Une présence de terrain renforcée
Pour assurer la tranquillité et la sécurité sur l'espace public, la Police municipale adapte en continu ses moyens humains et technologiques. Elle expérimente actuellement une nouvelle action contre les points de deal.

Lutter contre les nuisances liées au trafic de drogue, c'est l'objectif de la brigade anti-points de deal mise en place au sein de la Police municipale. Depuis l’été dernier, le test a débuté à Saint-Aubin et Arnaud-Bernard, permettant de préparer un futur déploiement dans d’autres quartiers. Grâce à leur travail de proximité, les policiers ont pu procéder à des interpellations à la fois des vendeurs et des acheteurs et dresser des contraventions pour toutes les petites infractions constatées. Cette stratégie de harcèlement entraîne des déplacements voire la fermeture de points de deal. Si cette expérimentation voit le jour dans le cadre des compétences actuelles de la Police municipale, elle s’inscrit dans la perspective de leur évolution. En effet, Jean-Luc Moudenc, le Maire de Toulouse, oeuvre depuis plusieurs années pour l’adoption d’une loi qui élargirait les prérogatives des polices municipales. Au coeur de la question, l’amende forfaitaire délictuelle. Un outil dont les policiers municipaux ne disposent pas aujourd'hui, et qui s’avérerait très utile pour sanctionner certaines infractions : l’occupation des halls d’immeuble, la détention de faibles quantités de stupéfiants, la vente de cigarettes de contrebande ou encore les vols simples. Aujourd’hui, quand les policiers municipaux font un constat par flagrant délit, ils dressent un PV qui est transmis à l’officier de police judiciaire (Police nationale) puis à la Justice, avec un temps de traitement nécessaire, et donc sans résultat immédiat. “L'accès à ces amendes directes simplifierait les procédures au bénéfice de tous les maillons de la chaîne Police-Justice. Cela permettrait également de cibler les consommateurs.” souligne Émilion Esnault (lire l’interview).
764 caméras dans Toulouse fin 2026
"Donner plus d'autonomie à la Police municipale”

Émilion Esnault,
adjoint au maire en charge de la sécurité
Pourquoi demander l'élargissement des compétences de la Police municipale ?
Depuis plus de trois ans, au sein de France Urbaine (l'association des maires des grandes villes de France, présidée par Jean-Luc Moudenc), nous avons mené un gros travail de fond dans le cadre d'une vaste concertation proposée par le Gouvernement. Cela a abouti à un consensus transpartisan en faveur de ce texte. La Police municipale a aujourd'hui des moyens réglementaires limités. Il ne s'agit pas de lui donner de nouvelles missions, mais davantage d'autonomie dans les missions qu'elle exerce au quotidien. En l’autorisant à verbaliser directement les délits par l’amende forfaitaire délictuelle, la loi optimiserait l'efficacité des forces de police et déchargerait la Police nationale et la Justice, au profit du traitement des délits plus graves.
Comment la Police municipale contribue-t-elle à la lutte contre le trafic de drogue ?
La tranquillité étant au coeur de ses missions, il s’agit tout d’abord d'assurer une présence dissuasive et rassurante. Puis, en s’appuyant sur le réseau de caméras et sa présence de terrain, notre Police effectue un précieux travail d'observation et de recueil de témoignages sur les modes opératoires d'individus. Elle peut ainsi faire des signalements intéressants, permettant d’accélérer le travail d'enquête – qui reste une prérogative de la Police nationale. De plus, depuis cet été, la création de la brigade anti-points de deal permet de multiplier les interpellations et les contraventions, aussi bien côté vendeurs qu’acheteurs, pour entraver le trafic et réduire les nuisances envers les riverains.
La Mairie va-t-elle continuer à recruter des policiers ?
Oui, leur nombre est déjà passé de 165 en 2014 à 390 aujourd'hui et nous souhaitons atteindre 500 à la fin du mandat. Les besoins étant en hausse également au niveau national, il existe une forme de concurrence entre villes. Cependant, Toulouse peut mettre en avant différents atouts : un centre de police moderne, un armement complet, une flotte de véhicules et d'outils numériques récents.
La vidéoprotection tisse sa toile
Au quotidien, la Police municipale s'appuie sur le réseau de caméras de vidéoprotection. Le rôle de cet outil ? Détecter des faits inhabituels sur l'espace public et donner l'alerte aux policiers sur le terrain. Le dispositif a démontré son efficacité pour interpeller des personnes, fournir des preuves dans le cadre d’une enquête mais aussi secourir des personnes en difficulté. C’est pourquoi la Mairie continue de développer le réseau : d’ici la fin de l’année, on comptera 760 caméras dans Toulouse. En 2027, le déploiement se poursuivra, avec une priorité donnée à la sécurisation des écoles (près de 100 établissements bénéficient déjà d’une caméra à l’extérieur). Enfin, la Mairie vient de rejoindre le partenariat existant entre les bailleurs sociaux, les forces de sécurité, la Préfecture et le Parquet, consistant à partager des informations en cas de nuisances dans les logements sociaux. L’objectif est de faciliter les procédures d’expulsion des individus en cause, notamment les trafiquants de drogue.
La prévention envers les jeunes
Parallèlement, la Mairie travaille dans le champ de la prévention. En s’appuyant sur son Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), elle fédère les acteurs qui travaillent auprès des enfants et des jeunes, pour les accompagner dans leur développement et prévenir un basculement dans la délinquance. C’est le cas des travailleurs sociaux des clubs de prévention de Toulouse et des multiples associations partenaires qui interviennent auprès des jeunes, notamment l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville) qui pose son social truck sur les places pour aller au-devant des jeunes. Différentes opérations sont également menées pour rapprocher les jeunes de la police, faire connaître ses métiers, dans un objectif de cohésion sociale.
L’action de la Police municipale
- 390 policiers municipaux en octobre 2026
- 14 900 patrouilles en 2025 (+ 13 % par rapport à 2024)
- 2 200 verbalisations pour tapage en 2025 (+ 18 %)
- 1 780 verbalisations pour mictions sur l’espace public (+ 38 %)
- 1 600 affaires avec interpellations en 2025
- 12 150 verbalisations pour non-respect des arrêtés de police du maire (+ 54 % par rapport à 2024) 2 073 images demandées par la Police nationale et la Justice dans le cadre d'enquêtes en 2025
