
VILLE INTERNET 2012

L'Association des villes Internet a délivré un @@@ a Toulouse le 6 février dernier. Cette distinction récompense la stratégie municipale en faveur du numérique, notamment la mobilisation de moyens conséquents pour mettre en place un Internet local citoyen, a disposition de l'ensemble des Toulousains.

HOMMAGE A GEORGES AYBRAM

Georges Aybram est décédé en février a l'âge de 96 ans. Pierre Cohen a salué la mémoire de cet ingénieur des travaux publics qui travailla au service de la Ville de Toulouse ou il finit sa carriere en tant que Directeur Général Adjoint des Services Techniques en juin 1980. « Durant l'occupation allemande, il a eu un rôle actif dans la résistance toulousaine au sein du NAP de la mairie de Toulouse et du réseau “ MAURICE ”, ou il aida a l'évasion de pilotes alliés vers l'Afrique du Nord. Cet homme engagé a participé en avril 1948 a la création de la Confédération Générale du Travail Force Ouvriere. Ce joueur de rugby a mis sa passion au service du TOEC, dont il fut le Président de 1951 a 1980. » En décembre 2008, son nom avait été donné au stade du TOEC.

PIERRE LARTIGUE HONORÉ

Pierre Cohen a remis, début février, le diplôme d'honneur de la Ville a Pierre Lartigue, président fondateur du Cirque de Noël. Chaque année depuis 1946, le Cirque de Noël reçoit plus de 100 000 spectateurs par le biais des comités d'entreprises. Infatigable artisan d'une culture populaire, Pierre Lartigue, distingué a maintes reprises (Officier de l'Ordre National du Mérite, chevalier des Arts et des Lettres, des Palmes Académiques…) est aussi coauteur d'un ouvrage sur le célebre inventeur toulousain du trapeze volant, Jules Léotard.

De la suite dans les Idex

Ça y est, Toulouse fait partie des huit campus universitaires et de recherche français a vocation mondiale. Elle a été officiellement retenue, le 3 février dernier, dans le cadre de l'appel a projets du grand emprunt, les Initiatives d'excellence (Idex). Depuis plusieurs années, la métropole toulousaine ne ménage pas ses efforts pour créer une université unique et rassembler toutes les forces de l'innovation. « C'est une reconnaissance attendue et méritée de notre excellence scientifique et universitaire. L'Idex est l'aboutissement du formidable travail mené depuis deux ans par le Pres-Université de Toulouse, son président Gilbert Casamatta, les présidents d'université Gilles Fourtanier, Daniel Filâtre et Bruno Sire, leurs partenaires et les collectivités », s'est réjouit Pierre Cohen. Les territoires d'innovation se développent : Toulouse Montaudran Aérospace avec notamment l'Espace Clément-Ader, les sites dédiés a la culture scientifique comme le Quai des Savoirs ou Aéroscopia, le festival La Novela… L'organisation du premier sommet de l'innovation Futurapolis a la Halle aux Grains, le 11 février, témoigne aussi de la vocation européenne toulousaine dans le domaine du savoir. Le projet Idex de Toulouse, qui mutualise de nombreux moyens et disciplines technologiques, mobilise un budget de 1,34 milliard d'euros. D'ici 2018, avec le regroupement de 17 établissements d'enseignement supérieur, l'université de Toulouse aura deux fois la taille de la plus grande université d'État américaine.
Par ailleurs, Toulouse est entrée, en février, dans le Top 50 mondial des villes étudiantes, selon le classement de la société d'études britannique QS (Quacquarelli Symonds Ltd). Enfin, quatre projets toulousains ont été sélectionnés par le ministere de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et se voient attribuer 39 millions d'euros, dans le cadre de l'appel a projets Labex (Laboratoires d'Excellence) pour figurer parmi les laboratoires a visibilité internationale.
L'Espace des diversités et de la laicité est ouvert
Au 38 rue d'Aubuisson, en coeur de ville, l'Espace des diversités et de la laicité est entré en fonctionnement en février. Il regroupe une salle polyvalente de 160 places, le service municipal chargé des luttes contre les discriminations (mission Égalité), le centre LGBT (Lesbienne, Gay, Bi et Trans) et des lieux de réunion et de permanence pour les associations de lutte contre les discriminations. Cet espace fait partie des engagements pris par la municipalité en 2008.

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Minimalisme et conceptualisme polonais
La 21e édition de la Semaine Polonaise compte avec un programme exceptionnel. La section de Polonais de l'université de Toulouse - Le Mirail a choisi de travailler sur les concepts de minimalisme et de conceptualisme, de les commenter au cours d'un colloque pluridisciplinaire et de les illustrer par la musique, la littérature, le film et les arts plastiques et appliqués. Cette Semaine compte sur un hommage a l'artiste franco-polonais Opalka, auteur de l'oeuvre de la station de métro université Paul-Sabatier, au Ciam avec la collaboration du Frac Aquitaine, du Centre Georges Pompidou, du studio Opalka et de la Galerie Yvon-Lambert (voir en page 45). A ne pas manquer également, l'exposition de jeunes designers polonais « Unpolished » qui fait actuellement le tour du monde, avec les artistes Pawel Grobelny, Bohdan Kossak, Bartosz Mucha, Piotr Stolarski, au Centre Méridional de l'Architecture et de la Ville. Il y aura aussi avec deux beaux moments de musique : le 26 avril, concert Les couleurs du minimalisme (Tomasz Sikorski, Arvo Pärt i Pawel Szymaski) interprété par Maria Murawska, recteur de l'Académie de Musique de Bydgoszcz (Fabrique culturelle) et le 27 avril, le concert de clôture « Les Intemporelles » interprété par Zygmunt Krauze, pianiste et compositeur, dont l'opéra Polieukt a remporté récemment un grand succes au théâtre du Capitole, au musée des Augustins. Programme sur www.semainepolonaise.fr

La science en action

Fin mai,Toulouse s'Ecsite
La culture scientifique est l'ADN de Toulouse. La ville accueillera, pour la premiere fois, du 31 mai au 12 juin, la conférence du Réseau européen des centres et musées de sciences, dénommé Ecsite. Fondé il y a une vingtaine d'années, ce réseau connecte aujourd'hui plus de 400 institutions dans une cinquantaine de pays. 1000 congressistes sont attendus a Toulouse.Malgré l'avenement d'une science citoyenne, les connaissances scientifiques restent insuffisamment partagées et débattues. Ainsi, 53 % des Français ne se sentent pas suffisamment informés sur les enjeux éthiques de la recherche scientifique. A Toulouse, la mairie a pris ce probleme a bras le corps. La Novela, festival des savoirs partagés, avec sa quatrieme édition cette année, le Quai des Savoirs sur les allées Jules-Guesde, qui ouvrira en 2014, la Cité de l'espace et le muséum d'histoire naturelle mobilisés dans l'organisation d'Ecsite 2012, ont pour objectif d'éveiller une curiosité permanente pour les sciences et les technologies.
www.ecsite.eu
www.cite-espace.com - www.museum.toulouse.fr

Novela 2012 : polars de science
Comme en 2010, ou la rencontre fructueuse entre douze chercheurs et douze écrivains avait donné lieu a des créations inédites, et en 2011 avec la coopération entre six chercheurs et six dessinateurs de BD, la Novela 2012 propose de créer a nouveau des « binômes » rapprochant science et écriture. Cette année, ce sont des auteurs de romans policiers qui iront au devant des chercheurs. L'association Polars du Sud s'est beaucoup investie pour constituer ces binômes qui sont déja au travail depuis le mois de février dernier.Désormais, la Novela bénéficiera, pour ses trois prochaines éditions, du concours de Bruno Latour, sociologue philosophe des sciences, directeur scientifique de Sciences Po et auteur de nombreux ouvrages, dont La science en action.
En savoir plus :
http://toulouse.polars.du.sud.over-blog.com
www.novela.toulouse.fr

AVANCE

MIEUX ACCUEILLIR LES ENFANTS POLYHANDICAPÉS
La reconstruction du semi-internat de l'Institut médico-éducatif de Montaudran a démarré. Géré par le Centre communal d'action sociale (CCAS) de Toulouse, il accueillera bientôt dans de meilleures conditions, en huit « unités de vie », pres d'une soixantaine d'enfants souffrant de déficiences mentales ou en situation de polyhandicap. Cette opération de rénovation, respectueuse de l'environnement (panneaux solaires, matériaux naturels…), est supervisée par Oppidea. Les travaux devraient etre achevés fin 2012.
www.oppidea.fr

NOUVEAU COMMANDANT DE BORD CHEZ AIRBUS

Le député-maire de Toulouse a félicité Fabrice Brégier, qui succedera a Louis Gallois en juin prochain a la tete d'Airbus. « Louis Gallois a su ramener la sérénité au sein du groupe européen et le sortir de ses problemes industriels. Il a rétabli la confiance et a redonné toute sa place a l'industrie aéronautique et spatiale européenne dans le monde, en préservant au mieux les personnels. J'ai établi avec Fabrice Brégier des rapports de confiance, extremement constructifs. Sa nomination nous garantit qu'Airbus continuera son développement dans la sérénité en préservant le dynamisme économique de la région. » Le nouveau numéro 1 d'Airbus devra notamment s'assurer du succes de l'A350. Tom Enders a été, quant a lui, nommé a la tete du groupe EADS, qui envisage de regrouper ses principales fonctions sur son site toulousain. « Je vois dans cette décision la reconnaissance de Toulouse comme métropole européenne de l'aéronautique et de l'espace. Elle met en lumiere l'excellence toulousaine de la filiere, qui s'est constituée autour d'une dynamique unique en son genre, faite d'un tissu d'entreprises industrielles et de services de pointe et d'un réseau tres dense d'écoles d'ingénieurs, d'universités et de laboratoires de recherche », témoigne Pierre Cohen.
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LA ZFU SUR SA LANCÉE

Pierre Cohen et son adjoint Thierry Cotelle s'étaient mobilisés en faveur de sa prorogation.

La Zone Franche Urbaine (ZFU) de Toulouse qui compte aujourd'hui 3 021 établissements, 8 816 salariés et plus de 50 000 habitants, pourra continuer pendant 3 ans, jusqu'en 2014, a développer ses activités dans les services a la personne et aux entreprises.Réunis au Capitole fin janvier, les entrepreneurs de la ZFU se sont félicités de cette reconduction qui permet de développer les territoires urbains les plus fragiles grâce a l'important volet économique qui accompagne étroitement les efforts de rénovation urbaine réalisés au travers du Grand Projet de Ville (GPV).
« Pour etre efficace, le dispositif ZFU doit également s'inscrire autour d'actions cohérentes en matiere de logement, de transport, de services », a précisé Pierre Cohen.

DES LYCÉENS EN CHINE

Le lycée Saint-Joseph réalise pour la premiere fois, avec le soutien de l'Institut Confucius, un échange avec Tianjin, ville chinoise d'assemblage d'Airbus ou travaillent de nombreux Toulousains. Apres avoir reçu début février une délégation de lycéens et d'enseignants chinois, un groupe d'éleves toulousains se rendra a Tianjin, du 26 avril au 5 mai.

SEMAINE DE L'EUROPE

Elle se déroulera du 7 au 12 mai, sur le theme « l'Europe solidaire, l'Europe des citoyens » qui prend un relief tout particulier avec la crise économique. Tout le programme sur www.toulouse.fr

SEMAINE DE LA VACCINATION

Du 23 au 27 avril, le centre de vaccinations internationales de la mairie de Toulouse vous accueille au 17, place de la Daurade. Téléphonez pour prendre rendez-vous : 05 61 22 23 46.

La démocratie locale en marche
Le dispositif de démocratie de proximité, mis en place il y a trois ans, facilite l'implication des habitants dans la concrétisation des projets municipaux (urbanisme, aménagements de rues et places, stationnement, zones 30, marchés, écoquartiers, équipements publics, citoyenneté, propreté…). A ce jour, plus de 5 300 habitants sont membres des Commissions des 22 quartiers (ouvertes a tous les Toulousains). Ils sont représentés par pres de 500 personnes qui participent aux six Conseils de secteur et débattent avec le maire des politiques municipales. A titre d'exemple, pour un sujet majeur comme le Plan Local d'Urbanisme (PLU), deux séries de réunions ont été organisées dans chacun des 22 quartiers et ont rassemblé plus de 2 000 personnes en novembre / décembre, et autant en février / mars. Élément supplémentaire dans le dispositif de démocratie locale, la premiere Maison de la citoyenneté a Toulouse vient d'ouvrir sur le secteur Empalot-Niel. Elle est dédiée au dialogue, a la participation des habitants a la gestion de la cité. Elle permet l'acces direct a des services publics étendus puisqu'elle héberge une mairie annexe au fonctionnement enrichi (services et horaires élargis). Véritable centre de ressources elle propose aussi des infos sur les grands projets d'aménagement du secteur, des renseignements juridiques favorisant l'acces au droit grâce a des permanences d'associations spécialisées, avocats, juristes, etc. Elle offre évidemment l'opportunité de rencontrer les élus du secteur, qui y assurent des permanences. L'ouverture des cinq autres Maisons de la citoyenneté a Toulouse s'étendra de 2013 a 2015.

Participer, s'inscrire : toulouse.fr, rubrique « Vos quartiers » page Facebook et compte Twitter Ville de Toulouse

Nouveau Contrat Enfance Jeunesse

Le Contrat Enfance Jeunesse 2011-2014 a été signé. Il témoigne de l'étroite collaboration entre la Ville de Toulouse et la CAF pour développer l'accueil des enfants et des jeunes de 0 a 17 ans. Il va permettre non seulement de créer 1056 places de creche a l'horizon 2014, mais aussi de lieux d'accueil jeunes, de séjours vacances adolescents, de Clae, de ludotheques et d'augmenter la capacité des accueils de loisirs (lire aussi en p.28).

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Décollage immédiat

La Foire Internationale de Toulouse fete sa 80e édition, du 31 mars au 9 avril. Elle propose une expo sur les Incas, un espace mémoire sur l'histoire des Foires d'hier a aujourd'hui, en partenariat avec le musée Saint-Raymond, l'université du Mirail, le Centre de l'Affiche et les Archives municipales de Toulouse. Le stand de la mairie de Toulouse se parera des couleurs du label So Toulouse !, marque de rayonnement destinée a augmenter le potentiel et la qualité de l'accueil touristique, présentée mi-mars au salon mondial du tourisme a Paris.
www.foiredetoulouse.com

110
C'est le numéro d'appel
pour faire un don a l'occasion du Sidaction, les 30, 31 mars et 1er avril.
Ensemble, nous avons un pouvoir que vous n'imaginez pas ! Voila le slogan de l'opération qui compte faire reculer cette année encore le fléau du Sida. 50.% des fonds collectés financeront des programmes de recherche et de soins, l'autre moitié servira a des programmes de prévention en France et dans le monde. Le 110 est ouvert du 12 mars au 11 avril (appel gratuit depuis un poste fixe).
www.sidaction.org

Vive la langue occitane !

Le groupe marseillais Lo Cor de la Plana chantera,
place du Capitole, en occitan provençal.

L'occitan est notre bien commun. La Coordination « Per la lenga occitana » organisera une manifestation exceptionnelle en faveur de la culture et de la langue occitanes a Toulouse, le samedi 31 mars prochain, place du Capitole (village occitan de 10.h.30 a 14.h, grand concert gratuit a partir de 18.h). La manifestation démarrera a 14.h de la place de l'Europe. Cet événement fait suite aux rendez-vous de 2005 (Carcassonne), 2007 (Béziers) et 2009 (Carcassonne) qui ont rassemblé jusqu'a 25.000 personnes sur le slogan « Anem Oc ! Per la lenga occitana ! ». L'Institut d'Estudis Occitans (IEO), la Confederacion Calandretas (qui réunit les écoles occitanes associatives laiques) et l'Oc-Bi (association des parents d'éleves pour l'enseignement bilingue public) ont mutualisé leurs énergies pour faire de cette fete un grand succes.
05 34 44 97 11 - www.anemoc.org
2012@manifestarperloccitan.com

AVANCE

RUGBY :
FESTOVAL 2012 AFFUTE SES CRAMPONS
Rendez-vous est pris en Ovalie du 1er au 10 juin. Ne pas manquer tout d'abord, durant le premier week-end, les demi-finales du Top 14. Et surtout savourer pendant dix jours la 2e édition du Festoval qui réserve aux Toulousains de nombreuses surprises. Au programme : une exposition photo sur les quais de la Daurade, des initiations au rugby dans les parcs et espaces verts toulousains pour les enfants, un challenge interclubs du Grand Toulouse qui se déroulera sur la place du Capitole, la 2e édition des Rugbyvores et bien d'autres surprises !
FESTIVAL DU JEU
Le Festival du Jeu est programmé du 27 au 29 avril au parc des expositions. Gratuit, cet événement met en avant les pratiques ludiques et les jeux de société.
Association Alchimie du Jeu
05 61 63 77 70 - 06 18 61 58 91
LES 22 AVRIL ET 6 MAI, VOTEZ !
Ce sont évidemment les dates de l'élection présidentielle. Les bureaux de vote dont dépendent les électeurs toulousains sont inscrits sur les cartes électorales (délivrées sous pli postal apres le 1er mars pour les personnes inscrites en 2011). Pour voter par procuration, il suffit de se rendre, muni d'un justificatif d'identité et d'une attestation sur l'honneur, au commissariat de police le plus proche du domicile ou au tribunal d'instance (les personnes ne pouvant se déplacer doivent faire une demande écrite et fournir un certificat médical ; un agent de police judiciaire se déplace alors a leur domicile). L'électeur choisi pour voter a votre place doit etre inscrit dans la meme commune que vous. La mairie du lieu de vote doit recevoir la procuration dans les délais impartis : au plus tard le samedi midi précédent le jour du scrutin. Par souci d'économie de papier le mandataire ne reçoit plus d'imprimé.
05 62 27 40 61
elections@mairie-toulouse.fr

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C'est la quinzieme fois que les serres municipales ouvrent leurs portes au public. Les 5 et 6 mai, les Espaces verts se mobilisent pour recevoir les Toulousains sur le boulevard de la Marne, le long du canal du Midi.
Le programme est un vrai bouquet d'animations gratuites : 15 Clae exposent leurs compositions florales, les étudiants du BTS Audiovisuel du lycée des Arenes projettent un film et toute l'équipe de jardiniers se tient sur pied pour vous dévoiler les 150 variétés des 600.000 plantes cultivées annuellement, pres de 1.000 pots de violettes et 5.000 arbustes et plantes d'intérieur.
A savourer, pour petits et grands : un jeu de piste horticole, le marché aux fleurs et aux plants maraîchers, une expo de maisonnettes pour oiseaux des villes, l'atelier de rempotage…
A découvrir : la fabrication du compost avec la communauté urbaine du Grand Toulouse, des conseils sur l'écogestion et la lutte biologique, des démonstrations d'élagage…
N'oubliez pas de visiter toutes les serres, dont les

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REGARD SUR…
Portes ouvertes sur la biodiversité

plus anciennes (1885) sont classées, tandis que d'autres bénéficient des technologies dernier cri : gestion climatique par ordinateur, ouverture et arrosage automatisés, etc. Pour les romantiques, rendez-vous dans l'orangerie ou sous l'ombriere. Et soyez indulgents avec les organisateurs : le gel a sévi cet hiver. Cette édition n'en a que plus de mérite.
Les 5 et 6 mai - Serres municipales 19, boulevard de la Marne (a proximité du Pont-des-Demoiselles) Métro : ligne B, station Sauzelong Bus : lignes 2 et 10


Participez également au concours photo organisé par la Direction des Jardins et Espaces verts, du 31 mars au 1er juillet, intitulé « Un nouveau regard sur la ville ». Envoyez trois photos témoignant de la biodiversité en ville a :
nouveau.regard-surlaville@mairie-toulouse.fr




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A LA LOUPE

12 > 18
DOSSIER
La Cartoucherie
L'écoquartier en plein essor

20 > 21
Mode d'emploi
La rue d'Alsace-Lorraine

22 > 23
Travaux
Comment s'informer ?

24 > 26
Écocitoyenneté
La Semaine du développement durable

+ www.toulouse.fr

Plus de photos, d'interviews ou d'articles

RENTRÉE 2012 
C'est le moment d'inscrire les petits écoliers
Inscriptions dans les écoles publiques maternelles et élémentaires : la rentrée 2012 se prépare aujourd'hui. La majorité d'entre elles nécessitent le dépôt d'un dossier en mairie, entre le 26 mars et le 6 avril, composé :
• d'une piece d'identité du responsable,
• du livret de famille ou de la copie de l'acte de naissance de l'enfant,
• de la derniere facture d'électricité, gaz ou eau,
• du dossier, a retirer a partir du 26 mars dans une mairie annexe, au Point Info Familles (cour Henri IV du Capitole), a l'Espace Inscriptions Enfance (1, rue de Sébastopol), ou sur toulouse.fr.
Mi-mai, le certificat d'inscription et la fiche d'admission précisant l'école d'affectation seront envoyés a domicile. L'inscription sera a confirmer en juin aupres de l'école.
Un cas particulier : l'enfant a inscrire en maternelle est né en 2010. Si le domicile releve d'une école Éclair (Écoles, colleges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite), les démarches restent similaires. Hors école Éclair, les demandes d'inscriptions seront satisfaites dans la limite des places disponibles, les dossiers sont a déposer du 23 avril au 4 mai et la réponse sera reçue mi-septembre a domicile.
A noter : concernant le passage en cours préparatoire (CP), si votre enfant est actuellement scolarisé dans une école maternelle publique de la Ville de Toulouse et si vous avez reçu un courrier vous informant de son école d'affectation en CP pour 2012-2013, votre enfant est automatiquement inscrit dans l'école élémentaire de rattachement.
Plus d'infos :
Direction de l'Éducation, Service Familles : 1, rue de Sébastopol
05 61 22 28 27.

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DOSSIER La cartoucherie

Cartoucherie, écoquartier ambitieux rec
©.Oppidea-Atelier des paysages
L'écoquartier Cartoucherie accueillera ses premiers habitants a l'horizon 2015. Modes doux de déplacements et espaces verts auront la part belle.

12 AVRIL 2012 a Toulouse

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rute partenaires innovants

URBANISME  Parce qu'il conjugue aménagement du territoire et développement durable, le fu­tur écoquartier de la Cartoucherie, dont la pré­sentation de l'appel a projet en janvier dernier a attiré bon nombre de bailleurs, promoteurs et opérateurs de la construction, s'annonce plein de promesses. S'il faut attendre 2030 pour que cet ambitieux projet prenne toute son ampleur, dans trois ans a peine ses premiers habitants pour­ront faire l'expérience de cette parcelle de ville aimable et intelligente.

