Au capitole, une salle du conseil chargée d’histoire
Récemment rénovée, la salle du Conseil Municipal, au cœur du Capitole, a vécu différentes fonctions. Elle abrite désormais deux œuvres contemporaines qui font le lien entre passé, présent et futur de Toulouse.
Évolutions de la salle du Conseil Municipal :
- 1617-1620 : Arsenal des piques
- 1625-1681 : Atelier du peintre de la ville
- 1681-1793 : Galerie de la perspective
- 1838-2025 : Salle du conseil municipal

- 1838 : Décision de créer une salle du conseil municipal
- 1897 : Suite à une longue période où elle fut attribuée à l'ingénieur de la ville, elle est enfin inaugurée
- 1904-1935 : Marouflage des toiles et installation des bustes au dessus des fenêtres et des décorations
- 1949 : Réfection de l'ameublement
- 2025 : Rénovation entière et ajout d'œuvres
Si les débats qu’elle abrite sont parfois animés, voire virulents, ce ne sont, fort heureusement, que des piques verbales et des passes d’armes rhétoriques. On peut donc se réjouir que la salle du conseil municipal du Capitole, anciennement dénommée l’Arsenal des piques, n’ait pas conservé sa fonction première. En effet, cette galerie latérale de la cour Henri IV, œuvre de l’architecte Pierre Souffron construite au début du XVIIe siècle, a brièvement servi de réserve d’armes entre 1617 et 1620. Les piques ont ensuite laissé place aux pinceaux. Les peintures qui ornent les murs et les plafonds témoignent de l’autre passé de cette salle, un temps baptisée Galerie des Peintures ou Galerie de la Perspective. Dès 1625, et jusqu’en 1681, y est ainsi installé l’atelier du peintre de la ville. Le premier, Jean Chalette, choisi par les Capitouls dès 1612, fait de cette pièce un véritable musée. D’autres peintres occuperont cette fonction. Jean-Pierre Rivalz, arrivé en 1674, crée même une véritable « pépinière » de dessinateurs et coloristes de talents. Alors que de nombreuses œuvres furent commandées par la Mairie, la galerie qui les abritait n’offrait pas des conditions permettant de les conserver dans un état satisfaisant. Ce qui entraîna une restauration de la salle à partir de 1756, avant qu’elle ne soit désaffectée en 1793 après la Révolution et encombrée de cartons et de casiers. Les conseillers municipaux occupent alors à cette époque des salles peu confortables. C’est en 1838 que la décision est prise de se doter d’« une salle de réunion du Conseil municipal, pouvant recevoir 70 personnes, meublée de sièges, de pupitres, de moyens d’éclairage, disposés de manière à voir et à entendre facilement le président et les orateurs *». Mais il faut attendre près de 60 ans pour que, à la demande du maire Camille Ournac, la galerie soit aménagée pour accueillir le conseil.
Un nouvel éclat
C’est l’architecte Paul Pujol, déjà à l’œuvre dans la galerie des Illustres, qui se charge de la décoration, terminée en 1935. Depuis, la salle, inscrite au titre des Monuments Historiques en 1995, avait souffert de l’usure du temps, malgré un premier chantier de rénovation il y a plus de 50 ans. En 2025, à la demande de Jean-Luc Moudenc, ont été réhabilitées les 14 peintures sur toile, très encrassées, qui ornent les murs et le plafond, les bustes en terre cuite représentant les rois wisigoths et les comtes de Toulouse. Les encadrements, moulures et ornementations ont par ailleurs été dorés à l’or fin. Une restauration patrimoniale complétée par l’ajout de deux œuvres contemporaines, qui viennent combler les deux médaillons laissés libres au plafond.
* Texte d’ouverture du concours pour les plans de la reconstruction du Capitole (Concours 1838).
Actu
Deux nouvelles œuvres
Le designer Olivier Vadrot, en collaboration avec les artistes Ida Tursic et Wilfried Mille, a imaginé et réalisé les deux peintures Poésie, Jeux floraux et Pouvoir partagé et éclairé, mélanges d’histoire et de modernité, qui prennent place dans deux des cinq caissons qui n’étaient pas peints. Des œuvres terminées en novembre 2025, un an après leur sélection par un jury.
Connaissez-vous la signification des symboles présents dans les peintures des plafonds contemporains ?
Des trois bandes blanches des Capitouls détournées pour imiter une célèbre marque de sport aux traînées d’avion dans le ciel, les clins d’œil sont nombreux. Le soleil et le croissant de lune des deux peintures forment les lettres OC, rappel de l’identité régionale.
