Anthony Koka - Ouvrir le champ des possibles

Anthony Koka est le grand témoin de la manifestation “Les Talents de nos quartiers ” organisée chaque année par la Mairie pour valoriser les créateurs d’entreprise issus des Quartiers Politique de la Ville. Son message est clair : osez !
Les balises de la persévérance et de la volonté jalonnent le parcours d’Anthony Koka, le conduisant du quartier de La Faourette où il a passé son enfance à CANAL +. À 31 ans, ce jeune homme qui avoue avoir manqué de discipline durant son adolescence est aujourd’hui conseiller de programmes fictions dans ce groupe audiovisuel. « Rien n’est impossible ! Aucune trajectoire n’est écrite d’avance » martèle-t-il. Une force de caractère qui n’est pas étrangère à sa distinction par la Obama Foundation dans le cadre du programme Africa Leaders. Mais derrière cette énergie, se cachent l’amour et la tendresse d’une mère et d’un père qui ont fait le choix en 1990 de quitter la République Démocratique du Congo et de parcourir 5 000 km pour s’installer à Toulouse. « J'admire leur résilience » ajoute-t-il non sans émotion. « Ils ont eu le courage de reconstruire une vie ailleurs et de m’offrir le meilleur par leur travail acharné. Papa était peintre en bâtiment et maman femme de ménage. » Et Anthony d’évoquer sa vie dans le quartier marquée par la catastrophe d’AZF. « J’étais un élève déterminé et curieux mais je cherchais à briller, à être au centre des attentions quitte à me mettre parfois en danger. Je me suis rendu compte que j’allais droit dans le mur. Deux séjours d’été au Canada ont élargi mon horizon ; j’ai pris conscience que personne ne pouvait décider de mon avenir à ma place ». C’est au lycée Ozenne qu’il a poursuivi sa scolarité « Malgré les 10 minutes en métro qui séparent le centre ville de mon quartier, j’ai découvert les disparités sociales. Je me suis interrogé. Qui étais-je ? Quelle était ma place dans la société ? Étais-je légitime ? Le 7e art m’attirait, la TV était ma fenêtre ouverte sur le monde et j’ai eu envie d’intégrer ce milieu. Mais sans aucun réseau, comment faire ? J’ai envoyé des milliers de mails, passé des centaines de casting. De mes 18 à 24 ans, j’ai eu la chance de jouer dans quelques films et fictions télévisées mais on me contactait souvent pour des rôles secondaires et stéréotypés. En tant que créatif, j’ai tout de suite pris conscience de ma responsabilité, je ne voulais pas entretenir de clichés. J’ai décidé de passer derrière la caméra. J’ai intégré l’université de la Sorbonne en master gestion et ai réalisé un stage à CANAL + ». Neuf ans plus tard, Anthony est en charge du développement des séries pour le continent africain. « J’ai reçu, alors aujourd’hui, c'est à mon tour de donner. Être une source de motivation pour les jeunes, témoigner, transmettre … tels sont mes objectifs. » Chaque année, il intervient dans son ancien établissement scolaire, le collège Stendhal et exhorte les élèves à se donner les moyens de leur ambition. « Pour que plus jamais, les origines sociales ou le code postal ne soient un frein à leurs ambitions ! »
Personne ne peut nous empêcher de rêver
"Les Talents de nos quartiers"
L’évènement permet de donner la parole aux partenaires signataires du Contrat de Ville ainsi qu’aux entrepreneurs résidant dans un quartier prioritaire. Les porteurs de projets sont identifiés par les structures d’accompagnement à la création d’activités et doivent présenter un projet dans les secteurs d’activités de l’économie sociale et solidaire, la transition écologique, le BTP, le transport, le service à la personne, le commerce et l’artisanat. Trois catégories d’âge sont concernées : 16-25 ans ; 25-35 ans ; plus de 35 ans.