On pourrait l'appeler le « quartier aimable ». Situé a dix minutes a peine de la place du Capitole et des berges de la Garonne, le quartier de la Cartoucherie s'étend sur plus de trente hectares. Bien desservi par les transports en commun (deux arrets de tramway, trois lignes de bus), il fera la part belle aux modes de dé­placements doux. Ainsi, on y circulera a pied sur de larges trottoirs ou a vélo que l'on garera facilement sur les nombreuses places prévues a cet effet. Loin de la « cité dortoir », il abritera logements mais aussi bureaux, locaux com­merciaux et équipements publics. Exemple de mixité sociale et générationnelle, on y croisera toutes sortes de populations, familles nom­breuses, jeunes couples, personnes âgées, étu­diants, qui bénéficieront ici d'appartements lumineux et tres peu gourmands en énergie.
L'ENVIRONNEMENT A L'HONNEUR. Cet ambitieux projet urbain a vu sa premiere phase de travaux lancée en janvier dernier par la Ville de Toulouse. Objectif : profiter de la derniere grande friche a l'intérieur de la ceinture des boulevards

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DOSSIER La cartoucherie

– les autres sont inondables, exposées au bruit ou soumises a trop de contraintes techniques – pour traduire sur le terrain son ambition de bâtir la « ville aimable ». « L'éco­quartier de la Cartoucherie a été pensé pour ré­pondre aux défis majeurs du XXIe siecle. Défis économiques, sociétaux et écologiques comme la lutte contre le déreglement climatique ou la maîtrise de l'étalement urbain, un probleme aigu a Toulouse, ville a la fois tres attractive et peu dense », explique Régis Godec, adjoint au maire en charge des Écoquartiers. Des prio­rités énoncées dans l'appel a projets réalisé en concertation avec l'ensemble des parte­naires (voir page 18) et présentées aux bail­leurs, promoteurs et architectes lors de la réunion du 26 janvier.
Ainsi, pour relever le défienvironnemental, les concepteurs de la Cartoucherie ont décidé de réserver une large place a la nature, avec une trame verte entierement sécurisée, des zones tampons non bâties entre les construc­tions pour éviter les îlots de chaleur, un bas­sin de recueillement des eaux pluviales pour restituer ces dernieres a la nappe phréa­tique, etc. Et si les urbanistes Alain Mar­guerit et Bernard Paris s'inscrivent dans la logique « anti gaspi » en utilisant des maté­riaux a haute performance énergétique, qui anticipent les réglementations thermiques prévues pour 2015, ils ont également cherché a s'adapter aux changements climatiques de toutes les façons possibles, par exemple en optimisant l'orientation des bâtiments pour assurer un ensoleillement maximum en toute saison et a tous les étages.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, den­sifier le quartier fait également partie des réponses aux préoccupations écologiques. « En optant pour des hauteurs allant de trois a seize étages, l'agencement de l'écoquartier doit contribuer a endiguer l'exode vers les deuxieme et troisieme couronnes, dont la des­serte insuffisante par les transports en com­mun ne laisse d'autre choix que de rejoindre la ville en voiture, générant pollution et em­bouteillages », explique Régis Godec. Pistes cyclables, voies piétonnes confortablement dimensionnées, centrale de mobilité a meme de faciliter l'organisation des déplacements en transports en commun, en covoiturage ou en auto-partage… A la Cartoucherie, tout est fait pour préserver le coeur du quartier de la circulation automobile en incitant les futurs habitants a oublier leur véhicule et, a fortiori, a ne pas en posséder deux. Sans ou­blier néanmoins d'assurer des places de sta­tionnement a ceux pour qui la voiture reste indispensable, avec trois parkings prévus en périphérie.
MIXITÉ SOCIALE. Résolument verte donc, la Cartoucherie s'inscrit dans le droit fil des écoquartiers qui ont ouvert la voie (voir pages 16 et 17). Mais, soucieux de conjuguer écolo­gie avec économie et société, le projet tou­lousain est conçu pour aller au-dela de la problématique environnementale en pro­posant des solutions innovantes visant la mixité sociale. « Pas question de réserver l'éta­blissement dans le quartier a une seule caté­gorie de population. Sur les 3.100 logements programmés sur la zone, le cahier des charges prévoit de mixer habitat social, logements en accession aidée a la propriété et secteur libre sur chaque îlot », précise Régis Godec. Une volonté de rendre les logements abordables

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qui concerne jusqu'au secteur libre ou les prix les plus « libres » restent néanmoins encadrés et ou la moitié des logements sera vendue a prix maîtrisés : « Pour cette derniere partie, nous demandons aux promoteurs de s'enga­ger sur les prix de vente au m2. Nous les aidons en cela en faisant nous-memes un effort sur le prix des terrains, a condition qu'ils répercutent cette économie aupres des bailleurs et des ache­teurs particuliers. En contrepartie, et pour évi­ter la spéculation, ces derniers doivent se situer en dessous d'un certain seuil de revenus et s'en­gager a occuper leur logement », ajoute-t-il.
Pour encourager encore la mixité, notam­ment générationnelle, la Ville demande éga­lement aux opérateurs de varier les types d'habitations, en construisant par exemple de grands logements de type T3 ou T4, trop rares par rapport a la demande des familles, souvent contraintes de s'éloigner du centre-ville pour se loger. Et pour créer du lien so­cial et offrir une véritable vie de quartier aux familles, étudiants, retraités, couples sans enfants ou célibataires qui choisiront la Cartoucherie, le projet prévoit la construc­tion de commerces de proximité et de locaux d'activités tertiaires.
Qualité des projets, maîtrise des couts… Si les opérateurs sont mis a contribution a titre de partenaires actifs, la Ville se donne elle aussi des obligations fortes en matiere d'équipe­ments publics avec la construction d'une mairie de quartier, d'une Maison du projet, d'une creche, d'un groupe scolaire et la re­conversion, sur plus de 7.000 m2, de la halle historique en lieu de culture urbaine.
PAS UNE VITRINE, UN LABORATOIRE. Les candidats au projet sont d'ores et déja au tra­vail pour inventer ce morceau de ville inno­vante. Sous la direction d'Oppidéa, société d'économie mixte retenue par la Ville pour conduire l'aménagement de la Cartoucherie, les lauréats (désignés en juillet 2012) devront démontrer que la ville, si on lui en donne les moyens, peut offrir une véritable qualité de vie… a tous !
Exemplaire a plus d'un titre, l'écoquartier de la Cartoucherie offrira la premiere image de Toulouse que découvriront les visiteurs en provenance de l'aéroport. Cela aurait pu suffire a contribuer au statut de métropole européenne de Toulouse et s'arreter la. Mais Régis Godec l'affirme : « La Cartoucherie ne sera pas qu'une tete de gondole attrayante. Ses trente hectares offrent une chance de réaliser une opération exemplaire, de tester un projet ambitieux, unique, et qui, meme s'il ne s'agit pas d'une révolution, va nous permettre de changer la ville demain. » Car le quartier fera fonction de laboratoire, permettant de repro­duire dans d'autres secteurs de Toulouse le meilleur du projet, notamment a l'occasion d'opérations de renouvellement urbain.

©.Oppidea-Atelier des paysages
Au coeur du quartier, la halle historique sera reconvertie en lieu de culture urbaine.

La Cartoucherie en chiffres
• 33 hectares pres de l'hyper centre,
• 3.100 logements (580 livrés en 2015) dont 35.% de logements sociaux et 25.% de logements en accession aidée a la propriété,
• 10.000 m2 de commerces,
• 90.000 m2 d'activités tertiaires, représentant plus de 2.000 emplois,
• 15.000 m2 d'équipements publics dont la Maison du projet,
une mairie annexe, un groupe scolaire, une creche et des équipements culturels au sein de la halle historique.

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DOSSIER La cartoucherie

Sur les pas des pionniers

INTERNATIONAL  Sensibilisé avant l'heure au développement durable, le nord de l'Europe a donné le ton en matiere d'écoquartiers. Alors que les projets se multiplient en France, zoom sur ceux qui ont ouvert la voie. Trois exemples différents qui apportent chacun leur pierre a l'élaboration d'un modele alternatif a l'habitat actuel.


©.KCAP Urbaniste Mandataire, Mutabilis Paysage, Droit de Cité Architecte Associé, BET Dumons.

Un beau succés a deux pas de Toulouse. A Balma, l'écoquartier Vidailhan a été nommé lauréat du Palmares national de l'écoquartier 2011.

Vauban a Fribourg-en-Brisgau (Allemagne)
C'est le premier des écoquartiers. Encore cité en exemple aujourd'hui (il était présent a l'exposition universelle de Shanghai en 2010), il a vu le jour en 1996. Situé sur un ancien terrain militaire, comme la Cartoucherie a Tou­louse, utilisé par les Français depuis 1952, il est d'abord occupé illégalement a leur départ, en 1992. La municipa­lité, poussée par les nombreux Fribourgeois qui se sont mobilisés sans succes contre la construction d'une cen­trale nucléaire a proximité, décide alors de faire de cet espace de 38 hectares un lieu d'expérimentation et le ré­habilite dans un souci de développement urbain durable.
L'instigateur du projet, Matthias-Martin Lübke, affirme : « Nous voyons déja aujourd'hui que le quartier Vauban est, a la veille d'une catastrophe climatique, un modele d'organisation urbaine en matiere de transport et de cir­culation. » L'accent est mis sur l'économie d'énergie avec des bâtiments équipés de panneaux solaires et de toits végétalisés et un espace essentiellement sans voiture ou celle-ci est tolérée, mais seulement a moins de 10.km/h et pour un stationnement limité dans le temps (déchar­gement de courses, etc.). Pour faciliter les déplacements, logements, commerces et zone artisanale sont répartis de maniere a n'avoir que quelques centaines de metres a parcourir des uns aux autres. Sur cet espace partagé, ou

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il n'y pas de voies dédiées, les habitants circulent a pied ou a vélo et pratiquent le covoiturage. En périphérie du quartier, un tramway leur permet de rejoindre le centre de la ville de Fribourg.
L'écoquartier Vauban est également reconnu pour sa démarche participative de pointe. Des groupes de construction (baugruppen) s'y sont formés des l'origine afin de décider ensemble de la forme et de l'utilisation a donner au bâti et les citoyens y prennent des décisions collégiales au sein d'une association, le forum Vauban.
Quinze ans plus tard, le quartier accueille plus de 5.000 habitants et reçoit chaque année des milliers de visiteurs curieux de découvrir le plus abouti des quar­tiers durables.
BedZED a Londres (Angleterre)
C'est encore une friche qui est a l'origine de la création du premier écoquartier d'une telle surface et d'une telle effi­cacité au Royaume-Uni. Îlot de 100 logements, construit en 2002 dans la ville de Sutton au sud de Londres, Bed­dington Zero Energy (fossil) Development s'étend sur 1,7 hectare. Son architecte Bill Dunster, spécialiste des constructions a zéro émission, a souhaité y démontrer que « l'habitat peut etre pensé et construit sans dégra­der l'environnement » en imaginant un quartier entier « neutre en carbone », c'est-a-dire qui ne rejette aucun CO2 dans l'atmosphere. Financé en grande partie par la Peabody Trust, la plus ancienne société de logement cari­tative de Londres, BedZED devait aussi prouver qu'il est possible de meler espaces de vie et de travail (on y trou­vait, a l'origine, 2.500 m2 de commerces et de bureaux), dans le respect du développement durable tout en favo­risant la mixité sociale.
Des sa conception, le projet BedZED propose une ap­proche globale et cherche a offrir a ses habitants un mode de vie durable sans sacrifier a la modernité et a la mobi­lité. Pour diminuer son empreinte écologique, comme son nom l'indique, BedZED n'utilise aucune énergie fos­sile. Bien connecté au réseau de transports en commun (deux lignes de bus, une gare et une station de tramway desservent le quartier), BedZED encourage la circulation des cyclistes avec de nombreux parkings a vélos et pistes cyclables mais tolere la voiture avec une cinquantaine de places de stationnement sur le site. Conçus avec une isolation et une orientation optimale, protégés par des triples vitrages, les bâtiments sont peu gourmands en chauffage et privilégient les énergies naturelles, comme la chaleur du soleil captée au moyen de panneaux et de serres installées au sud, ou la combustion de copeaux de bois dans une centrale. Doté de jardinets et de toitures végétalisées, de bouches de ventilation colorées sur les toits récupérant une partie de la chaleur produite, Be­dZED affiche une consommation d'énergie réduite de plus de 50.% (90.% pour le seul chauffage) par rapport a la moyenne des ménages britanniques.
Ces performances en matiere énergétique ne doivent pas faire oublier que BedZED a moins réussi son pari sur le plan social. Certains propriétaires ayant bénéfi­cié de prix d'achat subventionnés ont ensuite profité du succes du quartier pour revendre a des familles plus ai­sées, compromettant ainsi la mixité du quartier. On as­siste meme a une « discrimination » des habitants des logements sociaux (une partie des appartements leur étaient réservés), aujourd'hui regroupés sur une meme zone du quartier.
Vesterbro a Copenhague (Danemark)
Faibles revenus, fort taux de chômage, logements tres en dessous des standards de confort (pas de chauffage central, ni d'eau chaude, peu de toilettes et de salles de bains)… Vesterbro est un exemple de rénovation urbaine et de réhabilitation écologique d'un quartier dense et difficile.
En 1980, la Ville décide d'y transformer une vingtaine d'immeubles tres dégradés, en étroite collaboration avec propriétaires et locataires. Végétalisation des façades, ventilations, chauffage solaire, cellules photovoltaiques, éclairage naturel, récupération des eaux de pluie pour alimenter les toilettes, tri des déchets, écrans de sur­veillance des consommations individuelles installés a vue des occupants pour les sensibiliser, Vesterbro est un véritable laboratoire destiné a tester grandeur nature la faisabilité et la rentabilité de diverses technologies plus ou moins innovantes. La volonté politique, la concerta­tion et l'audace expérimentale ont permis la réussite de ce projet et entraîné une baisse d'émission de CO2 des la premiere année.
L'effort de rénovation n'a pas porté seulement sur la di­mension technique, le quartier a également bénéficié d'une « rénovation sociale » avec la création d'emplois sur le site, l'aménagement de pistes cyclables et d'es­paces publics de qualité. Autrefois réputé mal famé, l'écoquartier de Vesterbro est devenu aujourd'hui une vitrine touristique.

Un lauréat dans l'agglomération toulousaine
Nos voisins européens ne sont pas seuls a récolter des lauriers. Situé au sein de la future Zone d'aménagement concerté (Zac) de Balma Gramont, l'écoquartier Vidailhan a été nommé lauréat du Palmares national de l'Écoquartier 2011 le 30 novembre dernier. Porté par la communauté urbaine du Grand Toulouse, les villes de Balma, l'Union, et Oppidéa aménageur de la Zac, ce projet répond aux enjeux contemporains de l'agglomération toulousaine : accroissement démographique, dynamisme économique, mixité sociale et urbaine. Quartier d'avenir, Vidailhan a été également sélectionné pour ses qualités architecturales et environnementales, pour son engagement dans le développement durable ainsi que pour son aspect innovant.

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DOSSIER La cartoucherie

Construire ensemble pour vivre ensemble

CITOYENNETÉ  Influer des aujourd'hui sur son ha­bitat de demain. Telle est la démarche plébiscitée par la Ville de Toulouse, qui encourage les futurs résidents a s'exprimer et se rencontrer lors des concertations, ou a se regrouper en coopératives. Une approche favorisant les expériences tout en permettant aux habitants, jusque-la simples consommateurs, de devenir acteurs de leur envi­ronnement immédiat.

Le succes du rendez-vous du 26 jan­vier, dédié a la commercialisation du projet Cartoucherie, montre l'en­gouement des partenaires poten­tiels pour ce projet innovant. Exigeant, l'appel a projets ne rebute pourtant pas les opéra­teurs de la construction, bailleurs et promo­teurs qui voient la une occasion de montrer leur capacité a produire différemment. Mis en situation de partenaires, ceux-ci considerent le strict cahier des charges non pas comme une liste de contraintes décidées par la Ville mais plutôt comme une plateforme pour aller plus loin ensemble.
Autre partenaire convié autour de la table de la concertation, le public a également été as­socié a la définition du projet. Des 2009, ha­bitants, riverains et associations ont pu se réunir pour échanger sur leurs visions, parfois contradictoires, du quartier idéal. Consciente que l'essentiel des futurs habitants reste en­core a se manifester, la Ville a décidé de leur laisser une place en repoussant les décisions qui ne nécessitaient pas d'etre arbitrées en amont, comme la destination des espaces verts, la répartition des jeux d'enfants, etc.
Ainsi, la concertation est destinée a se pour­suivre au cours d'ateliers en 2012 et favorisera l'émergence de relations sociales dans ce qui n'est encore qu'une friche industrielle.
INVENTER UNE NOUVELLE MANIERE D'HABITER. 2012 sera également le temps d'un appel a projets en di­rection des résidents intéres­sés par l'habitat participatif. Impliqués dans la concep­tion de leurs futures habi­tations, ceux-ci sont invités a se regrouper pour décider ensemble de la maniere de construire leur futur logement mais aussi de la répartition et de la destina­tion finale des parties communes. Chambre d'ami ou salle de jeux, buanderie, atelier bri­colage ou potager pourraient ainsi etre mu­tualisés d'un commun accord. Et l'habitat participatif va plus loin : en réfléchissant des la conception du bâti a ses utilisations pos­sibles, il offre l'opportunité de résoudre des problématiques sociétales comme le besoin de solidarité intergénérationnelle entre les personnes vieillissantes nécessitant de l'aide au quotidien, et les jeunes, nombreux a Tou­louse, intéressés par des facilités de logement.
Toulouse et la communauté urbaine ont déja sauté le pas, en novembre dernier, en adhérant a la charte des collectivités territo­riales pour l'habitat participatif. La Cartou­cherie réserve 80 logements, des la premiere tranche des travaux, a cette maniere, bien dans l'air du temps, de développer la vie so­ciale et les solidarités de voisinage. Avis aux amateurs !

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A LA LOUPE
Rue d'Alsace-Lorraine,
URBANISME Tandis que le chantier de la rue d'Alsace-Lorraine s'étend sur sa section centrale et s'accélere au nord, les Toulousains découvrent progressivement le nouveau visage de cette artere emblématique du centre-ville. Si personne ne semble regretter l'époque du tout-voiture, certaines interrogations sont soulevées par les passants et riverains. Questions-réponses, pour un meilleur partage de l'espace public…

Pourquoi n'y a-t-il pas de pistes cyclables ?
L'absence de pistes cyclables ma­térialisées correspond a un choix délibéré. Tout d'abord parce que la voie de circulation centrale est ouverte aux cyclistes dans les deux sens, comme l'ensemble des ruelles de l'hyper-centre. Ensuite parce qu'il ne s'agissait pas de donner aux cyclistes l'im­pression qu'un couloir leur était réservé exclusivement et qu'ils pouvaient y circuler a n'importe quelle vitesse, sans considération pour les piétons. Désormais, la regle est simple : ce sont les usa­gers les moins vulnérables qui doivent s'adapter aux usagers les plus vulnérables. Ainsi, que l'on soit piéton, cycliste, livreur ou au­tomobiliste, la vitesse de circula­tion maximum est fixée a 6 km/h, c'est-a-dire l'allure du pas. Telle est la définition de l'aire pié­tonne. Les cyclistes doivent donc modérer leur vitesse, voire des­cendre de leurs vélos en cas de forte affluence, notamment en fin de journée et en fin de semaine.

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mode d'emploi

Pourquoi n'y a-t-il pas de places de livraison ?
Naturellement, les livraisons restent possibles rue d'Alsace-Lorraine. Quoi de plus normal pour une rue qui compte pres de 200 enseignes et qui représente pres de la moitié du chiffre d'af­faires des commerces de l'hy­per-centre ! Cependant, celles-ci doivent intervenir en matinée, de 9.h a 11.h.30. Le fait de ne pas matérialiser d'emplacement cor­respond, ici aussi, a la volonté de signifier aux livreurs qu'ils sont tolérés, mais que les piétons sont partout prioritaires dans la rue. Rappelons que chaque jour, ils sont entre 20.000 et 100.000 a l'emprunter.
Qui peut encore passer en voiture ?
Les services d'urgence et de se­cours, bien sur. Mais tous les riverains peuvent aussi y accé­der en voiture 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en franchissant les bornes escamotables situées au niveau du musée des Augustins. Ceux qui possedent un parking privé peuvent bénéficier d'une carte magnétique. Les autres riverains doivent appuyer sur le bouton de mise en relation avec la police municipale. Le contrôle de cet acces par vidéo permet d'éviter les abus. Enfin, les riverains peuvent stationner rue d'Alsace-Lorraine de façon exceptionnelle pour une durée maximum de 15 minutes.
Peut-on venir en ville en voiture sans etre résident ?
Il est clair que la nouvelle rue d'Alsace-Lorraine s'inscrit dans un mouvement de fond qui encourage tout un chacun a emprunter les transports en commun. Pour ceux qui n'ont pas d'autre choix que la voi­ture (chargement, problemes de mobilité…), il est conseillé de ne pas chercher a tout prix a se garer au parking du Capi­tole ou a l'intérieur du plateau piétonnier, mais de préférer l'un des onze autres parkings publics que compte le centre-ville rive droite. L'hyper-centre toulousain n'a jamais été adapté au tout-voiture, encore moins s'agissant d'une aire de vie qui avoisine aujourd'hui le million d'habitants.
Pourquoi avoir abattu des arbres square Charles-de-Gaulle ?
La végétalisation du square a été largement revue dans un esprit de lumiere et de transparence. Au total, 35 arbres auront été enlevés, 36 plantés et les plus beaux spécimens (25 arbres) conservés. Autres objectifs : of­frir un paysage fleuri et coloré en toutes saisons, des cheminements plus fluides et des aménagements qui protegent mieux les végétaux.
Quand les travaux seront-ils finis ?
La partie de la rue d'Alsace-Lorraine comprise entre la rue du Poids-de-l'Huile et la rue de Metz (section cen­trale) sera achevée au printemps 2012. La partie allant de la rue Lafayette au boulevard de Strasbourg (sec­tion nord) sera livrée en été 2013. Le raccordement au boulevard de Strasbourg interviendra un peu plus tard. Le nouveau square Charles-de-Gaulle sera accessible en juin 2012 dans sa partie nord (côté rue Lafayette), et intégralement achevé en au­tomne 2012. Naturellement, les rues du Poids-de-l'Huile et Lafa­yette vont etre elles aussi réhabi­litées a proximité du square.
L'INFO AU JOUR LE JOUR
Les Toulousains, riverains ou commerçants qui veulent en savoir plus sur la rue d'Alsace-Lorraine sont invités a se présenter du mardi au samedi de 12.h a 17.h au point d'info médiation situé rue du Lieutenant Colonel Pélissier, pres de l'église Saint-Jérôme. Quatre médiateurs répondent aux questions et communiquent, chaque semaine, un calendrier détaillé de l'avancée du chantier.
Autre solution : envoyer un courriel a mediateurs.toulouse-centre@grandtoulouse.fr.
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A LA LOUPE

Attention travaux !
CIRCULATION Toulouse vient d'engager plusieurs grands chantiers qui vont mé­tamorphoser la cité et améliorer la qua­lité de vie. Un dispositif d'information exceptionnel accompagne les travaux. Principaux extraits.

Le futur en action. Avec l'appui de Joan Bus­quets pour repenser globalement le centre-ville, et de l'architecte parisien Bruno Fortier pour la transformation piétonniere de la rue d'Alsace-Lorraine, le Grand Toulouse prépare la mé­tropole de demain. Pendant toute la durée des travaux, la communauté urbaine déploie un ensemble de dis­positifs d'informations et d'accompagnements.

Centre ville
Les travaux de la rue d'Alsace-Lorraine ont repris. Plusieurs rues adjacentes sont fermées de meme que le bas de la rue Lafayette. Les travaux (réseaux, puis piétonisation et création
de zones végétales) ont débuté sur la place de la Daurade et sur l'axe Pargaminieres-Romiguieres pour, a terme, en refaire un lien naturel vers la Garonne. Le sens de circulation de la rue Valade est changé pour permettre l'acces au Capitole
par la rue Deville. Dans le futur, il ne sera plus possible d'accéder a la place du Capitole par les rues de Rémusat, Romiguieres et Lafayette. A venir aussi, l'inversion de l'acces (par la rue du Poids-de-l'Huile) et de la sortie du parking (par la rue Gambetta). La mairie autorisera l'utilisation de places au parking du Capitole pour les riverains qui n'auront plus acces aux leurs temporairement (lire aussi en page 20-21).

Le chantier du tram Garonne
Rive droite, les allées Paul-Feuga et Jules-Guesde sont impactées, on ne roule parfois que sur une file. Le tunnel routier sous la place du Parlement est désormais inaccessible, il va etre bouché. Le stationnement résident s'est étendu.
Le sens de circulation sur les rues Duméril, Sachet, Lamarck, Saint-Joseph est inversé. Sur le secteur rive gauche, il est difficile de circuler des Arenes a la Croix-de-Pierre, au Fer a cheval, et au pont Saint-Michel : boulevard Déodat-de-Séverac en sens unique vers les Arenes, idem pour l'avenue de Muret vers Croix-de-Pierre. Depuis le périphérique, éviter de sortir a La Faourette, on tombe directement sur les travaux du tram.
www.tram-garonne.fr

S'informer en temps réel, c'est facile
Accompagnement de proximité
• Pendant la durée des travaux, 9 médiateurs sur les chantiers (4 médiateurs pour la rue d'Alsace-Lorraine et le centre ville, 5 pour le tram Garonne) répondent aux questions des riverains et des commerçants.
mediateurs.toulouse-centre@grandtoulouse.fr
• Chaque mois, un document réactualisé recense toutes les infos utiles et le plan de circulation. Il est a disposition du public a l'accueil du Capitole, aux formalités administratives, au Point Info Familles et Seniors, au siege de la communauté urbaine a Marengo et dans tous les lieux culturels proches des travaux.
Informations en temps réel
• Web Ville de Toulouse :
Sur www.toulouse.fr la page www.travaux.toulouse.fr est dédiée aux grands projets, principaux chantiers, plans et infos de circulation en temps réel (avec Tisséo et Toulouse Déplacement). Elle propose aussi des reportages vidéo (avec Campus Trafic).
• Abonnement SMS :
Abonnez-vous par sms sur la page www.travaux.toulouse.fr, pour tout savoir sur les perturbations, le déroulement des chantiers et tous les événements touchant a la circulation (14 juillet, Rio Loco, Marathon…).
• Applications mobiles :
Le systeme d'information géographique (SIG) de la Ville de Toulouse et Tisséo déploient, a partir de la mi-avril, des applications sur IPhone et Android. Acces direct aux infos sur les chantiers, les flux, l'état des parkings relais automobiles et le réseau des transports en commun. En collaboration avec le Centre d'information multimodale toulousaine (CIMM) regroupant l'État, les ASF, le Conseil régional, le Conseil général, la mairie de Toulouse, la communauté urbaine du Grand Toulouse…

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La circulation du centre-ville de Toulouse depuis février 2012.

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A LA LOUPE

La ville se met a « l'eau »

ENVIRONNEMENT Du 29 mars au 8 avril, Toulouse place l'eau au coeur de la Semaine du développement durable. Ces quelques jours de sensibilisation s'inscrivent dans une série de mesures de longue haleine dont le point d'orgue, le Plan climat énergie terri­torial, sera adopté en mars prochain par la communauté urbaine du Grand Toulouse et en mai par la Ville de Toulouse.

«.L'eau, une ri­chesse que l'on ne gas­pille pas. » Le dire ne suffit plus. Sa raréfac­tion et l'impérieuse nécessité de la préserver exigent une prise de conscience de chacun. Pour s'en convaincre, mais surtout pour s'informer et débattre, Toulouse lui consacre sa Semaine du dé­veloppement durable, du jeudi 29 mars au dimanche 8 avril.
Une semaine en phase avec les orientations environnementales de la Ville, laquelle s'apprete en mai prochain a adopter son Plan climat énergie territorial. En avant-premiere, le grand pu­blic pourra assister a une restitu­tion dudit Plan, le lundi 2 avril, a 18.h.30, a l'espaces Vanel de la mé­diatheque Marengo.
L'occasion pour les habitants de se remémorer les politiques déja engagées dans le cadre du Plan d'action immédiat, comme le programme de réhabilitation thermique des écoles primaires et l'expérimentation bâtiment « énergie positive » (production d'énergie supérieure a la consom­mation) du groupe scolaire Ponts-Jumeaux. Toujours dans le bâti, le Plan local de l'habitat signé avec les bailleurs sociaux prévoit 80.% de logements neufs classés basse consommation.
Les écoquartiers en projet de La Cartoucherie et La Salade oeuvre­ront également en faveur d'un re­nouvellement urbain équilibré ou les problématiques énergé­tiques, le respect de la biodiver­sité et la nature tiendront une place majeure.
Cette politique du­rable vise a diminuer les gaz a effets de serre, notamment par l'adoption d'un Plan de dépla­cements urbains privilégiant les transports en commun et les dé­placements doux. Autres actions : l'adaptation au changement cli­matique par la préservation des espaces agricoles et naturels, le projet Grand Parc Garonne… En­fin, Toulouse s'engage a redon­ner vie a certains déchets dans sa Ressourcerie : La Glanerie.

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Temps forts de la Semaine

ANIMATIONS Consacrée a l'eau, la Semaine du développement durable regorge de temps forts pour mieux connaître cette res­source vitale, apprendre a maîtriser sa consommation et mesurer l'impact que nos gestes quotidiens peuvent avoir sur sa qualité. Tour d'horizon des animations phares (entrée libre et gratuite).

Animations dans les quartiers
Empalot, Arnaud-Bernard, Jolimont, Roseraie, Monlong, Reynerie, Saint-Cyprien, Borderouge, port Saint-Sauveur… les quartiers toulousains plongent aussi dans l'aventure : festival du film, « rand'eau » vélo, balade pédestre ou en caleche, bars a eaux, jeux de piste, ateliers de sensibilisation, fresques, activités sportives et aquatiques, animations dans certaines bibliotheques et meme une visite des réseaux d'eau souterrains de la place Arnaud-Bernard. Deux opérations de nettoyage sont prévues mercredi 4 avril apres-midi sur les berges de la Garonne a Empalot et sur la plage du lac de la Reynerie. Une visite guidée du circuit de l'eau de l'ouest toulousain sera également proposée le 4 avril et permettra de découvrir le parcours de l'eau potable (petit train, départs a 9.h.30 et 14.h.30 a La Ramée). En outre, un itinéraire de découverte du risque inondation par la Garonne sera animé le 5 avril de 14.h a 17.h, entre le pont Neuf et le pont Saint-Pierre (une carte sera aussi disponible sur le web pour réaliser ce parcours de maniere autonome). Le port Saint-Sauveur accueillera également une exposition sur la biodiversité du canal.
Forum associatif au jardin Raymond VI
Vendredi 6 et samedi 7 avril, au jardin Raymond VI (musée des Abattoirs), aura lieu le « Fest'eau », le forum des associations d'éducation a l'environnement et au développement durable. De nombreux temps forts permettront a tous de s'initier en s'amusant : balades d'observation, ateliers de découverte et de fabrication, films, jeux, expositions, maquettes, contes, etc., sur un site équipé de toilettes seches et meme de tipis-toilettes pour les petits !
Voyage au fil de l'eau au muséum d'histoire naturelle
Afin de rappeler la dimension universelle de « l'or bleu », son origine, son évolution et son futur, le muséum d'histoire naturelle propose, outre sa grande exposition temporaire « Eau », des expériences via une « table de médiation H2O » le samedi 31 mars et les 1er, 4, 7 et 8 avril de 15.h a 17.h.45, une exposition « Les voyageurs de l'eau » et une projection « Le hold-up de l'eau » du samedi 31 mars au dimanche 8 avril (sauf lundi 2). Mais aussi un film « Une eau pour vivre » suivi d'un buffet bio le 29 mars de 17.h a 20.h, et un débat sur « L'eau, sujet d'un service public » le 5 avril a 18.h.30. Un concours photo est également lancé.
Muséum d'histoire naturelle 35, allées Jules-Guesde
Mo Ligne B, stations Carmes ou Palais de Justice

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A LA LOUPE

©.Crédit Illustration - Sergey Strelkov

Expositions a la Fabrique
Du 31 mars au 8 avril, la Fabrique, lieu ou « se co-construit le projet urbain de la métropole toulousaine », propose deux expositions, un jeu et une conférence.
Une exposition du Smeag : « L'eau en équilibre »
Le Syndicat mixte d'études et d'aménagement de la Garonne (Smeag) propose une exposition autour de six themes sur l'importance de l'eau dans l'histoire des sociétés et la nécessité d'une gestion durable des cours d'eau pour assurer notre avenir.
Une exposition du CAUE :
« Parcours des imaginaires »
Cette exposition du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement restituera les travaux menés par 130 jeunes de 8 a 25 ans scolarisés dans sept établissements de l'agglomération.
Un jeu : Métropoly
Mercredi 4 avril de 14.h a 17.h, les enfants de 8 a 12 ans sont invités a jouer au « Métropoly » (inscription au préalable aupres de la Fabrique) : un mix de Trivial Pursuit et de jeu de l'Oie ou les enfants questionneront la place de la nature dans une ville, le patrimoine, la mobilité, l'habitat. Avec une regle : pas de gagnant, que des participants !
Une conférence :
« Les perspectives du fleuve Garonne »
Jeudi 5 avril, de 17.h.30 a 20.h, un représentant du Smeag évoquera la Garonne et ses enjeux.
La Fabrique
Arche Marengo, face a la Médiatheque
Mo Ligne A, station Marengo-SNCF

Programme complet
sur www.grandtoulouse.fr

L'eau est a l'honneur de la Semaine du développement durable. Elle est a l'affiche de l'exposition présentée au muséum d'histoire naturelle jusqu'en décembre 2012, en partenariat avec l'Agence de l'eau Adour-Garonne et le soutien d'EDF.

26 AVRIL 2012 a Toulouse

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INTERACTIVE

28 > 31
On en parle
Les creches font des petits

32 > 36
C'est votre histoire
Les primo arrivants

+ www.toulouse.fr

Plus de photos, d'interviews ou d'articles


COMMERCES 
Les brocanteurs déménagent a François-Verdier
Apres 30 années passées sur les allées Jules-Guesde, les brocanteurs ont investi les allées François-Verdier. Un déménagement temporaire. « Nous avions le choix entre plusieurs sites, mais nous avons choisi les allées François-Verdier pour leur proximité », indique Gilles Massip, président du syndicat des brocanteurs du Sud-Ouest. Au fil des années, la brocante des allées Jules-Guesde s'est imposée dans le paysage du quartier, créant des habitudes aupres de ses habitants qui constituent une grande partie de la clientele. Désormais, chaque premier vendredi, samedi et dimanche du mois, tous se donnent donc rendez-vous de l'autre côté du Grand-Rond. Un déménagement contraint par la construction de la ligne de tramway et les aménagements urbains qui l'accompagnent, mais auquel la centaine de brocanteurs semble bien s'adapter. « Il faut bien sur que chacun prenne ses marques, d'autant que les stands sont plus petits en raison de la largeur des allées, plus étroites. Mais dans l'ensemble, les premiers retours des professionnels comme des clients sont positifs, le site étant plus abrité et plus beau, avec ses arbres et ses espaces verts. » Autre changement, initié cette fois par les brocanteurs eux-memes : l'instauration d'une charte qualité. « L'idée est de permettre aux clients d'acheter un objet pour ce qu'il est ! Chacun est libre d'adhérer ou non, mais ceux qui le font sont identifiables grâce a un certificat apposé sur leur stand. Nous avons embauché un expert indépendant qui veillera régulierement a ce que les adhérents se conforment a leurs engagements ! » Les travaux achevés, tous retrouveront les allées Jules-Guesde qui seront alors totalement métamorphosées…

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ON EN PARLE


Les creches font

Un total de 1.000 places
créées d'ici 2014.

PETITE ENFANCE Transparent, éthique et plus juste. Depuis 2008, le secteur public de la petite enfance a fait l'objet d'une refonte globale. Une politique qui commence aujourd'hui a porter ses fruits.

Toulouse enregistre l'un des plus forts taux de na­talité en France. Une chance, mais aussi un défipour l'équipe municipale qui accom­pagne les familles en renforçant l'offre de garde des tout-petits. « Notre engagement a créer plus d'un millier de places d'ici a 2014 sera non seulement respecté, mais probablement dépassé », souligne Maryse Jardin-Ladam, conseil­lere municipale déléguée a la Petite Enfance. Des 2012, an­née de concrétisation de nom­breux projets a Borderouge, a Moulis, aux Ponts-Jumeaux…quelque 300 places supplémen­taires seront créées, portant l'offre du seul secteur public a plus de 3.000 places a Toulouse. Et en 2013, l'ouverture program­mée d'une dizaine de nouvelles creches collectives municipales ou associatives, mais subven­tionnées (et parfois logées) par la mairie, permettra d'atteindre cet objectif pour lequel la mu­nicipalité a dédié un budget de 62 millions d'euros (3e poste du budget municipal). La création de nouvelles structures asso­ciatives est également soutenue (9 millions d'euros en 2012), tan­dis que le recrute­ment d'assistantes maternelles se pour­suit pour renforcer l'offre des creches familiales. En 2011, pres de cin­quante professionnelles ont par exemple été embauchées par le service Petite Enfance qui ambi­tionne d'en recruter autant cette année (lire l'encadré).

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des petits

TRANSPARENCE DES ADMIS­SIONS. A ces actions s'ajoute une modernisation de l'offre meme. Depuis 2010, les creches munici­pales proposent en effet plusieurs formules d'accueil (régulier, oc­casionnel ou temporaire), ce qui a permis d'augmenter sensible­ment le nombre d'enfants ins­crits et donc de pouvoir apporter a un maximum de familles une solution de garde. Une évolution doublée d'une réforme du sys­teme d'attribution des places, désormais régi par la Commis­sion d'admission unique. A par­tir des éléments renseignés par les familles au moment de l'ins­cription (situation familiale, pro­fessionnelle, revenus, urgences), des points sont attribués et les de­mandes examinées chaque mois lors de commissions (une par sec­teur) qui se prononceront en te­nant compte des spécificités des familles et en essayant d'en ac­cueillir le plus possible. Ce sys­teme, en rupture totale avec le précédent, garantit une meilleure transparence en terme de déci­sion. Il contribue aussi a un meil­leur équilibre social et favorise la complémentarité entre les éta­blissements, comme en témoigne d'ailleurs le premier bilan qui sera présenté en avril prochain au conseil municipal. La volonté de transparence du service Petite Enfance se prolonge également au sein des Conseils de creches. « Depuis juin 2011, ils réunissent usagers, parents, professionnels et élus, pour évoquer la vie au sein des structures d'accueil, rappelle Maryse Jardin-Ladam. Des mo­ments d'écoute et d'échange tres importants pour les parents, mais également pour nous élus. »
« 300 places créées en 2012 »

Moulis
Croix Bénite
3 Borderouge
Nord
Ô comme
3 mômes
Les Jardins
de Louise
Gribouille
Ponts
Jumeaux
La Courte
Échelle
Le cercle des
gentils gladiateurs
Baby Novars
Bourrassol
Pause Calin
Bordeblanche
Saint-Denis
(extension)
Montaudran
Rangueil
Micro creche
UFCV
Tibaous
Les creches qui ouvriront en 2012-2013
Ouvertures publiques
1 Création de 1 a 9 places

Ouvertures associatives subventionnées
par la mairie
2 Création de 10 a 39 places

Ouvertures associatives subventionnées et logées par la mairie
3 Création de 40 a 60 places

LA MAIRIE RECRUTE
A Toulouse, onze creches familiales regroupent plus de 450 assistantes maternelles employées par la mairie. Agréées par le conseil général de la Haute-Garonne, celles-ci accueillent a leur domicile des enfants de 0 a 3 ans et travaillent en équipe avec les directrices puéricultrices et éducateurs des creches auxquelles elles sont rattachées. Pour consolider les capacités d'accueil de ces creches, mais également accompagner l'ouverture de nouvelles creches collectives, la mairie recrute en permanence des professionnels de la petite enfance. Une cinquantaine de contrats d'assistantes maternelles et des postes d'auxiliaires de puériculture et de puéricultrices seront créés cette année.
Pour postuler
- Par téléphone : au 05 62 27 67 50, de 8.h.30 a 17.h, du lundi au vendredi
- Par mail : recrut.asmat@mairie-toulouse.fr
- Par courrier : Mairie de Toulouse - Direction de la Petite Enfance 1, rue de Sébastopol - 31.000 Toulouse

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ON EN PARLE


Pop In joue la réactivité !


INITIATIVE Mary Poppins qui débarque comme par magie au moment ou on en a le plus besoin... Un reve devenu réalité grâce a une nouvelle initiative soutenue par la Ville de Toulouse.

D'apres une étude du ministere du Travail, 67.% des salariés français sont soumis a des horaires « aty­piques », travaillent tôt le matin, tard la nuit, en décalé ou encore le week-end. Afin de répondre aux besoins de garde des familles concernées, mais également a certaines situations d'ur­gence, la mairie s'est associée a plusieurs par­tenaires (la Caf, le service social de l'État et le Grand Toulouse) pour mettre en place un dis­positif tout a fait innovant a Toulouse, mais aussi en France : Pop In. Gérée par l'associa­tion l'Enfanfare, qui l'avait déja expérimentée a l'échelle d'un quartier, cette action propose une solution de garde parfaitement adaptée aux besoins et aux rythmes des enfants de 0 a 3 ans, puisque réalisée a domicile. Une option jusqu'alors réservée a quelques familles en rai­son de son cout.
HORAIRES ATYPIQUES. Grâce au soutien de la mairie (qui lui attribuera 200.000 euros de subvention en 2012), Pop In se révele au contraire accessible et ouvert a tous. Aux pa­rents policiers, caissiers, professionnels de santé, conducteurs de bus… c'est-a-dire sou­mis a ces horaires atypiques, mais aussi a toutes les personnes confrontées a une situa­tion d'urgence. « Il peut s'agir d'une urgence professionnelle, dans le cadre d'une reprise de travail par exemple, familiale (séparation, dé­ménagement…), médicale ou encore sociale, explique Christelle Deyroux, codirigeante de l'association. Mais dans tous les cas, les de­mandes doivent etre justifiées (contrat de tra­vail, certificat médical…) et notre intervention est restreinte a une durée de trois mois, renouve­lable une fois. » Pop In s'inscrit certes comme une solution réactive et souple, mais aussi temporaire et complémentaire aux autres modes de garde, notamment du service public, l'association travaillant en relation directe avec la Commission d'admission unique pour élaborer des parcours de garde pérennes.
Le succes n'a pas tardé a etre au rendez-vous. Lancé début 2012, Pop In a déja recruté une vingtaine d'intervenants et ambitionne de compter rapidement un effectif d'une qua­rantaine de professionnels de la petite en­fance (de niveau CAP petite enfance ou BEP carrieres sanitaires et sociales) pour répondre a la demande des familles toulousaines.
Une initiative qui pourrait etre rapidement déclinée dans d'autres villes, le concept ayant déja suscité un fort intéret de la part d'autres municipalités…

Pour contacter Pop In, joindre l'association l'Enfanfare : 05 34 63 93 08

30 AVRIL 2012 a Toulouse

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ÉCLAIRAGE
Étienne GUITARD,
papa d'un enfant (bientôt deux !)

« Pas assez de places »
« Ma femme et moi vivons et travaillons en centre-ville, notre fils est né en juillet, ce qui ne constitue pas un bon timing pour bénéficier d'une garde. Nous ne trouvions d'ailleurs aucune assistante maternelle, n'avions aucune famille sur laquelle nous appuyer… zéro solution ! Apres avoir expérimenté 1.h.30 de trajet quotidien pour amener et aller rechercher notre enfant chez une assistante maternelle résidant a l'autre bout de Toulouse, une place s'est enfin libérée dans la creche collective place Occitane. Mais avec l'arrivée prochaine de notre second enfant, l'angoisse est revenue… Le systeme n'est pas a remettre en cause, c'est juste qu'il n'y a pas assez de places. Une absence probablement liée a un probleme d'acces au logement, auquel la municipalité pourrait imaginer apporter une solution en attribuant un certain nombre des grands logements sociaux créés dans le secteur aux assistantes maternelles. C'est une idée… »

ÉCLAIRAGE
Josiane ESSONGUE,
maman de trois enfants
« Il n'y a plus de passe-droit ! »
« Au 6e mois de grossesse de mon second enfant, j'ai effectué une inscription en creche. Un choix fait par obligation professionnelle plus que par envie, car confier mon enfant a des inconnus n'a vraiment pas été simple pour moi… Mais bon, je n'avais pas le choix. Pourtant, je n'ai obtenu une place que deux ans plus tard, en ignorant pourquoi et avec le sentiment que si on ne connaissait pas la directrice de la creche ou quelqu'un de haut placé, on n'obtenait rien. La, avec le systeme de la Commission d'admission unique, c'est transparent. On sait le nombre de points que l'on a, et si on n'a pas de place c'est que la commission a privilégié des personnes plus fragiles ou en plus grande difficulté. Il n'y a plus de passe-droit ! Les conseils de creche offrent une autre initiative intéressante. Cela permet d'échanger avec tous les acteurs qui gravitent autour de nos enfants, et surtout les élus avec qui nous pouvons avoir un rapport direct. C'est aussi tres enrichissant de pouvoir échanger avec d'autres familles. Vraiment, je suis ravie d'y participer ! »

ÉCLAIRAGE
Françoise RIVIERE,
assistante maternelle de la creche familiale Claude-Nougaro

«Nos relations sont uniquement axées autour de l'enfant»

« J'ai commencé il y a 20 ans, comme indépendante, avant de choisir rapidement la formule de la creche familiale qui me sécurisait, tout en me permettant de conserver ce rapport privilégié avec les enfants, puisque j'en garde trois au maximum. Je suis salariée de la mairie, ce qui signifie que je suis totalement déchargée des aspects administratifs et que je n'ai aucun rapport d'argent avec les familles. Cela me paraît plus sain car nos relations sont uniquement axées autour de l'enfant. Une formule qui permet en outre d'allier le caractere cocooning et maternage de la nounou qui travaille a domicile avec l'apprentissage de la collectivité puisque nous nous rendons régulierement dans la creche familiale dont je dépends pour y faire des activités ou tout simplement jouer. Je sais que les familles viennent souvent vers moi par défaut, la creche collective étant souvent leur premier choix, mais généralement, ils sont rapidement enchantés ! »

Les services de garde adaptés aux horaires atypiques se développent.

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Extrait de « En voyage dans ma ville » réalisé par les éleves du dispositif d'accueil du college Vauquelin en 2010-2011, exposéa la bibliothequedes Izards.

Primo arrivants, des regards venus d'ailleurs éclairent la ville

ÉCHANGES  Du 30 mars au 12 mai, la bibliotheque des Izards expose « En voyage dans ma ville », un carnet de voyage réalisé par de jeunes primo arrivants, éleves au college Vauquelin en 2010-2011. Face au succes rencontré l'année derniere, l'association Terres No­mades et leur professeur de français reconduisent l'expérience. Zoom sur un projet pédagogique ambitieux et atypique.

Un début d'apres-midi, sous l'arche Marengo. Bourdonnement de voi­tures, piétinements hâtifs, crisse­ment d'impatiences citadines. Le ronron familier de la ville se met soudain en sourdine lorsqu'un joyeux chahut babélique fran­chit les portes du métro. Ici et la, des bribes de conversations laissent échapper des sonori­tés espagnoles, arabes, turques ou bangladaises. Venus des quatre coins du globe, une dou­zaine d'adolescents âgés de 12 a 16 ans s'appretent a découvrir la Médiatheque.
TRAVERSER LES FRONTIERES. Éleves au college Vauquelin, ils bénéficient du dispositif d'ac­cueil dédié aux jeunes étrangers nouvellement arrivés en France. Pendant une année scolaire, ils suivront ensemble douze heures de cours de français hebdoma­daires, tout en intégrant progres­sivement les classes ordinaires dans d'autres matieres. Mais leur enseignement ne se confine pas entre les murs d'un bâtiment scolaire. Traversant allegrement les frontieres du college, il se dé­ploie dans les musées, jardins ou universités, a la rencontre de professionnels et d'associations qui, partageant leur passion, fa­miliarisent aussi les jeunes a un univers et un champ lexical spé­cifiques. De ces échanges naîtra un carnet de voyage, « En voyage dans ma ville ». Ce projet péda­gogique, qui métisse explorations de Toulouse, ateliers d'écriture et d'arts graphiques, associe leur professeur de français et l'as­sociation Terres Nomades. Ex­périmenté avec succes l'année derniere, il a déja permis l'émer­gence d'un premier cru et atteint ses objectifs : accompagner l'ap­
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C'EST VOTRE HISTOIRE

prentissage du français, favoriser la rencontre de l'autre, acquérir des reperes géographiques. D'ail­leurs, avant de pénétrer dans la Médiatheque, un repérage des lieux s'impose. Face aux allées Jean-Jaures, Fatiha Kémat, coor­dinatrice et responsable pédago­gique de Terres Nomades, joue la rose des vents : « en face de vous la place Wilson, a droite la gare… et le Capitole ? Vous le situez ou ? »
EXPLORER DES LIEUX, EX­PRIMER SA SINGULARITÉ. Les adolescents sont accueillis par Stéphanie, bibliothécaire au pôle Intermezzo de la Médiatheque. Apres leur avoir expliqué le fonc­tionnement du bâtiment, la jeune femme oriente les jeunes vers l'es­pace presse. Filipé, nouveau venu Portugais qui a rejoint la classe le jour meme, se plonge dans un exemplaire du magazine Veja. La visite se poursuit au 3e étage… paradis des mélomanes et ciné­philes de tout poil. La réserve po­lie des collégiens se mue vite en participation enthousiaste quand la bibliothécaire, désignant la borne d'écoute gratuite, tend un casque a la cantonade : « qui veut écouter ? » Apres une halte aux DVD, l'engouement atteint son comble lorsque Stéphanie les en­gouffre dans l'espace jeux vidéo du second étage. La bibliothé­caire profite de l'attention éveil­lée par le pôle Intermezzo pour leur expliquer le fonctionnement de cet espace dédié aux jeunes ou foisonnent mangas, comics, jeux et romans fantastiques mais aussi documentaires et livres conçus pour faciliter l'apprentissage de la langue française.
Milieu d'apres-midi, il est temps de joindre l'utile a l'agréable. Fa­tiha Kémat propose un exercice : « Flânez dans Intermezzo a la re­cherche d'un livre. Choisissez celui qui vous plaît et venez m'expliquer pourquoi en quelques phrases. Nous photographierons sa couver­ture et retravaillerons ces images en atelier d'arts graphiques pour le carnet de voyage… » Quelques instants plus tard, Oussama la rejoint, une BD dans les mains : « Les Profs – Chute des cours ». Pourquoi ce choix ? « Parce que les éleves font des dégâts, le principal du college est par terre… ça me fait penser a Vauquelin… Mais non, je rigole ! » De son côté, le coup de coeur de Badr va vers la BD Smoke City, séduit par « l'action, les des­sins et… les malfrats ! » La res­ponsable pédagogique invite le collégien a résumer l'intrigue a l'aide de la quatrieme de couver­ture. « Ils veulent voler une mo­mie… » « Et tu sais ce que c'est ? » Les mots manquant, le mime prend le relais : moue grimaçante, corps disloqué, roulements ocu­laires… Il sait.
COMME DES FRERES. L'exercice achevé, place au temps libre… re­tour a l'espace musique. Pendant qu'Aida fait découvrir a ses amis sa chanteuse de rai préférée, Ab­denour se lance dans une petite démonstration de synthé. L'am­biance est a la bonne humeur chahuteuse. Un esprit bon en­fant qu'apprécie Hanane : « On s'entend bien et on s'aide beau­coup, souligne l'adolescente de 13 ans, arrivée d'Algérie l'été der­nier. Dans la classe, on est comme des freres. » Fatima 16 ans, qui a quitté l'Espagne il y a deux mois, profite de la récré pour s'inscrire a la médiatheque. « J'aime beau­coup ces visites. On prend le métro, le bus. J'ai vite appris a me dépla­cer. La derniere fois, on est allés au musée des Augustins. Il y avait les gisants, les sarcophages, les peintures… On apprend plein de vocabulaire ! Mais c'est la Média­theque que j'ai préférée. Les livres, les disques… Tout me plaît ! »

Balade réalisée avec Zineddine, Carolina, Ertugrul, Oussama, Saida, Hanane, Aida, Abdenour, Badr, Mahbubur, Filipe, Fatima et Ismael.

En savoir plus sur les primo arrivants
Primo arrivant : personne étrangere arrivant pour la premiere fois dans un pays.
Pourquoi avoir quitté le pays d'origine ? Qui sont les nouveaux migrants ? Pourquoi avoir choisi la France ? Autant de questions auxquelles tente de répondre l'enquete longitudinale sur l'intégration des primo arrivants (ELIPA)*.
« Accompagner ou rejoindre le conjoint », « Fuir l'insécurité ou les troubles politiques », « Trouver un travail ». Telles sont les raisons les plus citées par les nouveaux migrants pour expliquer leur départ du pays d'origine. De fait, sur les 97.736 personnes venues en France en 2009 pour s'y installer durablement, 74.% ont été admises au séjour au titre des migrations familiales, 11.% en tant que réfugiés et apatrides, 9.% comme migrants de travail. Les 6.% restants correspondant pour la plupart a des régularisés.
Qui sont-ils ? Des personnes relativement jeunes (un peu moins de 33 ans de moyenne d'âge). Les femmes sont légerement plus nombreuses que les hommes (52.% contre 48.%). Plus d'un tiers des ressortissants viennent des trois pays du Maghreb, 25.% d'Afrique subsaharienne, 20.% d'Asie, 8.% des autres pays d'Afrique, 7.% d'Europe et de la Communauté des États Indépendants (CEI), 6.% d'Amérique. Quant au choix de la France comme terre d'accueil, 75.% des primo arrivants mentionnent « la connaissance de personnes en France ». Le second critere exprimé parmi les plus importants étant « le gout de la France, ses criteres, ses valeurs ».
* Enquete coordonnée par le Département des statistiques, des études et de la documentation du ministere de l'Intérieur, d'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration. Ses premiers résultats sont issus de la premiere phase de l'enquete menée entre mars et juin 2010. Plus d'informations sur le site www.immigration.gouv.fr

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C'EST VOTRE HISTOIRE



Extrait de « En voyage dans ma ville » réalisé par les éleves du dispositif d'accueil du college Vauquelin en 2010-2011, exposé a la bibliotheque des Izards.

Céline CALMEJANE-GAUZINS, professeur de français langues étrangeres au college Vauquelin et formatrice au Casnav (Centre académique pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage)

ENTRETIEN

« Nous sommes des passeurs »

Quel est le dispositif d'accueil mis en place par l'Éduca­tion nationale ?
Lorsqu'ils arrivent en France, les jeunes primo arrivants passent différents tests, notamment en langue française. Selon leur niveau, ils integrent une classe ordinaire ou sont dirigés en classe d'initiation au primaire ou vers un dispositif d'accueil pour les éleves du second degré. Mais ces dernieres années, le temps d'enseignement spécifique qui leur est consacré a diminué. Il y a encore deux ou trois ans, les collégiens étaient orientés vers des classes d'ac­cueil ou ils suivaient des cours adaptés, 30 heures par se­maine. Les classes ont été remplacées par des dispositifs d'accueil de 18 heures hebdomadaires. Depuis la rentrée 2011, ils ne leur délivrent plus que 12 heures. Pourtant, ces cours sont indispensables. Certains ont des bases de fran­çais, d'autres aucunes. C'est comme s'ils devaient plonger dans le grand bain sans savoir nager. C'est tres violent.
Quelles sont les spécificités d'un tel enseignement ?
Il nécessite une pédagogie du détour par le biais de projets tels que « En voyage dans ma ville ». Au début, nous nous comprenons grâce au langage universel : on parle avec les mains, on utilise l'image… Nous développons les capaci­tés d'expression par le biais d'autres médias, comme le théâtre ou le dessin. L'apprentissage débute par l'oral, par le biais du mimétisme, l'écrit vient dans un second temps. Ça va tres vite. Ces enfants ont envie et besoin de commu­niquer. Mais parfois, la langue française cristallise des ré­sistances, son apprentissage peut etre perçu comme une infidélité a la langue maternelle et a la culture d'origine. Il m'est arrivé d'avoir des éleves mutiques. Car la langue n'est pas seulement outil de communication, elle véhicule aussi une culture, elle est facteur d'intégration. Si l'inté­gration est nécessaire, elle ne doit pas mener a l'assimi­lation. Il ne s'agit pas de nier ses origines. Nous prenons appui sur la langue maternelle pour faire passer la langue d'accueil. Notre objectif est d'aider l'éleve a s'emparer de la culture de l'école française, a se familiariser a ses rituels et a y trouver sa place. Il détient les clés, a nous de le pla­cer face aux serrures. En somme, nous faisons office de passeurs. Comme un pont entre deux rives, celle du pays d'origine et celle du pays d'accueil. L'enfant n'a pas a choi­sir entre les deux. Il doit apprendre a circuler librement de l'une a l'autre et y emprunter ce qu'il souhaite.
Qui sont ces jeunes migrants ?
Cette année, ils viennent de Somalie, Argentine, Maghreb, Bangladesh, Espagne, Portugal, Turquie… Les pays d'origine sont aléatoires, tout dépend de l'actualité. Les éleves arrivent au compte-goutte : ils peuvent etre trois a la rentrée, quinze en fin d'année. Meme si les effectifs augmentent, rentrer en France demeure compliqué. Ils arrivent rarement dans des conditions idéales. L'exil génere souvent un traumatisme. Ce sont les familles qui le choisissent, pas les enfants. Et encore… A Vauquelin, je n'enseigne pas aux fils des cadres Airbus. Ce sont souvent des demandeurs d'asile ou des per­sonnes qui souhaitent le regroupement familial. Parmi les éleves que j'ai eu, l'un a été torturé, un autre a quitté la Tchét­

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chénie en traversant des rivieres a la nage, certains ont vécu le tsunami… Ce sont rarement des situations simples. Pour autant, il faut rester exigeant, ne pas préjuger de leurs diffi­cultés et leur donner confiance en eux. Huit ans de travail a leurs côtés m'ont appris a rester ambitieuse a leur égard. Leurs ressorts sont surprenants. L'expérience de la migration les dote de grandes capacités d'adaptation. Ils débordent de curiosité, ont soif d'apprendre.
Pourquoi utiliser le carnet de voyage ?
Nous souhaitions encourager ces nouveaux arrivants a de­venir ethnographes de la cité et a développer leur regard. Un regard singulier, neuf, affuté sur une ville que nous, Tou­lousains, ne regardons plus a force de trop la voir. L'idée est qu'ils y trouvent des reperes tout en projetant dans le carnet de voyage des éléments de leur parcours individuel : leurs appartenances culturelles, leur histoire personnelle, fami­liale… Quand ils choisissent un tableau aux Augustins, ce choix est subjectif, il parle d'eux, de leur histoire. Cette sin­gularité, ils ont envie de l'exprimer et apprennent le vocabu­laire pour y parvenir. Nous voulions aussi faire tomber les frontieres entre le centre-ville et les quartiers. Tant géogra­phiques que sociales et symboliques. Pour qu'ils se sentent autorisés a investir n'importe quel lieu, meme « d'élite » : fa­culté, musée, association de quartier, site scientifique… Par ailleurs, en alliant librement textes et images, le carnet de voyage représente un merveilleux support d'écriture et de création. Au début de l'apprentissage, l'utilisation ludique du dessin et de la photo décomplexe l'éleve. Peu a peu, la part de textes augmente, les légendes photos deviennent pa­ragraphes et pages d'écriture. Enfin, le carnet de voyage a valeur d'archives. En reflétant l'évolution de leurs progres, il leur permet de mesurer le chemin parcouru et les encou­rage a persévérer. Ça les aide a se projeter dans l'avenir. Ils ont gravé leur présence et leurs états d'âme dans ce support, se sont inscrits dans un lieu et un temps donnés. C'est impor­tant de savoir qu'on est quelque part, surtout lorsqu'on est en exil. Le carnet de voyage leur parle, il évoque la migration. Il les aide a traverser les frontieres, a comprendre que ce ne sont pas des obstacles. Qu'il y a des ponts. Pas des murs.

TÉMOIGNAGE

Extraits du carnet de voyage
Du 30 mars au 12 mai, la bibliotheque des Izards expose « En voyage dans ma ville », le carnet de voyage réalisé durant l'année scolaire 2010-2011 par les éleves du dispositif d'accueil du college Vauquelin. Le vernissage de l'exposition se déroule samedi 31 mars a 15.h.30 en présence des jeunes auteurs. L'occasion de découvrir « une multiplicité de regards issus de l'ailleurs sur notre ici, en images et en mots ». En voici quelques extraits :
Avril 2011 :
sortie botanique au jardin Raymond VI
« Nous prenons le métro Mirail-Université jusqu'a Saint-Cyprien pour aller au jardin Raymond VI. On se promene dans les allées du jardin avec Boris, botaniste, qui nous montre différentes plantes : fleurs, plantes médicinales et plantes dangereuses. Il nous a appris comment faire pour protéger la nature. »
Mai 2011 :
université de Toulouse - Le Mirail
« Le professeur Jean-Christophe nous a parlé de la musique traditionnelle. Je me souviens de la flute chinoise parce que le son est presque comme dans ma langue. Il nous a montré des vidéos et des instruments a vent. Jean-Christophe était gentil. C'était intéressant. Avec les Petits débrouillards on a fait des expériences magiques… je n'avais jamais fait danser du sucre avec les vibrations de ma voix. »

Mai 2011 : muséum d'histoire naturelle
« Dans les serres, il y a des philodendrons, des papayers, des indiças, des pomponnas et vanillas. Il fait trop chaud a l'intérieur meme s'il y a de l'eau qui tombe du plafond. Le paon m'a aussi plu, surtout quand il ouvre sa queue : les couleurs sont extraordinaires. Ce qui m'a le plus étonné, c'est « bip bip le coyote ». Il était naturalisé : il faut enlever les os a un animal, le refaire avec de la résine et le recouvrir avec sa peau. »

Bibliotheque des Izards :
1, place Micoulaud, métro Trois Cocus (ligne B).

AVRIL 2012 a Toulouse 35

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C'EST VOTRE HISTOIRE
Extrait de « En voyage dans ma ville » réalisé par les éleves
du dispositif d'accueil du college Vauquelin en 2011-2012.

TÉMOIGNAGE

Fatiha KÉMAT,
coordinatrice et responsable pédagogique de l'association Terres Nomades

« La rencontre motive l'envie d'apprendre »

« Ce projet nous a été inspiré par le souvenir de nos voyages. Face a la permanence de l'inconnu, le ressort fabuleux, c'est tout ce qui va générer du familier. Le familier passe par la rencontre de l'autre, celui avec qui je partage un moment de vie. Avant cela, je n'ai aucun lien avec l'ici, aucune identité dans ce lieu étranger. Jusqu'a ce qu'émerge un moment intense. A cet instant, je suis toujours dans le voyage mais profondément la, ancrée en moi, dans le présent. Cela crée de l'empreinte et une historicité : grâce a cet autre avec qui je vis une histoire, je m'inscris dans l'histoire du lieu et le lieu s'inscrit dans mon histoire personnelle. La rencontre motive l'envie d'apprendre. C'est ce que nous avons souhaité travailler avec « En voyage dans ma ville ». La générosité des intervenants donne envie aux jeunes de s'ouvrir, de comprendre leur langue et leur culture. D'ailleurs, les jeunes sont touchés par leur accueil, ils perçoivent le don de soi et de temps.
Les échanges avec un botaniste, un ethnomusicologue ou des associations constituent autant de petits moments qui s'additionnent. L'idée est de leur donner du sens en créant du lien entre eux, en les inscrivant au sein d'une meme traversée. Le carnet de voyage matérialise cette traversée. Mais meme si l'objet est beau et qu'ils en sont fiers, la création artistique ne constitue pas une fin en soi. Elle met les enfants en situation de vivre des expériences inédites, d'acquérir de nouvelles connaissances. Lorsqu'ils rencontrent un ethnomusicologue qui leur fait découvrir des instruments a vent du monde entier, cela leur rappelle des musiques de leur pays d'origine. Quand l'exposé se poursuit avec les Petits débrouillards, ils s'initient a la science des sons et s'impregnent d'un vocabulaire propre. Mais le plus important, c'est qu'ils sont invités a exprimer leur regard singulier pour, a leur tour, transmettre ce qu'ils ont vécu. Lors de l'exposition itinérante réalisée l'année derniere, des Toulousains de souche s'amusaient a reconnaître des lieux qu'ils connaissaient par coeur mais n'avaient jamais observé ainsi. Leur regard usé pétillait de voir la ville de cette façon. Pour des éleves perçus par leurs manques, c'est essentiel. Car prendre sa place, c'est donner et recevoir. »

Terres Nomades
A l'origine du projet « En voyage dans ma ville » : l'association Terres Nomades. Sa mission ? Susciter l'envie de découvrir l'autre et de partager les différences culturelles en les considérant comme autant de richesses. Pour atteindre ses objectifs, l'association combine deux axes de travail : la création et la diffusion de spectacles vivants (festival Hallu Ciné : spectacle Histoire d'herbes flottantes, ciné concert Le dernier des hommes avec l'Orchestre de chambre de Toulouse…) et l'élaboration de projets pédagogiques de pratiques artistiques (Portraits de quartiers avec les éleves des colleges Reynerie et de Lalande, participation aux Parcours culturels de la mairie de Toulouse…).
Terres Nomades : 34, rue de la Fonderie. 05 61 52 21 39. www.terresnomades.net

36 AVRIL 2012 a Toulouse

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PROXIMITÉ



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Les nouvelles des secteurs
Du Nord au Sud, d'Est en Ouest, retrouvez l'actualité des six secteurs : Toulouse Centre, Rive Gauche, Toulouse Nord, Toulouse Est, Toulouse Sud-Est et Toulouse Ouest

44
Occitan
Viure al país

+ www.toulouse.fr

Plus de photos, d'interviews ou d'articles

SCIENCES 
Embarquez pour Mars, a La Plaine !
Le parking de la Cité de l'espace, sur le parc de La Plaine pres du périphérique, commence a bien se remplir avec l'arrivée du printemps. Il est vrai que l'expo proposée depuis février a de quoi rassembler tous les curieux de sciences et d'exploration de l'Univers. Mars, la planete rouge, a toujours fait rever. La Cité de l'espace la met a portée de main des Toulousains, avec des animations, un simulateur de marche en gravité martienne et la famille des robots martiens au grand complet, dont une réplique du rover Curiosity qui fonce actuellement vers Mars et devrait s'y poser le 6 aout prochain avec a son bord deux instruments scientifiques conçus a Toulouse. Une belle expo « Explorez Mars », conçue en partenariat avec le Centre national d'études spatiales (Cnes), l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap) et l'Académie de Toulouse, completera votre voyage. Rappelons que la Cité de l'espace est le principal booster de l'économie touristique a Toulouse. Avec 270.000 visiteurs par an dont pres de 10.% d'étrangers, elle contribue au rayonnement international de la métropole. Elle est aussi le second site payant le plus visité en Midi-Pyrénées. Le quartier de La Plaine profite des retombées économiques ainsi que l'ensemble de Toulouse, puisque les visiteurs de la Cité sont de plus en plus nombreux a prolonger leur séjour dans la ville rose.
Cité de l'espace
Avenue Jean-Gonord
Parc de La Plaine
Programme, tarifs et horaires, vidéos : www.cite-espace.com

AVRIL 2012 a Toulouse 37




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Page 38

PROXIMITÉ

Secteur
Toulouse Centre
Contact : 05 67 73 83 50
secteur.centre@mairie-toulouse.fr
1.1.: Capitole
1.2.: Amidonniers./.Caffarelli
1.3.: Les Chalets./.Saint-Aubin./.Saint-Étienne

Le nouveau Point info mairie est accessible impasse Saint-Aubin, de l'autre côté de l'entrée de l'Espace des diversités.

Le nouveau Point info vous attend
SAINT-AUBIN Les habitants du secteur Toulouse-Centre devaient jusqu'alors se rendre a l'hôtel de Ville pour effectuer leurs dé­marches administratives. Ils peuvent désormais se rendre au nou­veau Point info mairie. Explications.

Arnaud-Bernard fait la foire !
Face au succes de la premiere édition de la Foire artisanale et commerciale d'Arnaud-Bernard, l'Association des commerçants et artisans du quartier (l'ACAAB) a décidé de « transformer l'essai » ! Du 16 au 18 mars, une centaine d'exposants a pu renforcer l'offre commerciale de la place et de ses environs. Les organisateurs ont convié tous les Toulousains a partager ce week-end de festivités. Ce rendez-vous dynamise le quartier et contribue a la mise en place durable d'un évenement festif a chaque printemps.
Regards sur Saint-Aubin
Le printemps sera le theme de la seconde édition du concours photo organisé par l'association Bien Vivre a Saint-Aubin, le 31 mars prochain. Enfants et adultes sont invités a participer a cette manifestation qui se déroule en deux temps : prises de vue le matin, entre 8.h.30 et 12.h.30, et exposition l'apres-midi des deux clichés que chaque participant propose au concours. Les photos, remises sur clé USB a l'association, seront imprimées puis exposées sur la place Saint-Aubin, ce qui permettra a chacun de voter ensuite pour son cliché préféré. Trois prix seront remis dans la catégorie adulte, trois autres dans la catégorie enfant, ainsi qu'un prix du public.

SERVICE DE PROXIMITÉ. Depuis quelques semaines, le centre de Toulouse compte un nouvel équipement. Dans le quartier Saint-Aubin, au 38 rue d'Aubuisson, l'ancienne usine de textile a fait peau neuve pour pou­voir accueillir l'Espace des diversités et de la laicité qui rassemble désormais la Mis­sion égalité de la Ville, l'Observatoire des discriminations, le centre LGBT (Lesbiens, Gays, Bi et Trans) de Toulouse et le Conseil des résidents étrangers (Cotre). Le bâtiment rénové accueille également les ateliers cou­ture du théâtre du Capitole, ainsi qu'un nou­vel auditorium de 149 places. Enfin, et c'est une premiere pour les trois quartiers du sec­teur Toulouse Centre, un Point info mairie (Pim) y a ouvert ses portes depuis quelques jours. Un service de proximité tres attendu des habitants.
ESPACE OUVERT LE MATIN. En dehors des demandes de passeports biométriques, ce nouveau PIM assure en effet toutes sortes de services : en matiere de démarches ad­ministratives familiales (certificat de vie, livret de famille, dossier de mariage…), ci­toyennes (carte d'identité, inscription sur les listes électorales…), de logement (certificat de changement de domicile, de résidence…), de transport (actualisation de la carte « Mai­rie de Toulouse-Tisséo », carte grise sous cer­taines conditions…) ou encore d'inscriptions dans les écoles maternelles et élémentaires. Les résidents étrangers peuvent également y obtenir la certification conforme de cer­tains documents ou constituer leur dossier d'attestation d'accueil. A terme, les élus du secteur pourraient également y tenir des per­manences. Un espace accessible depuis l'im­passe Saint-Aubin tous les matins, du lundi au vendredi, de 8.h.30 a 11.h.45.

38 AVRIL 2012 a Toulouse

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Secteur
Rive Gauche
Contact : 05 67 73 83 55
secteur.rive-gauche@mairie-toulouse.fr
2.1.: Saint-Cyprien
2.2.: Croix-de-Pierre./.Route d'Espagne
2.3.: Fontaine-Lestang./.Bagatelle./.Papus
2.4.: Fontaines-Bayonne./.Cartoucherie

Changer la rue
change le quotidien
En 2011, pour répondre aux demandes des riverains, les services de la communauté urbaine du Grand Toulouse ont étudié des projets d'amélioration de l'espace public, qui ont été présentés au cours de différentes réunions de concertation. Cela a permis par exemple la création ou la mise aux normes de quatre nouvelles zones 30, représentant plus de 60 rues, avec une vitesse limitée et un meilleur partage de l'espace pour plusieurs milliers de foyers. Cette volonté de faire diminuer la vitesse s'accompagne aussi par la mise en place d'éléments modérateurs de vitesse (coussins berlinois, plateaux ralentisseurs) notamment devant des équipements sensibles comme les écoles, les passages piétons… Les cyclistes n'ont pas été oubliés avec la poursuite du plan vélo, par la création de nouvelles pistes ou bandes cyclables. Plusieurs projets ont également été lancés afin de remettre en état la chaussée pour le confort des automobilistes et maintenir le patrimoine routier en bon état. En 2012, continuez a venir donner votre avis en réunion publique afin d'améliorer ensemble l'espace urbain.

Partager la musique et ses émotions : un des objectifs de l'association.

La musique, avec et pour les autres

SAINT-CYPRIEN A la veille de ses trente ans d'existence, l'association des Ateliers Musicaux s'agrandit et inaugure prochainement ses nouveaux locaux.

400 ADHÉRENTS. L'école de mu­sique associative Les Ateliers Mu­sicaux, installée dans le quartier Saint-Cyprien, inaugure officiel­lement fin mars l'extension de ses locaux attribués et aménagés par la mairie a la rentrée 2011. « Nous sommes ravis de pouvoir compter sur la municipalité qui, outre les subven­tions octroyées chaque année, nous fait confiance et nous accompagne au quotidien », expliquent Patrice Poublan et Françoise Chemarin, les deux permanents de la structure. Les Ateliers Musicaux font partie des associations pour lesquelles la municipalité a signé une conven­tion pluriannuelle, sur quatre ans, reconnaissant leur « grande exi­gence artistique et l'ouverture vers de nouveaux publics ». L'association compte a ce jour plus de 400 adhé­rents, qui viennent pratiquer un instrument, seuls ou en groupe, encadrés par 16 professeurs. « Pour ceux qui le souhaitent, nous propo­sons onze ateliers orchestres de styles et de niveaux variés (jazz, tango, Bal­kans, classique, chant…) aussi bien pour les adultes que pour les enfants ou adolescents ».
AU DELA DU QUARTIER. L'ensei­gnement est basé sur la transmis­sion écrite et orale, « d'abord parce que toutes les musiques ne sont pas écrites sur des partitions, mais aussi parce qu'il est important de s'écouter soi-meme et d'écouter les autres ». Aucune pression donc, ni de ré­sultats exigés. Chacun apprend a son rythme, pour le plaisir. L'école de musique a vu, depuis la rentrée derniere, sa surface multipliée par deux. « Cette aide est venue a point nommé puisque nous commencions a etre a l'étroit dans les anciens lo­caux ». L'un des objectifs majeurs de l'association consiste a « jouer avec et pour les autres ». C'est pourquoi, régulierement, elle se produit en concert a l'extérieur, dans des lieux connus des Toulousains, tels les Ja­cobins, Saint-Pierre-des-Cuisines ou dans des salles plus intimistes comme celle du Bijou. Les respon­sables n'en oublient pas pour au­tant l'ancrage local et historique de l'association, puisqu'ils participent chaque année a la fete du quartier Saint-Cyprien. Les Ateliers Musi­caux, adhérents a l'UDEMD (Union Départementale des Écoles de Mu­sique et de Danse Haute-Garonne), feteront en 2013 leurs 30 ans d'exis­tence.

Ateliers Musicaux - 1, rue Quilméry
31300 Toulouse - 05 61 59 29 42
ateliers.musicaux.free.fr

AVRIL 2012 a Toulouse 39


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Page 40

Secteur
Toulouse Nord
Contact : 05 67 73 83 52
secteur.nord@mairie-toulouse.fr
3.1.: Minimes./.Barriere-de-Paris,
3.2.: Sept-Deniers./.Ginestous,
3.3.: Lalande./.Grand-Selve,
3.4.: Trois Cocus./.Borderouge./.Croix-Daurade./.Paléficat
Des aménagements ou se côtoient zones de loisirs et espaces naturels.

Un p'tit coin de paradis
En novembre dernier, Régine Lange, adjointe en charge du développement durable, Jean-Michel Fabre, adjoint du secteur Nord, et Stéphane Carassou, président d'Habitat Toulouse (qui a cédé la parcelle), plantaient les premiers arbres fruitiers et pieds de vigne du nouveau jardin partagé de la Cité Madrid : « Le p'tit paradis de Naudin ».
Projet phare de développement durable et de loisirs de proximité pour les habitants, ce jardin décline des solutions de jardinage « écoresponsable » (traitements biologiques, recyclage des déchets organiques, optimisation de l'eau…) permettant ainsi d'améliorer le cadre de vie en milieu urbain et d'animer le quartier. A l'initiative de l'association « 7 animés », un autre jardin partagé est également a l'étude aux Sept-Deniers.
Le p'tit paradis de Naudin
Contact : « La Ruche »
10, rue de l'Abbé-Naudin
assolaruche@live.fr

La nature exerce ses droits

SECTEUR NORD Élue fin 2011 capitale française de la biodiversité, la Ville de Toulouse poursuit sa démarche d'écoges­tion des espaces verts. Illustration dans le secteur Nord.

UN ESPRIT TRES NATURE. C'est le dernier-né des jardins de quar­tier toulousains, un espace de 5.000 m2 aménagé rue Cervantes, dans le quartier de Fondeyre. Un projet élaboré pour répondre a di­vers usages avec son aire de jeux, sa pelouse, son espace de pique-nique, ses bancs… Cet aménage­ment paysager tres naturel a pour spécificité de rester accessible 24 heures sur 24 afin d'assurer des liaisons douces aux riverains, et notamment aux lycéens voi­sins. Il offre un jardin supplémen­taire pour les habitants du secteur Nord. Le service des espaces verts de la Ville planche déja sur la créa­tion d'un nouvel espace plus au sud. Il s'agit cette fois du jardin des Pont-Jumeaux, qui s'étendra lui aussi sur 5.000 m2, rue Kruger. Si les esquisses du projet sont en­core en cours d'élaboration, son aménagement s'inscrit la aussi dans un esprit « nature », avec une aire de jeux, une piece d'eau, des points de repos ombragés… Un jardin qui devrait éclore en 2013.
L'ÉCOGESTION. Ces aménage­ments sont a l'image de la po­litique de la Ville en matiere d'espaces verts. Depuis 2008, Toulouse a initié une démarche d'écogestion avec, entre autres objectifs, de réduire la consom­mation des ressources, de limiter les pollutions et de favoriser la bio­diversité urbaine. La plantation de haies champetres, par exemple, présente de multiples avantages. Elle permet, dans le cadre des jardins et des parcs (tels les jar­dins de La Vache, de Soupetard, les parcs Rigal ou de La Maou­rine) d'ouvrir les quartiers sur la nature. L'émergence de coque­licots ou encore de boutons d'or accompagne souvent leur plan­tation. Les haies peuvent égale­ment jouer un rôle de brise-vue tres esthétique, comme les amé­nagements réalisés au niveau de l'échangeur de La Glaciere ou du Port de l'Embouchure. Elles né­cessitent peu d'arrosage et d'en­tretien, les feuilles des arbustres qui les composent étant recyclées sur place. Elles sont enfin facteur de biodiversité, comme le dé­montrent les premiers résultats du diagnostic régulierement réalisé sur la flore et la faune. Peu a peu la nature réinvestit ainsi le coeur de Toulouse… et des Toulousains !

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Page 41

Secteur
Toulouse Est
Contact : 05 67 73 83 54
secteur.est@mairie-toulouse.fr
4.1.: Bonnefoy./.Roseraie./.Gramont
4.2.: Jolimont./.Soupetard./.Bonhoure
4.3.: Côte-Pavée./.Château-de-l'Hers./.Limayrac
Renouvellement des bureaux de commissions
Les bureaux des commissions de quartier ont été renouvelés en novembre et décembre dernier. Leur mission : traiter les questions relatives a la vie du quartier comme l'aménagement de la voirie, les espaces publics, les projets de marchés de plein vent… En outre, chaque bureau participe a l'élaboration de l'ordre du jour des commissions de quartier. II se réunit en moyenne deux fois par an. Leurs membres sont renouvelés tous les deux ou trois ans. Enfin, chaque bureau comprend de 10 a 15 associations représentatives des trois quartiers du Secteur Est.
www.toulouse.fr

Se retrouver autour d'un café

ROSERAIE Proposer des sourires, de la bonne humeur, du récon­fort et des boissons chaudes a la sortie de la station de mé­tro chaque matin, c'est la vo­cation d'Abdallah Ghrouti, a la convivialité connue de tous les riverains.

LIEN SOCIAL. Abdallah Ghrouti est installé depuis plus d'un an a la sortie de la station de métro Roseraie. Sur un petit chariot roulant, il propose aux riverains une boisson chaude et quelque chose a grignoter. Abdallah Ghrouti a 29 ans et respire la gentillesse et le dynamisme. Il raconte : « j'ai eu cette idée apres l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Je me suis dit que ce pourrait etre l'occasion de pro­poser un café également a l'exté­rieur. Une maniere de faire vivre cette jolie petite place de quar­tier ». « C'est vrai que l'échange, le lien social, la convivialité sont des ambiances dont nous avons tous terriblement besoin aujourd'hui ».
ANIMER L'ESPACE PUBLIC. Pourquoi au métro Roseraie ? Au départ la proximité avec son lieu d'habitation et une place qui ap­pelle a la rencontre. « Mais tres vite, ajoute-t-il, j'ai décidé de res­ter ici. Les habitants du quartier m'ont accueilli de façon extraor­dinaire, mieux que ce que j'au­rais pu imaginer ». Une clientele qu'Abdallah Ghrouti qualifie de tres diversifiée, ou tous les âges sont représentés et « tous ont été sensibles a mon initiative et le lien s'est tout naturellement créé ».
Titulaire d'une licence de com­merçant ambulant, Abdallah Ghrouti a sa carte de visite avec le numéro de son portable que les habitants peuvent utiliser « pour s'assurer que je suis la pour sortir un peu plus tôt de chez eux et ve­nir déguster un petit café tout en discutant ». Une bien jolie façon d'animer, l'espace de quelques minutes, la vie quotidienne de la ville, et permettre également de créer un échange réciproque entre les habitants. Quant a vivre de ce commerce… : « Ce n'est pas encore tout a fait le cas, conclut Abdallah Ghrouti, mais grâce a l'accueil et au retour de clientele que j'ai, les résultats sont encou­rageants et je garde patience ».

Un café chaud vous attend a la sortie du métro de La Roseraie.

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Page 42

PROXIMITÉ
Secteur
Toulouse Sud Est
Contact : 05 67 73 83 53
secteur.sud-est@mairie-toulouse.fr
5.1.: Pont-des-Demoiselles./.Montaudran./.La Terrasse
5.2.: Rangueil./.Sauzelong./.Pech-David./.Pouvourville
5.3.: Saint-Michel./.Le Busca./.Empalot./.Saint-Agne

L'aménagement d'un Axe Bus, qui désengorgera le Sud-Est toulousain, a fait l'objet d'une large concertation.

Nouvel accueil
pour le handicap
Ouvert depuis 1956, l'Institut médico-éducatif de Montaudran accueille des enfants et adolescents entre 3 et 18 ans atteints de déficiences mentales ou en situation de polyhandicap. Début 2012, des travaux de reconstruction du semi-internat, d'une capacité de 67 enfants, ont été lancés. L'objectif est d'humaniser davantage cet accueil et de l'optimiser pour plus d'agrément et de convivialité. Fin des travaux : novembre 2012 (lire aussi en p.5).

Saint-Sauveur :
ça roule
pour la piste cyclable
Depuis fin 2011, les cyclistes peuvent en toute quiétude emprunter la piste cyclable Saint-Sauveur, dont le tronçon reliant le Port Saint-Sauveur au musée Georges-Labit a été rénové. Son revetement était endommagé a plusieurs endroits : affaissement du a une tranchée réalisée pour le passage de fibres optiques et érosion latente par les eaux du canal du Midi. Les travaux ont été réalisés dans le respect de l'environnement et de la végétation.

L'Axe Bus facilite les transports
ROUTE DE NARBONNE L'engorgement des routes et la protec­tion de l'environnement imposent de nouvelles solutions de circulation. Pour développer des alternatives a la voiture, l'Axe Bus, qui reliera l'université Paul-Sabatier a Ramon­ville Saint-Agne, est une piste prometteuse.

MODULARITÉ. La Ville de Toulouse s'en­gage fortement dans l'amélioration des transports publics. Ainsi, un Axe Bus re­liera prochainement la station de métro Université Paul-Sabatier au coeur de Ra­monville Saint-Agne et, au-dela, irriguera le Sud-Est toulousain. Cet aménagement est étudié pour desservir un tissu urbain varié ou se melent habitat, commerces et services. Ce projet répond a des besoins et des attentes identifiés lors d'une large concertation réalisée en 2011 avec l'en­semble des acteurs concernés, habitants, commerçants, élus et techniciens. Une enquete publique s'est déroulée de no­vembre 2011 a janvier 2012 permettant de recueillir toutes les suggestions, commen­taires et préconisations. Aujourd'hui la dé­claration de projet est entérinée.
ACCESSIBILITÉ. Cette ligne comportera neuf stations, positionnées en moyenne tous les 350 metres. Elle s'étendra sur pres de 3 kilometres, avec un départ a la station de métro de l'université Paul-Sabatier, un parcours dans le coeur de Ramonville et un terminus a la station Chaumieres pour des­servir de nouvelles habitations. Son accessi­bilité est une priorité. Pour garantir l'acces aux personnes a mobilité réduite, des amé­nagements et des cheminements spéci­fiques seront réalisés.
Les travaux vont débuter ; la mise en ser­vice de cette ligne est programmée pour la fin de l'année 2013. La politique des dépla­cements urbains est un enjeu essentiel pour le développement harmonieux de la ville, la solidarité territoriale, la qualité de la vie et la cohésion sociale.

42 AVRIL 2012 a Toulouse




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Secteur
Toulouse Ouest
Contact : 05 67 73 83 51
secteur.ouest@mairie-toulouse.fr
6.1.: Arenes.Romaines./.Saint-Martin-du-Touch 6.2.: Lardenne./.Pradettes./.Basso-Cambo
6.3.: Mirail./.Reynerie./.Bellefontaine
6.4.: Saint-Simon
6.5.: Lafourguette
Vanessa Lavergne, chargée de relogement des Chalets, renseigne les familles toulousaines a propos de la démolition programmée de 148 logements a Reynerie.

Relogement : un tremplin pour chaque ménage

REYNERIE La charte partenariale pour le relo­gement vise a accompagner les familles concer­nées par les démolitions de la maniere la plus satisfaisante possible. Illustration rue de Kiev.

LES HABITANTS IMPLIQUÉS. « La mobilité résiden­tielle contrainte par les démolitions n'a de sens que si elle apporte objectivement un plus au ménage », soulignait des 2009 l'équipe municipale. La charte partenariale pour le relogement, signée fin 2011, formalise précisé­ment le cadre dans lequel le déménagement des familles peut et doit devenir un tremplin. Une ambition partagée par l'ensemble des acteurs du relogement, a commencer par la Ville de Toulouse. La démarche choisie place, en effet, les habitants au coeur du dispositif. C'est a partir des souhaits exprimés par les locataires des logements que sera démolie cette année, rue de Kiev, une partie des immeubles Glück et Poulenc. Le bailleur, la SA des Cha­lets, propose des solutions individualisées, en fonction de l'envie des riverains de quitter ou non leur quartier, de leurs besoins en terme de surface et d'environnement, de leur capacité financiere, etc.
UN ACCOMPAGNEMENT DE BOUT EN BOUT. Chaque famille renseigne donc un certain nombre de criteres a partir desquels le bailleur propose plusieurs options prenant en considération souhaits et contraintes. Ces propositions, réparties sur l'ensemble de l'aggloméra­tion toulousaine dans le parc neuf comme dans l'ancien (pour pouvoir répondre notamment aux demandes de grands logements), ne doivent pas induire de surcouts directs ou indirects trop importants pour le ménage. Elles doivent etre adaptées a ses besoins spécifiques, actuels et a venir, afin que le relogement puisse etre pérenne. Pour ce faire, les bailleurs ne limitent pas leurs propositions a leur seul parc, mais travaillent en parte­nariat avec l'ensemble des acteurs du logement social. La SA des Chalets s'est par ailleurs engagée a soutenir financierement le déménagement de la centaine de mé­nages concernés sur le secteur Kiev. Pour eux comme pour toutes les familles relogées, un suivi et une évalua­tion de leur situation seront assurés. Un autre engage­ment des signataires de la charte.


Lafourguette : aménagement
du chemin du Chapitre
C'est un projet ancien qui a fait l'objet de concertation avec les habitants. Une réunion publique en juin 2011 avait permis de présenter le projet. Le chantier a lieu de janvier a aout 2012. La rue est barrée, l'acces des riverains est maintenu et une déviation a été mise en place. La premiere phase des travaux concernant l'enfouissement des réseaux est achevée.
Les derniers candélabres d'éclairage public seront installés prochainement. Les travaux de voirie se poursuivent actuellement.
Renseignements : Pôle territorial Sud-Ouest
05 67 73 86 00 - pole.sudouest@grandtoulouse.fr

Grand jour pour la Grand M
La bibliotheque de quartier la plus importante de Toulouse s'apprete a ouvrir ses portes. A partir du 27 mars, la Médiatheque Grand M donne a tous les Toulousains la possibilité d'accéder librement a quelque 24.000 livres, 5.000 CD et 4.000 DVD, ainsi qu'a de nombreux magazines et revues. Accueillant, confortable et fonctionnel, ce nouvel équipement Haute Qualité Environnementale (HQE) propose également un auditorium et un espace réservé a la pratique de l'informatique. Avec des horaires élargis, notamment le dimanche apres-midi, la Grand M offre une amplitude de services comparable a celle de la Médiatheque José-Cabanis (lire aussi p.46-49).
Médiatheque Grand M - 37, avenue de La Reynerie




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VIURE AL PAÍS


La reconeissença de la realitat culturala diversa


ENTRETIEN

Olivier CAPONI, 34 ans, un demest de milierats dins la manifestacion Anem Oc !

Perqué aquesta manifestacion ?
Manifestam per que se manifeste una consciencia al nivel de la Lei, qu'una poli­tica lingüistica decisiva faga espelir las len­gas nostras dins l'ensenhament, los medias, la creacion artistica e musicala. Agachatz la manca de professors dins l'ensenhament pu­blic primari e segondari : se res es pas fach ara per favorizar e encoratjar sa transmission, las lengas vivas de França seran leu socialament … mortas.
Perqué Tolosa ?
Perque nostra vila es una de las vilas magers de França. Apres Besiers (2007) e Carcassona (2009 e 25.000 personas), se sem mai nom­broses encara, quicom se passara.
Perqué manifestan de mai en mai de monde ?
Sem passats del temps de la vergonha al temps de la promocion. Mas sul papier ! França es regulariament denonciada pel conselh de l'Europa e per l'ONU per son refús de fisar a sas lengas un cadre juridic protector. Qual sap que se França voliá dintrar, d'uei, dins l'Union Europea, o poiriá pas pr'amor d'aquo ? E qu'es França qu'impausa aquesta condicion als fu­turs candidats a l'UE !
Una Republica de ciutadans
Qual vei encara una incompatibilitat entre “libertat, egalitat, fraternitat” e la reco­neissença de la realitat culturala e lengat­giera, istoricament diversa en França ? De mai en mai d'elegits prenon conciencia que modernizar lo logicial de la Lei deu anar de parelh amb la decomplexion dels ciutadans. Aiman lo lor capital d'identitat : l'enquista de Miegjorn-Pireneus mostra que per 72.% par­lar la lenga nostra es signe de dubertura, per 15.% solament un signe de replec. Las menta­litats cambian.


Vox Bigerri : totas las voses de l'Europa del sud
Vox Bigerri, cor d'omes especializat dins los Pireneus gascons, nasquet del desir de far ausir lo repertori polifonic occitan en tot lo confrontar amb d'autras tradicions e esteticas musicalas. Dempuei sa naissença en 2004 al conservatori Henri Duparc de Tarba, la cola se fa leu remarcar dins mai d'un festenal per son energia e la qualitat de sas voses. La polifonia es una musica generosa mas plan exigenta : complicitat e coneissença menimosa dels autres cantaires son essencials. Descubrirem jos la direccion del Pascal Caumont un repertori que s'encamina entre Italia, islas de Miegterranea e los dos costats dels Pireneus, de Catalonha a Verán ;
Los 19 e 20 d'abril a la Salle Bleue (Espace Croix Baragnon, 24 carriera Crotz Baranhon, 31.000 Tolosa)
Entresenhas e reservacions al Centre Occitan de Dansas e Musicas Tradicionalas (COMDT) : 05 34 51 28 38 - contact@conservatoire-occitan.org
www.voxbigerri.com/
Lo 30 de març de 2012 : venetz suportar lo 11 occitan !
Creada en 2004, la seleccion d'Occitania joga sa prumiera partida oficiala lo 12 de febrier de 2005 a Besiers contra Monegue. Dempuei, plan d'autras partidas fogueron jogadas (e ganhadas) per l'AOF – Associacion Occitana de Fotbol – a travers Europa tota … e mai luenh.
Lo divendres 30 de març a Tolosa, en preludi a la manifestacion Anem Oc ! l'AOF nos dona rendetz-vos per un rescontre contra SAPMI, seleccion lapona que recampa la part septentrionala de l'Escandinavia, de Norvegia a Russia.
Rescontre AOF / SAPMI : Divendres 30 de març a 7 oras del ser, terrenh annex 1 de l'Estadium de Tolosa.
Contact : contact@occitania-fotbol.com


44 AVRIL 2012 a Toulouse

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CULTURES

46 > 49
Focus
La Médiatheque Grand M ouvre ses portes
52 > 53
Face Shoot
Le collectif G.Bistaki et ses drôles de tuiles
54 > 56
L'envers du décor
Coulisses d'une exposition a Saint-Raymond
57
Tete a tete
La Seconde Méthode en route vers Bourges
58 > 59
Patrimoine
et histoire
La Garonne préhistorique

+ www.toulouse.fr

Plus de photos,
d'interviews ou d'articles

 EXPOSITION 
De l'Opalka a l'oméga
Nombre de peintres se sont donné beaucoup de peine pour figer le temps sur leurs toiles. Roman Opalka, peintre franco-polonais contemporain majeur, a, lui, soutenu la gageure d'en saisir la fuite dans l'intégralité de son oeuvre.
La force de cet artiste iconoclaste est d'avoir réussi le tour de force d'abolir la frontiere entre sa vie et son oeuvre. En 1965, année ou l'idée prend forme dans son esprit, il se met a peindre en blanc les nombres en ordre croissant, sur une toile noire d'un format identique. Arrivé a 1.000.000, il décide d'ajouter 1.% de blanc au fond de chaque nouvelle toile, puis de se prendre en photo devant chacune de ses oeuvres. La disparition progressive des nombres, comparée au blanchiment progressif de ses cheveux, suggere avec force l'angoisse de l'irrémédiable corruption du temps.
Apres le déces d'Opalka au mois d'aout, l'exposition a été maintenue, grâce a l'accord de sa veuve. Cette triste circonstance confere un caractere unique a l'événement.
Tisséo avait confié a l'artiste la réalisation d'une oeuvre dans la station de métro Université-Paul-Sabatier. Quelques toiles, des cartes de voyages, plusieurs autoportraits et deux installations audio-visuelles sont donc exposés a la Fabrique culturelle, un évenement proposé par le Centre d'initiatives artistiques de l'université de Toulouse-Le Mirail (Ciam), dans le cadre de la Semaine polonaise a Toulouse (lire en p.5).
Du 26 avril au 15 juin, a la Fabrique culturelle, université de Toulouse-Le Mirail, 5, allées Antonio-Machado 05 61 50 44 62
Journée de colloque « Roman Opalka – temps, visage, infini » le 26 avril a la maison de la recherche de l'université.


©.Anrzej Walczak
« Octogone OPALKA, Atlas and Art »
Piotrkowska, Lodz,
oct-déc 2003.

AVRIL 2012 a Toulouse 45

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FOCUS La Médiatheque Grand M

La vie en Grand M

 MIRAIL La Médiatheque Grand M ouvre ses portes le 27 mars. Un équipement a l'architecture épurée, avec collections de livres et multimédia, ateliers et animations, pour le quartier comme pour la ville.
Grand M. Voila comment se nomme la petite grande derniere du réseau des bibliotheques de Toulouse, qui s'im­pose sur l'avenue de La Reynerie. Grand M comme Mirail, comme Médiatheque ou les deux. C'est le nom retenu parmi une cen­taine de propositions, apres le travail des urbanistes du collectif Bazar urbain aupres d'habitants et d'associations. Médiatheque, car la bibliotheque aux riches collections cô­toie des fonds de CD et de DVD. Elle est aussi dotée d'un auditorium, d'un atelier multimé­dia, d'écrans et d'un projet d'activités qui font vivre et découvrir les collections. « Un espace de culture et de connaissance, de véritable lien social au regard du travail mené avec les asso­ciations. Mais aussi un lieu de convivialité », ré­sume Jean-Marc Bares, conseiller municipal en charge des Bibliotheques. Cet équipement supplante deux anciennes bibliotheques de quartier, celle de Reynerie et de Bellefontaine pour s'installer a la croisée de leurs terri­toires. « Il participe au renouvellement urbain du quartier avec le centre culturel Alban-Min­ville, la Fabrique culturelle du Mirail et bientôt la Maison de l'image ».

Grand M en chiffres
Les collections : 24.000 livres, 5.000 CD et 4.000 DVD. 25 personnes. Surface de 1.400 m2 100 m2 de panneaux photovoltaiques habillent la façade sud. Cout : 6,185 millions (Mairie de Toulouse, Agence nationale pour la rénovation urbaine, Région Midi-Pyrénées, Union Européenne).

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VIVE LE DIMANCHE
Le pari est double : devenir a la fois une mé­diatheque de proximité, a l'image de celle d'Empalot (la plus fréquentée des biblio­theques), mais aussi, a 15 minutes de métro de la place du Capitole, inviter un public ex­térieur. « Dépasser l'image du quartier et les habitudes de fréquentation du centre-ville » ajoute l'élu. D'autant que les documents empruntés a Grand M peuvent etre retour­nés dans n'importe quelle bibliotheque du réseau et inversement, comme en profitent déja les 70.000 abonnés de la Bibliotheque de Toulouse*.
Ses horaires sont larges, semblables a ceux de la médiatheque José-Cabanis, avec une ouverture le dimanche. De quoi accueillir quelque 500 personnes par jour dans cette médiatheque de quartier et de ville, conçue pour que les Toulousains l'M ! 

* La Bibliotheque de Toulouse forme
un réseau comprenant 20 bibliotheques
de quartier, la médiatheque Grand M,
la médiatheque José-Cabanis,
la bibliotheque d'étude et du patrimoine
et 2 bibliobus.

Grand M
37, avenue de Reynerie métro Bellefontaine mardi-mercredi-vendredi > 10.h-13.h./.14.h-19.h jeudi > 14.h-19.h samedi > 10.h-19.h dimanche > 14.h-18.h
www.bibliotheque.toulouse.fr
http://grandm.bibliotheque.toulouse.fr
Lire le feuilleton sur Grand M
> www.toulouse.fr

AVRIL 2012 a Toulouse 47




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FOCUS La Médiatheque Grand M


Visite guidée
ORANGE ET GRIS  Des livres en son coeur et, tout autour d'un corridor vitré, des journaux, des CD, des DVD, des espaces d'activités. Bâtiment économe aux lignes sobres, Grand M compte faire rester plus que passer.

Sur l'avenue de La Reynerie, le grand parvis extérieur de Grand M devient presque une place du quartier, avec ses bancs et ses fontaines ou il fait bon papoter. Il symbolise en tout cas la jonction entre les deux quar­tiers. Devant l'entrée, un panneau numérique indique l'énergie pro­duite en temps réel et le CO2 non émis. Ici, il n'y a pas de « clim », les matériaux choisis font office d'isolant naturel (voir encadré).
Un bâtiment moderne dominé par des coloris naturels et bruts. A l'intérieur, les gris et l'orange sont a la fete. Le gris car le béton, brut, se trouve magnifié par l'architec­ture, ses lignes épurées et ses es­paces lumineux. L'orange, pour les piliers sur lesquels se découvre toute la signalétique, a base de pictogrammes clairs, et pour les sieges design prets a recevoir les premiers amateurs de cinéma. A côté de l'accueil, trois automates de prets permettent le rendu et le pret de documents, DVD et CD. Et des petits plus : le local poussette, la fontaine a eau et la machine a café. Ils en disent long sur l'envie de convivialité du lieu.
LIVRES JEUNESSE SUR ROULETTES
Deux grands espaces se dis­tinguent alors : la bibliotheque a l'intérieur, ou sont classés 24.000 livres, séparés par de larges allées. Pas de codification mystere pour s'y retrouver, mais plutôt une signalétique énergique a base de mots-clés tels que « Comprendre », « S'évader », « S'informer ».
Tout autour, de l'autre côté des cloisons de verre, s'organisent tous les plus qui conferent a Grand M son caractere de médiatheque. D'abord, la zone consacrée aux journaux et magazines, un espace CD avec vue sur le jardin zen, ro­chers et mangeoires a oiseaux. Pres de l'espace BD, celui des DVD. Trois grands écrans sont adossés au mur, avec lecteurs de DVD et acces a des chaînes câblées. Coiffé d'un casque, on peut tout vision­ner dans cet espace : des docu­mentaires, des films ou encore des compétitions sportives. Les livres jeunesse sont rangés dans des bacs montés sur roulettes, prets a se dé­placer derriere un rideau coulissant pour un moment calme, pour une heure de conte par exemple. Dans la continuité, et c'est l'une des par­ticularités de Grand M : l'atelier multimédia et ses ordinateurs en acces libre (voir interview). Enfin, a l'étage, l'auditorium intimiste côtoie les différents bureaux et es­paces de travail du personnel. 



Vert aussi…
L'environnement est pris en compte dans le projet, depuis la gestion des déchets du chantier jusqu'a la création du bâtiment basse consommation (BBC) et l'usage d'énergies renouvelables. Cela se traduit par le choix de l'éclairage (naturel au maximum, avec puits de lumieres) et de matériaux qui limitent la perte de chaleur. Le réseau de chauffage est raccordé a l'usine de valorisation des déchets du Mirail. Pour la fraîcheur de l'été, ce sera par géothermie (grâce a la nappe phréatique). Les panneaux photovoltaiques, sur 100 m2 côté sud, produisent de l'énergie quantifiée en temps réel sur le panneau numérique a l'entrée du bâtiment.

48 AVRIL 2012 a Toulouse



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Martine ITIER-CoeUR
bibliothécaire et responsable de la médiatheque Grand M

ENTRETIEN

Que trouve-t-on dans les rayons de Grand M ?
Hormis la littérature et l'espace BD, l'accent est mis sur les documentaires, les revues de vulga­risation, l'apprentissage des langues, sur les ou­vrages spécifiques a l'emploi, a la formation, a l'éducation des enfants. Nous avons essayé au maximum d'adapter les contenus aux besoins et envies de la population. Nous avons beaucoup de stock que nous ferons « tourner ». Il est aussi possible de commander les ouvrages des autres bibliotheques du réseau. Les ressources docu­mentaires adulte et jeunesse ne sont pas sépa­rées mais présentées côte a côte, pour ne pas freiner, pourquoi pas, la lecture par un adulte d'un ouvrage jeunesse sur le sujet qui l'intéresse. Pour les DVD, ce sont des films récents, sortis en salle entre 2000 et 2012, des incontournables, des films de qualité mais pas forcément étique­tés « art et essai ».
Autour des collections, de nombreuses propo­sitions. Pouvez-vous les présenter ?
Autour des collections, la médiatheque propose des services, des ateliers, des animations pour le public, avec les écoles, les associations, etc. L'ate­lier multimédia par exemple propose tout un tra­vail en auto-formation, de l'apprentissage des langues a celui du Code de la route… Il ne s'agit pas de prendre la place des associations actives du quartier mais d'etre complémentaires. L'au­ditorium de 50 places permettra d'accueillir des manifestations en lien avec le fonds : rencontres d'auteurs, lectures, conférences, projections…
Pouvez-vous présenter l'équipe ?
L'équipe de 25 personnes est composée d'une bi­bliothécaire et de cinq assistants de conservation,
chargés des acquisitions (spécialisés dans la lecture publique, la lecture jeunesse, l'image et le son et une médiatrice socioculturelle), de sept agents du patrimoine qui équipent, répa­rent, rangent et enregistrent les documents. Des étudiants viendront renforcer l'équipe pendant les week-ends et vacances.
Des agents de régulation sont chargés de la tranquillité mais aussi de l'accompagnement du public aupres des bornes automatiques de pret. Les agents d'entretien ont aussi un rôle im­portant. Nous avons réfléchi et élaboré tous en­semble un reglement intérieur. 


« Des collections selon l'envie des habitants »

DEUX MÉDIATRICES
Pour développer ses activités multimédia et devenir un véritable maillon dans le quartier, la médiatheque va développer activités et projets avec les associations en place, les structures sociales, les établissements scolaires. C'est le rôle de Maria Martinez Camacho, médiatrice socioculturelle. Son objectif ? Faire venir le public a la médiatheque mais aussi la faire rayonner hors de ses murs. Elle est le trait d'union entre l'équipement et les usagers, fait sortir les ouvrages, impulse des projets. Bénédicte Penhoat est la médiatrice numérique de Grand M et accompagne les usagers sur les supports multimédias et les ordinateurs mis a disposition.

AVRIL 2012 a Toulouse 49

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BRIC A BRAC

A l'honneur
EXPORTATIONS. Au rang des groupes de musique du monde qui font rayonner la ville, deux bonnes nouvelles. Electro Bamako (musique afro-punk-électro, de New York au Mali), épaulé par le développeur Ma Case, est programmé au festival Babel Med a Marseille le 30 mars. Le quatuor de la Seconde Méthode est sélectionné pour représenter la région Midi-Pyrénées aux Découvertes du Printemps de Bourges en avril (lire l'interview page 57).
DEUX CHEVALIERS ! Belle promotion que celle des Cheva­liers de l'ordre des Arts et des lettres de janvier 2012. Hervé Bordier et Pierre Rigal ont été nommés a ce grade par le mi­nistere de la Culture et de la Communication. Le premier est directeur du festival Rio Loco, également en charge des musiques actuelles pour la Ville et son joli parcours a tou­jours été guidé par sa passion de la musique. Le second est choré­graphe et directeur artistique de la compagnie Derniere Minute, l'un des fers de lance de la danse contemporaine qu'il représente dans le monde entier. « Je me ré­jouis d'avoir parmi nous deux acteurs culturels de talent qui par­ticipent, par leur contribution et la qualité de leur travail, au rayonne­ment de notre ville en France et dans le monde » déclare Pierre Cohen, député-maire.
AUX VICTOIRES DE LA MU­SIQUE CLASSIQUE qui se sont déroulées le 20 février, c'est le pianniste toulousain Bertrand Chamayou qui a remporté son 3e trophée ( meilleur enregistrement de l'année). Deux autres jeunes artistes figuraient parmi les nominés. Ju­lien Véronese, chanteur baryton-basse issu du Conserva­toire a rayonnement régional de Toulouse, nominé dans la catégorie « Révélation artistique lyrique de l'année 2012 », lauréat en 2007 du prix Sacem et du prix Centre d'études supérieures Musique et Danse (CESMD) au Concours de mélodie française de Toulouse. Le pianiste Adam Laloum, également issu du Conservatoire a rayonnement régional de Toulouse, était nominé dans la catégorie « Révélation soliste instrumental ».

Les lauréats de
« Toulouse in Bikini »
Suite a l'appel a projets lancé par la Ville pour l'opération « Toulouse in Bikini 2012 », neuf can­didatures ont été déposées en novembre 2011. Cinq d'entre elles ont retenu l'attention de la commission chargée de la sélection : Klakson, Jerkov, La Petite, Les productions du vendredi et Freddy Mo­rezon Production, Un pavé dans le jazz. Ces associations re­cevront une aide de 6.000 euros en 2012 apres signature d'une convention avec la Ville, pour l'organisation d'un concert, avec des groupes locaux et a prix modique.

www.toulouse.fr
L'appel a auteurs ManifestO !
Pour sa 10e édition, le festival d'images ManifestO (du 15 septembre au 7 octobre 2012) lance un appel a auteurs ouvert a tout photographe (professionnel ou amateur). Un jury professionnel choisira les projets en fonction de leur cohérence et de leur qualité. Pour cette année exception­nelle, le festival exposera les dix lauréats sélectionnés avec dix photographes prestigieux.

Date limite d'envoi des dossiers : 31 mars 2012
Festival ManifestO - 8, rue Gutenberg - 31.200 Toulouse
www.festival-manifesto.org

CD
J'aime tout le monde.
Yvan Cujious
Apres Tout le monde m'aime, voici le second album J'aime tout le monde, sorti le 19 mars, dont il s'est semble-t-il amusé a copier-coller les mots. C'est le petit dernier d'Yvan Cujious, multi instrumentiste amoureux des mots, mais aussi présentateur et animateur a la tchatche reconnaissable et l'humour certain. Avec pres de 100 concerts a son actif, dont des premieres parties d'Yves Jamait, le voila pret a repartir avec ses chansons sous le coude, fidele a sa marque de fabrique : des titres légers, enthousiastes, poétiques et décomplexés, qui évoquent l'amour naif, le quotidien, la tendresse, ou encore les scenes de ménage.
Art Mengo, Magyd Cherfiet Antoine Sahler s'invitent aussi dans cet album, présenté au Bijou les 4, 5 et 6 avril.
Passerelle Productions./.Universal Music Publishing.
www.yvan.fr

©.Sylvain Gripoix
Pierre Rigal, dont le spectacle Asphalte est a voir les 3 et 4 mai a Odyssud - Blagnac
Bertrand Chamayou
©.Richard Dumas


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Beaux-Arts, nouveau statut, directeur et site web !

Les travaux des éleves des Beaux-Arts, a découvrir en ligne.

Une nouvelle ere s'ouvre pour l'école supérieure des Beaux-Arts de Toulouse. Yves Robert a pris ses fonctions a la tete de l'établissement le 1er février. Il arrive de la Villa d'Arson, école supérieure d'art et centre d'art contempo­rain de Nice. Il a aussi dirigé l'école d'arts appliqués de Lyon et celle des Beaux-Arts de Valence et assuré divers commissariats d'expositions a l'étranger. Il succede a Mi­chel Métayer, en poste depuis 2000, auquel Vincentella de Comarmond, adjointe au maire en charge de la Culture et présidente de l'établissement a rendu hommage pour « ses réflexions stimulantes sur les questions de transmis­sion, et sa création d'un vrai projet d'école ». De régie muni­cipale, l'école des Beaux-Arts est passée en Établissement public de coopération culturelle (EPCC), un établisse­ment public de l'enseignement supérieur créé par la Ville de Toulouse et la communauté urbaine du Grand Tou­louse comprenant deux départements : celui de l'école des Beaux-Arts et celui du spectacle vivant. Autre nouveauté, le nouveau site web de l'école. Confié au studio oficeabc, ce portail web dynamique et atypique, pensé comme un papyrus géant, répond a deux préoccupations : présenter les travaux des éleves (a travers des diaporamas d'images et des vidéos) et leur offrir une plateforme d'échange. Ses menus fonctionnent comme des post-it, que l'on peut aménager a sa guise. www.isdat.eu

Télé buissonniere
Toulouse Buissonniere, le magazine de la culture et des arts de la Ville de Toulouse est une émission de télé men­suelle diffusée sur TLT et sur le web. Sur une péniche ou depuis le château de Reynerie, elle convie les ac­teurs culturels a parler de l'actualité du mois, (festivals, concerts, événements).
Prochaine émission a découvrir sur le site www.toulouse.fr a partir du 26 mars.

Le Grenier Théâtre, peau neuve et salle comble !
Les habitués de ce petit théâtre du quartier Gramont, n'ont pas pu passer a côté de ses nouveaux atours. Entierement rénové, de la cave au plafond, le voici désormais doté d'un espace d'accueil réaménagé, avec un guichet et un bar, d'une salle climatisée et d'un beau rideau de scene rouge en velours dans la tradition du théâtre a l'italienne. Un important travail de mise aux normes de sécurité a été réalisé, ainsi que d'accessibilité aux personnes handica­pées. Les professionnels, eux aussi, ont été gâtés : outre le bureau administratif, la rénovation a touché la régie et les loges avec notamment la mise en place de loges « préci­pitées », situées en bord de scene, pour les changements rapides de costume. Ce nouveau look, c'est la vitrine du renouveau artistique que l'on constate au théâtre cette saison. Instauration d'une programmation annuelle, création d'un festival de compagnies amateurs qui se tiendra cet été, la salle ne désemplit pas, recevant indif­féremment des compagnies professionnelles, semi-pro­fessionnelles ou amateurs. Bref, cette année, un grand courant d'air frais traverse le Grenier.
Grenier Théâtre - 14, impasse de Gramont
05 61 48 21 00 - www.greniertheatre.org


Livre
L'Étoile de Natan
Sophie Séronie-Vivien
Le 3 décembre 2010, au volant de sa voiture, Sophie Séronie-Vivien, pharmacienne biologiste, trouve l'idée de ce qui sera le propos de son premier roman. Quelques mois plus tard, voila écrit L'Étoile de Natan. Antoine, le personnage principal, est un adolescent de 13 ans chez qui l'on diagnostique une leucémie. Adieu les copains, le foot, le college… Accompagné par ses parents et ses deux soeurs, il puisera la force pour s'en sortir dans l'amour et l'amitié qui le lient a ses proches. Chacune des nuits passées a l'hôpital le plonge, en reve, dans un univers fantastique et héroique ou lui et les siens jouent les premiers rôles dans une guerre des étoiles qui symbolise sa maladie… Une fois l'écriture terminée, il faut a Sophie Séronie-Vivien s'attaquer aux maisons d'édition. Face a la frilosité de celles-ci, l'auteur fait le pari de l'auto-édition. Grâce a un site internet, elle réalise la mise en page et commande ses exemplaires qu'elle portera elle-meme aux libraires. C'est a ce moment que l'idée lui vient de reverser intégralement les bénéfices tirés des ventes a une association, la Fédération Enfant et Santé, qui collecte des fonds pour la recherche scientifique, notamment contre le cancer. Si son petit héros est bien remis, Sophie Séronie-Vivien, elle, ne se sauvera pas du virus de l'écriture. Alors que l'Étoile de Natan démarre une nouvelle vie sous la coupe d'un éditeur professionnel, le deuxieme roman de la jeune femme plongera dans les mythes et légendes des Pyrénées.
Rencontre de l'écrivain et dédicace le 31 mars, de 11.h a 18.h, a la librairie Ombres Blanches. www.étoiledenatan.fr

AVRIL 2012 a Toulouse 51

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FACE SHOOT

Qui est ce mystérieux
G. Bistaki ?
« C'est un personnage mythique un peu étrange, il émaille l'Histoire comme notre propre recherche. Georges Bistaki est avant tout un contestataire, parfois révolutionnaire, qui s'assume. C'est cet engagement qui nous intéresse. Il est la représentation idéale d'un mode de pensée ou de faire. D'ailleurs, son nom est une contraction de Brassens et de Moustaki, deux contestataires incontournables. On prétend d'ailleurs que G. Bistaki leur aurait soufflé quelques chansons et qu'il aurait suggéré quelques-unes de ses theses a Karl Marx » explique tres sérieusement le collectif éponyme.

Collectif inclassable
Florent Bergal, Sylvain Cousin, Nicanor de Elia,
Jive Faury et François Juliot se sont rencontrés au Lido, l'école des arts du cirque toulousaine. Apres la formation professionnelle, chacun a tracé sa route, multipliant les projets alors que leurs chemins se croisaient régulierement. « On s'est retrouvés en 2006, pour s'offrir une récréation artistique et se donner le temps de l'expérimentation » explique Sylvain Cousin. C'est le début d'une lente recherche a partir de la matiere, ponctuée par deux résidences a l'Usine de Tournefeuille. Et apres deux ans, voici Cooperatzia. Présentée comme du cirque chorégraphique d'investigation, la création de laboratoire est indéfinissable. Pari réussi pour Florent Bergal :
« C'est la premiere fois que j'assume tout ce qui se passe sur scene… Meme si ça ressemble parfois a un bras d'honneur chorégraphique ! »

Virginité artistique
Ni tout a fait du cirque, ni uniquement de la danse, Cooperatzia se place volontairement a la croisée
des arts. Circassiens complets, les Bistaki revendiquent ces rencontres pluridisciplinaires, cette « contamination des différentes techniques qui se donnent du sens mutuellement ». Il en résulte un univers singulier
de jonglerie tres chorégraphiée ou le corps et le mouvement ont une place de choix. Ou la tuile canal est costume, décor, élément d'architecture, caniche, contrebasse, cheval de course… Ce spectacle déambulatoire a l'énergie surréaliste mélange poésie et provocation, tout en assumant, comme le dit Florent Bergal, « une virginité artistique ». Cooperatzia, en référence au bateau affrété par Staline pour les olympiades du théâtre ouvrier, manifeste aussi la curiosité fascinée pour l'Europe de l'Est et le totalitarisme.

Cooperatzia
La ZAT - Montpellier du 7 au 9 avril
www.bistaki.com

52 AVRIL 2012 a Toulouse

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Page 53

De l'utilité de la tuile

 COLLECTIF G.BISTAKI  Ils sont comédiens par nature, danseurs de fait, jongleurs devant l'Éternel, mais surtout irrémédiablement déjantés. Formé au Lido, le quintet du collectif frondeur G. Bistaki fonde son travail sur la déclinaison totale de l'utilisation de l'objet. Sa premiere création, Cooperatzia, est un spec­tacle pour tuiles canal, sacs a main et cinq danseurs-manipulateurs d'objet. Avec lui, ils investissent les scenes de rue comme Aurillac et Ramonville l'été der­nier, avant une tournée en Amérique du Sud en 2012.

Un laboratoire permanent
Considérant que « l'art est une virtuosité de la névrose », le collectif génere une ébullition permanente. Chaque instant, meme le plus trivial, suscite l'expérimentation la plus loufoque. Les premieres bases du spectacle ont ainsi été posées en jouant dans la grande surface de bricolage ou ils cherchaient les matériaux de leur investigation : « On a sincerement bloqué sur la tuile. Elle pouvait servir de costume, de décor, ou devenir un chien… Et meme aujourd'hui, on n'en a pas encore fait le tour ! »
Photo : Jean-Pierre Estournet

AVRIL 2012 a Toulouse 53

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L'ENVERS DU DÉCOR



Le fascinant voyage des oeuvres
photos Jean-Jacques Ader
Oeuvre en déballage
venue du musée
archéologique de Séville.

 MUSÉE SAINT-RAYMOND  Avec ses 35.000 oeuvres en réserve, la col­lection du MSR ne cesse de s'enrichir. Des coulisses aux expositions, comment s'effectue le choix des oeuvres ? D'ou viennent-elles ? Comment sont-elles transportées, assurées, conservées puis accrochées ? Reportage.

Un mercredi par moins cinq degrés. Devant la grille du musée Saint-Raymond, un petit groupe de visiteurs attend l'ouverture du musée des An­tiques sous un soleil glacial, impatient de découvrir l'ex­position L'image et le pouvoir. Le siecle des Antonins qui met en valeur une série de bustes et de monnaies de la collection toulousaine et de grands musées européens comme ceux du Capitole de Rome. Mais derriere la beauté des oeuvres, le public soupçonne-t-il le travail et l'habi­leté qu'a du déployer le musée pour réunir ces pieces ex­

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ceptionnelles ? « Entre la premiere réflexion sur la liste des oeuvres, leur localisation, leur convoiement et l'accro­chage, pres de trois ans ont été nécessaires » explique Pas­cal Capus, assistant de conservation et commissaire de l'exposition. A chaque projet, les memes démarches de formulation de demandes de pret, d'envoi du « facility re­port » (qui détaille toutes les conditions de sécurité mais aussi climatiques et d'éclairage du musée), de lancement d'appel d'offres pour le transport… Parfois, le musée doit faire montre de diplomatie pour obtenir certaines pieces. « Pour cette exposition, j'ai bataillé pour une oeuvre conser­vée a Séville et solliciter l'aide d'un collegue catalan pour les rassurer » poursuit Pascal Capus. Les raisons d'un refus sont ainsi multiples : la fragilité de l'oeuvre ou son impor­tance dans la collection du musée. « Je n'ai aucun scru­pule a preter des oeuvres pour de longues durées si cela ne pénalise pas notre public explique la directrice-conserva­trice Evelyne Ugaglia. Mais je peux aussi refuser. Les gants de Saint-Rémi sont aujourd'hui interdits de pret car trop fragiles ». Ales, Milan, Bordeaux, Stuttgart… En ce début 2012, de nombreuses pieces de la collection sont en dé­placement, pretées pour des expositions temporaires. Une façon de faire rayonner le musée et d'asseoir un peu plus sa notoriété. Les échanges entre établissements sont ainsi devenus une pratique courante. « Nous sommes dans un systeme de réciprocité. Quand le Louvre nous prete des pieces, il est bien évident que nous ferons de meme en re­tour », poursuit Evelyne Ugaglia.
Investigations - Dans les stocks du musée, pieces emballées avant le choix des oeuvres qui seront destinées a l'exposition.
VOYAGE BLINDÉ
Une fois le feu vert donné, comment se déroule le voyage des oeuvres ? Suivons la procédure. Des transporteurs agréés, spécialisés dans l'emballage des oeuvres d'art, sont sollicités par le biais d'appel d'offres. Un technicien se rend alors dans chaque musée preteur afin de mesu­rer les pieces pour confectionner des caisses. Cela va de la simple caisse en bois et mousse a la caisse climatisée ou isotherme. La déclinaison est sans fin. Avant le pret, l'état de l'oeuvre est examiné. Un bichonnage (une pe­tite restauration) ou un soclage sont parfois nécessaires, souvent aux frais de l'établissement emprunteur. Quant au contrat d'assurance, il est souscrit de « clou a clou », du décrochage de l'oeuvre jusqu'a son retour au bercail. Dans la plupart des cas, le voyage s'effectue en camion blindé et banalisé, conduit par deux chauffeurs et accom­pagné d'un convoyeur qui représente le preteur. Plus le voyage est long, plus le danger est élevé. « Chaque fois qu'une oeuvre sort du musée, il existe un risque que nous assumons » précise Evelyne Ugaglia. Parfois des escortes policieres sont exigées. « Cela est arrivé en 1995 pour l'ex­position Le Regard de Rome. Avec la recrudescence des at­tentats, l'Espagne avait demandé un dispositif tres spécial. Mais moins on attire l'oeil, mieux c'est ». Une fois les caisses arrivées a destination, elles sont laissées au repos. A leur ouverture, un constat d'état est mené. Munis de gants, le régisseur et les manutentionnaires sortent alors avec pré­caution les oeuvres des caisses et des réserves. L'accro­chage peut enfin commencer.

Manipulation - « Rapprochement » des morceaux d'oeuvres pour faire coincider les pieces, dont certaines sont de provenance inconnue.


Saint-Raymond en chiffres
> 6 sites et monuments sous la responsabilité du MSR (le musée, la basilique romane Saint-Sernin, la crypte archéologique paléochrétienne de Saint-Pierre-des-Cuisines, l'amphithéâtre romain et la piscine romaine du quartier Purpan-Ancely, les éléments du rempart romain conservés place de Bologne).
> 35.000 oeuvres en réserve dont 492 vases grecs et italiotes, 11.000 pieces de monnaie…
> 3.% des oeuvres exposées et 97.% en réserve
> seconde collection de bustes en France, apres le musée du Louvre
> 60 personnes travaillant au musée
> 60.000 visiteurs en moyenne par an, dont 15.000 scolaires.

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L'ENVERS DU DÉCOR

Brut de fouilles !
Parce que le rôle du musée est d'etre au coeur de la recherche scientifique, le MSR présente ce printemps les découvertes menées d'octobre 2009 a juillet 2011 sur le site de la ZAC Niel (ancienne caserne Niel). Sans attendre la fin du travail d'analyse des archéologues, l'exposition livre en 275 oeuvres les premiers résultats de cette étude et dévoile notamment les racines gauloises de Toulouse.
« Toulouse - Niel : brut de fouilles ! », du 12 mai au 11 novembre 2012

TRAÇABILITÉ
Si aujourd'hui une part significative de l'activité du mu­sée Saint-Raymond est liée a la mise en place d'exposi­tions temporaires, son rôle est avant tout de conserver, d'étudier, d'exposer et de faire connaître au public les oeuvres de sa collection. Une collection qui, au fil des siecles, s'est enrichie au gré des fouilles, des legs, des dé­pôts et autres achats. Dernier exemple en date, Le Jupi­ter a l'aigle, acheté en décembre 2011, lors d'une vente aux encheres publiques réalisée a New York par Sothe­by's. « Chaque acquisition est particuliere. On vient nous voir régulierement pour nous montrer des pieces. Der­nierement, un agriculteur nous a proposé des monnaies découvertes dans son champ. Nous avons mené notre en­quete et découvert que ce terrain avait déja été fouillé au XIXe siecle, ce qui nous a rassuré », précise Pascal Ca­pus. Car en archéologie se pose la question de la traça­bilité des oeuvres. Aucun objet ne doit ainsi etre acquis si le musée n'est pas certain de l'existence d'un titre de propriété en regle. Avant qu'une oeuvre n'integre la col­lection, il faut demander l'autorisation préalable de la Commission scientifique régionale d'acquisition. Une fois achetée, elle rejoindra peut-etre les salles d'exposi­tion permanente ou les réserves, mises en place en 1994, lors de la rénovation du musée. Mais attention, « il n'est pas question d'accumuler des oeuvres sans lien entre elles, conclut Evelyne Ugaglia. Nous cherchons a développer les points forts du musée. L'exigence et la cohérence sont la regle absolue ». 

Soclage - Atelier de rénovation du musée. Les opérations de soclage des oeuvres destinées a etre exposées démarrent.

Positionnement - Les oeuvres sont délicatement sorties de leur protection, leur mise en place démarre.

Contre-allées
De février a novembre 2011, le photographe Jean-Jacques Ader a suivi la genese et le montage de l'exposition L'image et le pouvoir. Déballage, soclage, réserves… Il livre un travail artistique et graphique en noir et blanc. Son regard décalé a naturellement donné son nom au portfolio qui réunit son travail, Contre-Allées, que l'on trouve a la boutique du musée Saint-Raymond, et dont un aperçu est visible dans ces pages.

Déballage - oeuvre au « repos » dans l'attente de l'installation
sur son support.

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TETE-A-TETE
ENTRETIEN

« Une musique plus physique qu'intellectuelle »

LA SECONDE MÉTHODE  Emmené par Aba­kar Adam Abaye, son chanteur-conteur d'origine tchadienne, ce quartet (Antoine Dubost, Nicolas Lafourest et Pascal Renouard) métisse le rock et des influences jazz qu'il tisse a la tradition orale africaine pour un son atypique. En avril, il sera l'unique représentant de la région Midi-Pyrénées aux incontournables Découvertes du Printemps de Bourges. Rencontre.

Photo Eric Legret

Comment est née la Seconde Méthode ?
Antoine Dubost. On s'est rencontrés il y a 3 ans sur la scene du Petit London. Nicolas était venu jouer Foret, son pro­jet solo ; et Abaye et Pascal leur concert-conte-rock Sans Mentir.
Abakar Adam Abaye. Apres avoir longtemps cherché la confrontation avec différents styles, j'ai voulu former un groupe. J'en ai d'abord discuté avec Nicolas puis avec Antoine. Quand a Pascal, nous avions déja travaillé en­semble. A partir de la, on s'est réunis et la chose a suivi son cours naturellement.
Et comment se crée votre musique ?
A.A.A. C'est en meme temps un croisement entre des hommes et une matiere musicale. On se retrouve parce qu'on a envie de faire quelque chose, on le fait et on est content.
Nicolas Lafourest. Notre identité se base surtout sur nos singularités respectives. Chacun a des influences mu­sicales différentes. Pour composer, nous partons d'un theme qu'Abaye joue sur le goni, un instrument tradi­tionnel, puis Antoine le transpose a la basse. A partir de cette matiere-la, du riff obtenu, nous improvisons pour développer un morceau. C'est une musique plus physique qu'intellectuelle.

Peut-on parler d'influences traditionnelles ?
A.A.A. Bien sur ! Je suis conteur a la base, et ce sont des choses que je jouais a travers l'Afrique et l'Europe avec mes instruments traditionnels. Meme s'il y a d'autres influences, la base rythmique ne bouge pas. Elle roule comme le TGV ! Sur l'album, je chante en trois langues : française, arabe et kanembou. Je parle beaucoup de la femme et de sa beauté, mais j'aborde aussi des themes comme la guerre, la rencontre ou la conversation. Car c'est ce qui nous définit. Si il n'y avait pas eu causette, nous n'en serions pas la.
Que représente cette sélection pour vous ?
A.D. Bourges, c'est surtout une opportunité pour se faire connaître, une vitrine. C'est un peu la foire internationale.
N.L. Je suis d'autant plus satisfait que la musique que nous proposons ne correspond pas forcément a l'identité du festival.
A.A.A. Moi je suis tres fier de représenter Toulouse ou je vis depuis une dizaine d'années. Je suis confiant car l'avenir se trace devant nous. D'abord quelques concerts et ensuite nous voulons enregistrer un disque. 


www.myspace.com/lasecondemethode

Découvertes : la méthode Bourges
La Seconde Méthode a été sélectionné par le jury du Printemps de Bourges, suite a la finale organisée par le relais local, l'association Avant-Mardi, en décembre au Bolegason de Castres. Elle regroupait les huit finalistes de la région, eux-memes sélectionnés sur écoute par un jury de professionnels parmi 209 candidatures. Apres Dyaoulé Pemba, découverte 2008, c'est la musique du monde made in Toulouse qui revient a Bourges, plus habituée a la scene rock. Le rendez-vous du printemps reste un incontournable tremplin, qui a vu s'envoler quelques belles découvertes midi-pyrénéennes : Juliette, Éric Lareine et Bernardo Sandoval (avant 1990), puis Zebda (1990), Spook & the Guay (1995), Punish Yourself (1998), Psykup,(2001) jusqu'a Cats on trees (2010) et Yaa (2011).

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PATRIMOINE
Toulouse glaciaire, Toulouse tropicale

 PRÉHISTOIRE  Des rhinocéros sans corne de la fin de l'oligocene aux rennes et aux mammouths de la derniere glaciation, le site de la future Toulouse a vu passer toutes sortes de betes et de climats.
Le paysage toulousain il y a 25 millions d'années : les vastes marais tropicaux d'un delta côtier ou paissent de gros mammiferes « hippopotamoides ». Au loin, les Pyrénées sont déja la.
L'hiver 2002-2003, en creu­sant un puits pour le tunnel de la ligne B a Bor­derouge, les ouvriers sont tombés sur de drôles d'os : les chercheurs, alertés de suite, ont eu le temps de fouiller et de récupérer, a seu­lement 14 metres de profondeur, l'omoplate d'un diaceratherium. Dans « diaceratherium », on re­trouve le « cer » (de « keras », corne en grec) de « rhino-cér-os » dont il est l'un des possibles ancetres. Mais de corne, le diaceratherium n'en avait pas, c'était un « gros rhi­nocéros d'allure hippopotamoide, au corps en barrique et aux pattes courtes et épaisses » qui pateau­geait « au bord de cours d'eau de faible énergie » dans l'Eu­rope occidentale d'alors ou, a la fin de l'oligo­cene et au début du miocene, c'est a dire il y a environ 25 millions d'années, régnait un climat chaud et humide comparable a celui de la Malai­sie actuelle. Pas d'homme encore, ni de Toulouse, ni meme de Ga­ronne mais une vaste zone basse et marécageuse, une sorte de delta du Gange avec des bras dans tous les sens entre Massif central et Pyrénées (toutes jeunes et pro­prettes depuis leur apparition une petite vingtaine de millions d'an­nées plus tôt) au bord d'un grand golfe aquitain commençant au niveau d'Auch. Notre diacerathe­rium n'était pas seul dans ce vaste zoo tropical qu'était alors le marais toulousain : autour de lui, dans les memes couches peu profondes (entre 7 et 25 metres), les cher­cheurs ont retrouvé une mandibule de mesaceratherium (rhinoceros lui aussi sans corne mais a l'allure plus bovine), des dents d'issiodo­romys (mulot a longues pattes arriere), peut-etre une écaille de diplocynodon (petit alligator), un bout de cheville de chalicothere (surnommé « cheval-gorille ») et meme une belle carapace de tortue de 40 cm de long !
MAIS LE CLIMAT toulousain n'a pas toujours été chaud et pénible : il y a 30.000 ans, l'air est nettement plus frais, nous sommes presque au maximum de la derniere glaciation. Les glaciers descendent jusqu'a Foix et Montréjeau, la Garonne (enfin, elle est la, les molasses de

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la Gascogne, en descendant lente­ment des Pyrénées, l'ont peu a peu fait dévier jusque chez nous) est un large fleuve a moitié gelé l'hiver sur lequel passent des troupeaux de rennes et au bord de laquelle on aperçoit parfois la silhouette d'un mammouth sorti d'une foret de bouleaux. Sur les coteaux de Pech David, couverts de chenes dans les vallons abrités et de sapins ail­leurs, peut-etre un campement de néandertaliens a l'abri du froid tan­dis qu'un guetteur veille et inspecte la plaine a ses pieds. C'est qu'il faut se tenir au courant : on est en pleine révolution technologique et cultu­relle. Les bronzés malingres venus d'Orient (nos ancetres cro-ma­gnon) perturbent les vieilles ha­bitudes. On les croise toutes les semaines avec leurs drôles de vi­sages lisses et plats, on échange cérémonieusement des outils, des bijoux, des peaux, on reste discret sur les endroits giboyeux, on flirte un peu et tout évolue soudain a toute vitesse : grandes lames de silex ouvragées, pointes de sagaie a base fendue, étranges « figu­rines », « signes », ou cela va-t-il nous mener ?

A lire :
« Vertébrés de l'Oligocene terminal et du Miocene basal du métro de Toulouse », P.-A. Antoine, F. Duranthon, S. Hervet et G. Fleury, Elsevier 2006.
« Métropolis, transport souterrain et archéologie urbaine a Toulouse », Tisséo-SMTC 2007.

Texte : Jean de Saint Blanquat.
Illustrations : Richard Mahoudeaux.
Merci a Francis Duranthon et au Muséum de Toulouse pour leur aide.

Vue de la Toulouse glaciaire du haut des coteaux de Pech-David. Le lit de la Garonne est plus large (il s'étend sur tout le futur quartier Saint-Cyprien) mais des gués permettent sans doute déja d'en faire un site important de passage et d'échanges.
Lit de la Garonnne et emprise du centre-ville de Toulouse aujourd'hui.
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+ QUE CULTURE
Homme-machine, l'hybridation en question

EMPREINTES NUMÉRIQUES  Plus qu'un festival, l'événement au­tour des arts électroniques (du 25 au 28 avril) est un moment de ren­contre, de découverte et de réflexion que propose l'équipe du centre culturel Bellegarde.

Du minotaure, un des etres hybrides des mythologies antiques, au cyborg, cet homme amélioré par la machine, présent dans la science-fiction de­puis les années soixante, l'hybrida­tion a toujours fasciné les créateurs. Cette culture du mix, aujourd'hui tres présente dans toutes les formes artistiques, se trouve au coeur de la sixieme édition des Empreintes nu­mériques. Depuis 2007, cet « événe­ment autour de l'art numérique, des spectacles vivants qui emploient des techniques numériques » comme le définit Pierre Sauvage, directeur du centre culturel Bellegarde, dé­passe la simple programmation en ajoutant une dimension qui inter­roge. La vitrine du travail mené sur l'année par l'atelier multimédia du centre, ouvert en 2006, proposant une riche palette d'activités multi­médias, des apprentissages les plus fondamentaux a la pratique plus avancée des outils numériques.
NUMÉRIQUE ET SOCIÉTÉ
Pour faire le point sur la création, les six animateurs planchent sur une thématique. Un choix dans l'air du temps et qui colle a des problé­matiques sociales et économiques, comme la société de surveillance avec Panopti.com en 2010. Qu'est-ce que l'hybridation aujourd'hui ? Quelles formes pourra-t-elle prendre demain ? Voila pour le menu de cette année 2012. Elle questionne l'homme-machine, la chair digitale, nous interroge sur notre besoin de connexion per­manent, nos extensions artifi­cielles omniprésentes, depuis le smartphone qui ne nous quitte plus jusqu'aux moteurs de recherche que nous sollicitons si facilement pour trouver une information.
Avec les années, les propositions se font plus nombreuses et inter­nationales. « L'appel a projets lancé chaque année est orienté, explique Marcos Riesco, le programma­teur. Nous cherchons des proposi­tions qui portent un minimum de réflexion sur la place du numérique dans notre société. La thématique du corps est assez présente dans l'art et pour cette édition, nous voulions des propositions qui mélangent lo­giciel et langage particulier pour un résultat jamais vu. »
A côté des performances et des concerts de musique électro, les spectateurs pourront décou­vrir les créations d'artistes en résidence, des expositions ou technologie et nature seront étroi­tement liées, ou encore partici­per a des conférences. C'est le cas par exemple avec Thierry Crou­zet, blogueur et auteur de la Stra­tégie du cyborg, pour qui l'homme est un noeud d'un réseau social. Et si « Bellegarde » est le coeur de ces rencontres, d'autres lieux maillent Toulouse de cette culture électro­nique, tels le théâtre des Mazades ou le Goethe Institut. 


Coups de coeur électroniques
Exposition du 25 avril au 12 mai - Influences
Anais met den Ancxt et Grégory Lasserre. oeuvres de Scénocosme. De l'eau sensitive aux pierres qui chantent, des oeuvres qui melent la nature au numérique…
Performance VJay. Histoire d'un etre hybride de Margot Lançon, le 27 avril.
Vainqueur de la battle Vj de la Novela 2011, l'artiste présente une création autour de la production vidéo-animation 2D/3D.
Contact - HP Process
Résidence et workshop pendant la semaine, un échange en temps réel de flux textuels, visuels et sonores pour un dialogue poétique.
Empreintes numériques, du 25 au 28 avril
Centre culturel Bellegarde - 17, rue Bellegarde
05 62 27 44 88 - http://empreintes.toulouse.fr

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SORTIR, BOUGER, REVER
+ d'infos
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agenda

Miss Tic
Exposition
Depuis plus de trente ans, l'insolente artiste plasticienne et poétesse Miss Tic inscrit sa griffe provocante dans le paysage urbain. Elle est sans aucun doute l'une des figures les plus emblématiques de l'art urbain des le milieu des années 1980 avec sa signature a la technique du pochoir. Un art qui ne se limite pas a la rue mais se déploie sur de multiples supports. Son but est d'interpeller le spectateur, étonner, surprendre, déranger, irriter, en somme provoquer une réaction et « donner a penser ».
Jusqu'au 29 avril - Médiatheque José-Cabanis

Ni oui ni non : les jeunes aux commandes
Piece de théâtre et opéra
Monter une piece de théâtre et un mini-opéra des années 30 avec pour seuls interpretes des adolescents amateurs ? Si ce projet peut sembler farfelu au premier abord, le théâtre du Capitole et le théâtre Jules-Julien, co-organisateurs de l'événement, savent ou ils s'aventurent. Avec un casting réparti sur une trentaine de colleges et lycées, ils se sont donné les moyens de dégoter des interpretes de premier choix. Le secret ? « Accorder autant d'importance aux parametres humains et culturels, qu'aux criteres purement artistiques, explique Valérie Mazarguil, responsable de l'action éducative au théâtre du Capitole. D'ailleurs, l'apprentissage de cet art amenera beaucoup de ces jeunes a mieux se construire en les incitant a piocher dans des ressources qu'ils ne soupçonnaient meme pas ». Car le parcours est semé d'embuches. « La premiere étape a été de fournir des outils a tous ces jeunes, lance Max Henry, le metteur en scene, avant de leur apprendre a mieux s'en détourner ». Pas si facile la vie d'artiste ! Comme aime le rappeler Valérie Mazarguil, « ici on n'est pas a la Star Ac', le chemin parcouru compte plus que le résultat ».
Celui qui dit oui et Celui qui dit non - Du 2 au 5 mai au théâtre Jules-Julien
Infos : 05 61 25 79 92 - et http://sorano-julesjulien.toulouse.fr
Répétition au
théâtre Jules-Julien.

Jusqu'au 31 mars
Vincent Fortemps
Installation
Création a Toulouse, coproduction théâtre Garonne Installation comprenant des dessins sur verre, des sculptures, du son, des performances, nées de la rencontre avec le maître verrier toulousain
Jean-Dominique Fleury
Théâtre Garonne

Jusqu'au 31 mars
You need a coach my friend
Théâtre
Écrit par Anne Lefevre Énergie, dérision tendresse et poésie
Théâtre Le Vent des Signes
Jusqu'au 22 avril
Fieldwork
Photographies
La photographe finlandaise Sanna Kannisto capte la faune et flore en milieu artificiel. Elle applique dans son travail artistique des méthodes proches des sciences naturelles et des pratiques anthropologiques et archéologiques.
Le Château d'Eau
Jusqu'au 3 juillet 2013
Explorez Mars
Sciences
Nouvelle exposition permettant de mieux comprendre la formidable aventure qui se déroule en ce moment, a quelques mois de voyage spatial de la Terre.
Cité de l'espace
20/03
Du 23 mars au 1er avril
Cinélatino
Cinéma
Les Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse se muent, pour leur 24e édition, en Cinélatino. Rien ne change quant a la vocation de ce rendez-vous, qui oeuvre toute l'année a la découverte et au soutien de talents latino-américains au regard singulier. Cette édition le fait a travers 200 films projetés en région, trois compétitions, mais aussi son panorama et ses cycles thématiques.
Dans toute la ville et en région
www.cinelatino.com.fr
25/03
29 et 30 mars a 20.h
Gabriel Fauré,
le grain de la voix
Chant
Compagnie A Bout de souffle, ensemble vocal et instrumental
Théâtre Jules-Julien
29-31 mars
Le Printemps des étudiants
Concerts
- Le 29 mars a la Dynamo : La Rumeur, Bim Bam Prod & Bastard Prod
- Le 30 mars, cour de la Manufacture des Tabacs : soirée Cabaret, Théâtre d'improvisation, Danse, Cirque, Jongle, Mime, Slam
- Le 31 mars au Cap - université Paul-Sabatier : Dj Destop, Soul Square, Da Krew Lab, Dilemn feat Youthstar / Ligone & Vj Zero
29- 31 mars a 20.h
et 31 mars et 1er avril a 15.h
Le temps du désir
Ballet

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SORTIR, BOUGER, REVER

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Deux spectacles composent ce programme, auquel participe le Ballet du Capitole :
Spazio-Tempo,
de Jacopo Godani
Théâtre du Capitole
30 mars a 21.h
Le syndrome de l'exilé
Danse
Compagnie Les associées Crew
Dans le cadre du Festival international CDC (C'est de la danse contemporaine)
Babacar Cissé « Bouba »
Sénégal / France
Centre culturel
Alban-Minville
31 mars a 21.h
Soirée Code Saison 1 - Épisode 4
Musique dubstep
Association Reg@rt
Le Bikini
01/04
2-27 avril a 20.h
La fete/bar de Spiro Scimone
Théâtre
Collectif de Quark
Théâtre Garonne
Du 2 au 30 avril
Amis artistes
de Lavardens
Exposition
Les amis artistes de Lavardens, association d'artistes du Sud-Ouest, exposent le fruit de leur projet mené avec l'Institut des Jeunes aveugles de Toulouse. Ils ont décrit et expliqué la conception de leurs oeuvres aux jeunes qui, par le biais de technologies, les ont décrites en braille puis reproduites sous forme thermo-gonflables.
Maison des associations
4 et 6 avril a 20.h, le 5 a 15.h
Le Jeu de l'Amour et du hasard
Théâtre
De Marivaux
Mise en scene Philippe Calvario
Théâtre Sorano
Les 4 et 7 avril ,
du 10 au 13 avril
et du 17 au 21 avril a 15.h
Les Poussins
Théâtre-musique
jeune public
Tekeli Compagnie
Adaptation libre d'apres le livre 1.000 secrets de poussins de Claude Ponti
De et avec Céline Pique et Alexandra Malfi
Théâtre du Pont Neuf
Du 4 au 26 avril
Calligraphie Orientale & Land Art
Exposition
oeuvres de Fatima Zouaoui, Hassan et Hussein Kourdi
Peintures et sculptures entre classicisme et modernité
Centre culturel Alban-Minville
05/04
6 avril a 20.h
Compagnie Nelson Dumont
Théâtre musical
Présenté par les éleves de l'école Ronsard, dans le cadre du projet La Manufacture des sons
Mise en scene Henri Bornstein
Centre culturel Henri-Desbals
10/04
Du 10 au 21 avril
Les Forains
Théâtre
Comédie de Stéphane Wojtowicz
Compagnie du Périscope
Mise en scene Laurent Deville
Chapiteau du Bazacle
20/04
Du 23 au 27 avril
Le Lido fait son cirque Semaine dédiée aux amateurs de 1re et 2e années et semi-pro du centre municipal des arts du cirque
Centre culturel - théâtre des Mazades - Entrée libre

Décroche le son !
Tremplin musical
Ouvert aux musiciens amateurs de 16 a 23 ans, et a tous styles musicaux, ce troisieme tremplin réunit sept centres culturels et fait appel a un jury de professionnels.
Six soirées de sélection sont organisées en public :
- 23 mars, espace Saint-Cyprien / Chapeau Rouge : Antikrist Television Blues, Alpaga, ProzaK. La soirée continue au Cri de la mouette pour la Semaine du rock.
- 28 mars, centre culturel Alban-Minville : Warren Minute, Breathing method, Les Play Mobiles
- 29 mars, centre culturel de Bellegarde : Ainamaty, Denfima & DJ Johnson, Mista G
- 30 mars, salle Ernest-Renan : The Wanderers, Irreversal, The Pumplies
- 31 mars, centre culturel Henri-Desbals : The Guts, Casual, Hangover
- 3 avril, espace Bonnefoy : Gravity, Insane Hats, Azad Lab
Six groupes seront sélectionnés pour la finale, le 6 avril au théâtre des Mazades.
Du 23 mars au 6 avril
a 20.h.30 - www.toulouse.fr

Des Vénus a en perdre la tete
Exposition
La Vénus de Milo fascine, et pour cause ! Malgré sa notoriété, on ne connaît avec certitude ni son créateur ni sa date de naissance, ni la figure mythologique qu'elle représente. On sait juste que cette femme, qui a tout d'une déesse de l'amour, porte son drapé, roulé autour des hanches, depuis plus de 2.000 ans. L'association les Sens de l'Art propose, avec le projet Vénus, de mettre a contribution la création artistique pour détourner cette icône et sensibiliser le grand public sur le cancer du sein. « Cette opération fait appel chaque année a un champ artistique différent pour travailler sur des moulages de ce buste mythique, explique Delphine Sudre, coordinatrice de l'association. Pour cette édition, c'est le monde de la bande dessinée qui a planché sur ce theme ». Des dessinateurs français, avec entre autres Nine Antico, Deleurme, Tanxxx et Berberian, mais aussi des Canadiens, des Belges, des Américains et des Argentins offrent pour l'occasion une galerie de déesses surprenantes, tantôt cyniques, absurdes ou humoristiques.
Projet Vénus - Exposition jusqu'a fin mai
dans plusieurs galeries toulousaines
07 60 56 16 80 - lessensdelart.blogspot.com

62 AVRIL 2012 a Toulouse

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Du 24 au 28 avril a 20.h
Ashes to Ashes / Untitled (Vaclav and Amélia)
Théâtre
D'Harold Pinter, mise en scene Louis-Do de Lencquesaing
Théâtre Garonne
24 avril a 20.h.30
Thierry Huillet (piano)
Musique
L'association Les Arts Renaissants propose un programme de concerts dont le répertoire puise son inspiration du Moyen-Âge jusqu'a la musique contemporaine.
Au programme : Albéniz, Debussy, Ravel
Musée des Augustins
25/04
26 avril a 20.h.30
Carla Bley
Jazz
Dans le cadre de
Women Summit
Salle Nougaro
27 avril a 20.h
Concert de l'ONCT avec Fabrice Millischer
Musique
Le tromboniste toulousain participe a ce concert
placé sous la direction
de Jaime Martín, au cours duquel seront jouées des oeuvres de Kodály, Tomasi
et Mendelssohn.
Halle aux Grains
28 avril a 15.h
La persistance de la mémoire
Performance
De Nathalie Hauwelle, Groenland paradise
Résidence d'artiste
Espace Bonnefoy
01/05
Du 1er au 31 mai
MAP 12
Photographie
4e édition du festival dédié a la photo
Dans toute la ville
05/05
Le 5 mai
Figures libres
Arts de la rue
La création 2012 de la compagnie KompleXKapharnaüM est une déambulation monumentale qui sillonne la ville et la transforme. Accompagnés par une bande-son originale jouée en direct, huit danseurs-projectionnistes investissent les murs de Tournefeuille avec des portraits sans parole.
L'Usine a Tournefeuille
Du 9 au 15 mai a 20.h.30
Géométrie de caoutchouc
Théâtre visuel
Piece d'Aurélien Bory pour un chapiteau, Géométrie de caoutchouc, prend l'espace comme point de départ. Celui, mou, d'un chapiteau carré dans lequel se trouve un autre, plus petit. Pendant le spectacle, ce petit chapiteau devient sculpture en mouvement, tiré par des câbles comme une grande marionnette, éprouvé par les acteurs il s'affaisse, s'éleve dans les airs, dialogue avec les contorsions et les mouvements de huit acteurs-circassiens. Et, mine de rien, on traitera de « topologie » lors de ces soirées animées, l'étude du lieu également surnommée par certains mathématiciens « géométrie de caoutchouc ». Corélisation TNT-Théâtre Garonne
Port Viguerie (sous chapiteau)

Arts solidaires
Festival
Alors que l'Homme moderne traîne la réputation d'etre de plus en plus individualiste, l'organisateur Magloire Sitou fait mentir la rumeur avec la sixieme édition du Festi'couleurs, un événement plaçant le partage et l'union au coeur des priorités. « Quand je suis arrivé a Toulouse, explique-t-il, je trouvais qu'il n'y avait pas de symbiose entre les différentes communautés. J'ai créé ce festival pour que les cultures se mélangent ». Et cette noble ambition semble porter ses fruits : du zouk de Top One frisson a la danse orientale de Nadia Jalal, en passant par le travail sur les discriminations avec des concerts doublés en langue des signes et un défilé de miss rondes, cette nouvelle édition du Festi'couleurs offre une belle illustration de ce que son nom évoque : une ode a la mixité et a la diversité culturelle.
Du 11 au 13 mai - Parc des expositions - www.festicouleurs.fr


Madame Butterfly
Opéra
Sur une mise en scene de Nicolas Joël, cet opéra en trois actes participe de l'orientation italienne de la saison du théâtre du Capitole. Les représentations sont données par l'Orchestre national du Capitole de Toulouse placé sous la direction musicale de Claus Peter Flor et par le Choeur du Capitole dirigé par Alfonso Caiani.
Les 13, 17, 20 et 24 avril a 20.h, les 15 et 22 avril a 15.h
Halle aux grains
Conférence « La défaite de Cio-Cio-San »
en présence du dramaturge Sofiane Boussahel
Le 12 avril a 18.h au grand foyer du théâtre du Capitole

15e Printemps lesbien
Exposition, films, expos, performances, rendez-vous gourmands et festifs : Concert Systeme D, Time Bomb, comédie politique de Jacqueline Julien, Slam et cinéma expérimental, DJ…
Du 31 mars au 28 avril - Espace lesbien - www.bagdam.org

AVRIL 2012 a Toulouse 63




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EXPRESSION POLITIQUE

GROUPE SOCIALISTE, RADICAL ET RÉPUBLICAIN

64 AVRIL 2012 a Toulouse

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Page 65

La loi de février 2002 concernant la démocratie de proximité prévoit les expressions politiques dans le journal municipal. Les textes et illustrations publiés dans ces trois pages n'engagent que leurs auteurs.

GROUPE DES ÉLUS EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS

INSÉCURITÉ : IL N'Y A PAS DE SOLUTION SIMPLE A UN PROBLEME COMPLEXE
La sécurité est une préoccupation majeure et légitime pour nombre de nos concitoyens et, il faut le rappeler, la violence et la délinquance touchent en premier lieu les plus vulnérables.
C'est devenu le theme régulier d'un débat public pollué par les postures démagogues, en dépit de l'échec patent des politiques du tout sécuritaire. Or c'est un sujet trop sérieux pour etre instrumentalisé par des responsables politiques qui manipulent les peurs de nos concitoyens pour faire croire qu'il existe des solutions simples a un probleme complexe.
A rebours de cette tendance, la Ville de Toulouse opte pour une approche dépassionnée de la question. La vidéosurveillance en particulier fait l'objet d'une réflexion de fond alimentée par l'audition de nombreux experts. La création de la Commission des libertés publiques permet d'ouvrir un débat constructif étayé par des diagnostics précis, et d'interroger ainsi la pertinence d'un outil au regard d'une situation donnée.
Car la croyance qu'un simple outil pourrait résoudre la complexité des situations releve du registre de la magie. Le développement de la vidéosurveillance sur la voie publique n'est en rien une preuve de son efficacité, qu'il s'agisse de dissuasion ou d'élucidation. Pas plus qu'elles ne font diminuer la délinquance, les caméras n'atténuent le sentiment d'insécurité. C'est par ailleurs un systeme tres couteux, et qui présente le danger de se substituer a la présence humaine.
Car c'est bien sur le terrain que sont les besoins, et d'abord dans les zones les plus touchées par l'insécurité. La police doit y etre présente pour dissuader les comportements délictuels. Dans une approche véritablement qualitative de ses missions, la police fait partie des services rendus a une population et il apparaît aujourd'hui que sa réforme est nécessaire. Tout d'abord pour sortir de la culture du seul résultat, qui la déconnecte des besoins réels, et pour recentrer ses missions sur la lutte contre les crimes et délits.
Il faut également coordonner l'action des institutions de l'État et de la police municipale et au-dela reterritorialiser les questions de sécurité, car seule la prise en compte de la réalité des phénomenes permettra d'apporter des réponses efficaces.
Pour cela, notre collectivité doit se doter d'un répertoire d'outils et de modes d'intervention largement concertés. A Toulouse, le diagnostic mené sur le quartier Arnaud Bernard démontre que la sécurité est l'affaire de tous les acteurs et porteurs des politiques de développement social, culturel, éducationnel travaillant avec l'appui de la police et de la justice. Il est urgent de passer a des politiques responsables dont les maîtres mots soient la prévention, la dissuasion, la sanction, la réparation et la réinsertion.
Il est pour finir nécessaire d'améliorer les relations entre la police et la population qui joue un rôle majeur dans la prévention des risques. C'est le sens de l'engagement des écologistes pour la reconquete des espaces publics – ce que l'on nomme la prévention situationnelle – en repensant les territoires pour et par les habitants.
27, rue des Lois - 31000 Toulouse
Tél. : 05 61 22 27 52
Courriel : lesverts@mairie-toulouse.fr
www.toulouse.elusverts.fr
GROUPE COMMUNISTE, RÉPUBLICAIN ET CITOYEN

AVRIL 2012 a Toulouse 65

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EXPRESSION POLITIQUE

La loi de février 2002 concernant la démocratie de proximité prévoit les expressions politiques dans le journal municipal. Les textes et illustrations publiés dans ces trois pages n'engagent que leurs auteurs.

GROUPE TOULOUSE POUR TOUS
GROUPE TOULOUSE MÉTROPOLE

LE PARCOURS DU COMBATTANT DES AUTOMOBILISTES TOULOUSAINS
Passer librement de la rive droite vers la rive gauche de la Garonne, et inversement, a, depuis toujours, été l'une des préoccupations des Toulousains. Hélas, aujourd'hui, le blocage du Pont Saint-Michel par les travaux de la ligne G du tramway vient s'ajouter a la surcharge du périphérique et au phasage chaotique de l'ensemble des travaux du centre-ville.
La situation est exaspérante pour les automobilistes qui n'ont aucune alternative réelle ; l'offre de transport en commun n'étant pas de nature a compenser l'entrave a la circulation des voitures engendrée par les travaux. Les trajets domicile-travail deviennent interminables. Aucune perspective d'amélioration n'est perceptible a court terme.
Au final, les Toulousains sont sacrifiés sur l'autel de la réduction délibérée de la place de la voiture dans notre Ville. Ils ne méritent pas cela. Et, comment, avec un expérience pareille, pourront-ils demain adhérer a toute initiative visant a réguler les déplacements urbains ? Il aurait fallu mieux planifier, mieux phaser les travaux, concevoir un plan de déplacements alternatifs. Bref, anticiper cette pagaille. Cela n'a pas été fait et ce sont les Toulousains qui en pâtissent.
Marie DEQUE (prés.), René BOUSCATEL, François CHOLLET,
Serge DIDIER et Chantal DOUNOT


GROUPE ÉLUS NON-INSCRITS

ENCORE TROP D'AMATEURISME…
Ce 13 février débutaient les travaux du « TRAMWAY GARONNE ». Nous vous avions annoncé la galere… hélas, nous y sommes !
Si nous partageons tous, une meme analyse sur les retards dans les Transports a Toulouse, la méthode adoptée est-elle la bonne ? Qu'en pensent les 30.000 automobilistes qui empruntaient chaque jour le tunnel Saint-Michel ? Qu'en pensent les usagers des lignes perturbées de bus ?
Il faut, bien entendu, faire drastiquement, baisser la place de la voiture en ville, par une offre attractive de Transports en Commun. Mais les Bus a Haut Niveau de Service (BHNS) et le TRAM ne regleront pas l'intégralité des déplacements. Tous les modes de Transports, y compris la voiture, doivent etre combinés et non opposés. Si certains trajets peuvent se faire en Transports en Commun ou a vélo, d'autres ne peuvent s'effectuer qu'en voiture.
Apres un faux départ, un faux tracé, que nous avons toujours dénoncé, nous sommes, aujourd'hui, face a une absence totale de plan de déplacements alternatifs. Aucun accompagnement aux changements d'habitudes, aucune concertation avec les communes voisines pour encourager, par exemple, l'usage du TER !
Et la Mairie d'ajouter « les usagers vont s'habituer et trouver eux-memes d'autres chemins ! ». C'est un peu léger.
Jean-Luc LAGLEIZE (Président), Malika ARADJ,
Yvette BENAYOUN-NAKACHE, Jean-Luc FORGET,
Marie-Françoise MENDEZ
4, avenue du Château d'eau
31300 Toulouse - Tél. : 05 67 73 83 42
Non-Inscrits.Groupe@mairie-toulouse.fr
http://www.noninscrits-toulouse.org/

66 AVRIL 2012 a Toulouse




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Page 67

LA MAIRIE DE TOULOUSE VOUS ACCUEILLE
Les services municipaux sont a votre disposition pour faciliter vos démarches administratives, du lundi au vendredi et, pour certains, le week-end. Quelques-unes de vos demandes peuvent etre traitées directement a partir du site web : www.toulouse.fr
INFORMATIONS GÉNÉRALES
STANDARD
TOUS SERVICES
7j/7 et 24 h/24
05 61 22 29 22
ACCUEIL & RENSEIGNEMENTS
Au Capitole
de 8 h 30 a 17 h 30
05 61 22 21 43
ÉTAT CIVIL
Déclarations de naissance et de déces, reconnaissances, dossiers de mariage, livrets de famille, délivrance des actes de l'état civil.
6, r du Lieutenant-Colonel-Pélissier du lundi au vendredi, de 8 h 30 a 16 h 45 permanence le samedi, de 8 h 30 a 16 h 45 (uniquement pour les déclarations de naissance) 05 61 22 30 26 ou 05 61 22 32 41
2, r de l'Abbé-Jules-Lemire (uniquement déclarations de déces) du lundi au dimanche et jours fériés, de 8 h 30 a 18 h 05 61 49 90 69
FORMALITÉS ADMINISTRATIVES
Capitole, cour Henri IV cartes nationales d'identité, passeports, autorisations de sortie du territoire, inscription sur les listes électorales, recensement militaire, certificats divers (hérédité, vie en commun, résidence…), légalisations de signature, attestations d'accueil… du lundi au vendredi, de 8 h 30 a 16 h 45 05 61 22 32 30 ou 05 61 22 32 07
ENFANCE ET PARENTS UNITÉ ACCUEIL
1, r de Sébastopol
Information/inscription, accueil de loisirs 3/15 ans et séjours vacances 05 61 22 23 68
POINT INFO FAMILLE
Capitole, cour Henri IV
Accueil du lundi au vendredi, de 8 h 30 a 16 h 45
0800 740 745 (N° gratuit)
POINT INFO SENIORS
Capitole, cour Henri IV
Accueil du lundi au vendredi, de 8 h 30 a 16 h 45
0800 042 444 (N° gratuit)
SPORT : PÔLE ACCUEIL INSCRIPTION
7, all Gabriel-Biénes
Information/inscription activités sportives de la mairie lundi, mercredi, vendredi, de 8 h 30 a 17 h, mardi et jeudi, de 12 h a 17 h petites vacances : de 8 h 30 a 12 h et de 13 h 30 a 17 h
05 61 22 32 64
POMPES FUNEBRES
2, r de l'Abbé-Jules-Lemire
Accueil standard 7 j/7
de 8 h 30 a 19 h
05 61 16 12 12
SERVICE D'HYGIENE ET DE SANTÉ
17, pl de la Daurade
05 61 22 23 32
Pôle santé publique
Service médical (vaccinations)
05 61 22 23 46
Communauté municipale de santé
2, r Malbec 05 61 22 60 32
Pôle santé/environnement
Hygiene urbaine 05 61 22 23 32
Hygiene du milieu (qualité des eaux, nuisances animales…)
05 61 22 23 43
Fourriere animale et chiens dangereux du lundi au vendredi
05 62 27 40 82
week-end, jours fériés
05 61 22 29 22
OFFICE DU TOURISME
Donjon du Capitole
08 92 18 01 80
www.ot-toulouse.fr
SOCIAL
CENTRE COMMUNAL D'ACTION SOCIALE (CCAS)
2 bis, r de Belfort 05 61 58 85 85
RESTAURANTS DE QUARTIER
(Renseignements et réservations aupres de chacun d'eux)
Ancely
23, all d'Ancely
05 61 49 19 79
Château de l'Hers
59, ch du Châteaude-l'Hers
05 61 34 83 76
Daurade
8, pl de la Daurade
05 61 23 54 77
Empalot - Daste
30, av Jean-Moulin
05 61 52 94 28
Izard
1, r Van-Dick
05 61 47 31 02
Providence Bonhoure
18 bis, pl Pinel
05 61 34 85 83
Saint-Cyprien
5, r des Feuillants
05 61 59 24 51
Soupetard Serveyrolles
44, r Louis-Plana
05 61 34 24 02
FOYERS RESTAURANTS (a midi)
Bellefontaine
59, all de Bellefontaine
Bonnefoy
229, r du Fbg-Bonnefoy
Colombette
25, r de la Colombette
Docteur-Marie
7, r Ozenne
Le Repos
20, r des Buchers
Les Minimes
5, r Bobillot
Sept-Deniers
4, ch de Garric
Tounis
88, quai de Tounis
Varsovie
3, r Varsovie
SOCIOCULTUREL
DIRECTION ANIMATION SOCIOCULTURELLE
12, r du Fbg-Bonnefoy
05 61 22 28 64
SCENES ET SALLES MUNICIPALES
Espace Bonnefoy
4, r du Fbg-Bonnefoy
05 67 73 83 60
Espace Saint-Cyprien
56, all Charles-de-Fitte
05 61 22 27 77
Centre culturel Alban-Minville
1, pl M. Luther-King
05 61 43 60 20
Centre culturel Bellegarde
17, r Bellegarde
05 62 27 44 88
Centre culturel Henri-Desbals
128, r Henri-Desbals
05 34 46 83 25
Centre culturel des Mazades
10, av des Mazades
05 34 40 40 10
Centre animation Bagatelle
11, imp Bachaga-Boualem
05 61 44 82 61
Centre animation des Chamois
11, r des Chamois
05 61 57 99 28
Centre animation Lalande
239, av de Fronton
05 61 47 37 55
Centre culturel des Minimes
6, r du Caillou-Gris
Centre animation Montaudran
3, imp Gaston-Genin
05 61 54 25 19
Centre animation Reynerie
pl André-Abbal
05 61 41 56 80
Centre animation Saint-Simon
10, ch de Liffard
05 61 06 71 36
Centre animation Soupetard
63, ch de Hérédia
05 61 58 35 54
Centre animation de la Terrasse
15, imp Schrader
05 61 54 23 60
Centre des arts du cirque Le Lido
14, r de Gaillac
05 61 11 16 10
CONSEILS SOUTIENS
SIDA
Dépistage anonyme gratuit
Hôpital La Grave, pl Lange (pav. Nanta) du lundi au jeudi, de 9 h a 17 h 30, et le vendredi, de 9 h a 15 h
05 61 77 78 59
Sida info service
Numéro Vert 24 h/24
0 800 840 800
AIDE AUX VICTIMES
Service d'aide aux victimes d'information et de médiation (SAVIM) accueil gratuit des victimes d'infractions pénales, réparations, soutien psychologique
0 800 56 57 58
(N° gratuit)
PERMANENCES HÔPITAL RANGUEIL
consultations pour coups et blessures
05 61 32 29 70
DROGUES/ALCOOL/TABAC
Drogues Infos Service
0 800 23 13 13
Écoute Cannabis
0 811 91 20 20
Écoute Alcool
0 811 91 30 30
DIVERS
ALLÔ TISSÉO
05 61 41 70 70
ALLÔ TRAFIC
08 91 67 31 01
EAU/ASSAINISSEMENT
Urgences 24 h/24
et 7 j/7
0 811 902 903
DÉCHETERIES
Décheterie d'Atlanta
(Toulouse-Est)
23, ch de Gramont du mardi au samedi, de 9 h a 12 h et de 14 h a 18 h
Décheterie de Monlong
(Toulouse Ouest)
15, r Paul-Rocaché du mardi au samedi, de 9 h a 12 h et de 14 h a 18 h et le dimanche, de 9 h a 12 h
Décheterie de Turlu
(Toulouse Nord)
23, ch de Turlu du mardi au samedi, de 9 h a 12 h et de 14 h a 18 h et le dimanche, de 9 h a 12 h
Dépôt-relais des Cosmonautes
(Toulouse Sud-Est)
ZI Montaudran
r des Cosmonautes du mardi au samedi, de 9 h a 12 h et de 14 h a 18 h
Dépôt-relais du Ramier
(Centre-ville)
6, av du Grand-Ramier du mardi au samedi, de 9 h a 12 h et de 14 h a 18 h
Station de recyclage de Daturas (payante)
Déchets « hors normes »
4, ch de Daturas le lundi de 7 h a 14 h et de 17 h a 19 h 30 du mardi au vendredi de 7 h a 14 h
CENTRE TOULOUSAIN DU BÉNÉVOLAT
95, grde rue St-Michel
05 61 25 94 90
infos pratiques
Demandez a l'accueil du Capitole et dans les mairies annexes les fiches pratiques Vivre a Toulouse

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