Catherine Cabanis : Le sport au coeur

Convaincue que le sport est un facteur clé du bien-être, Catherine Cabanis a combiné sa longue expérience de médecin auprès des femmes et son parcours de rameuse à l’Émulation nautique. Objectif : venir au soutien de celles qui se reconstruisent après un cancer du sein.

  • 1966
    Débute ses études de médecine à Toulouse

  • 2019
    Retraite et formation sport santé
  • 2024
    Lancement de l’Aviron sport santé

Regard couleur Garonne, sourire lumineux, Catherine Cabanis fait se dérouler le rideau métallique du garage à bateaux de l’Émulation nautique. Voilà 25 ans que cette Toulousaine d’adoption rame au sein de ce club emblématique, fondé en 1860. Mais Catherine tisse un lien profond avec le sport depuis bien plus longtemps. Carcassonnaise d’origine, elle grandit dans une famille où « faire bien vivre son corps et sa tête » était une évidence et une valeur transmise de génération en génération : « Mes grands-mères étaient institutrices et déjà elles faisaient faire des exercices aux enfants dans la cour de récré », se souvient celle dont le père possédait un magasin d’articles de sport et qui, comme toute la fratrie, a financé ses études en étant monitrice de ski. Surtout, c’est le partage de la joie procurée par l’activité physique mis en avant dans la famille qui inspire Catherine lorsqu’elle prend sa retraite en 2019 après une carrière de gynécologue à Toulouse. Intéressée par la notion de sport santé qui se développe à l’échelon national à cette époque, elle décide de compléter ses études toulousaines par un diplôme universitaire de soins de supports en oncologie. Et c’est tout naturellement qu’elle axe son mémoire sur le projet d’une section aviron santé au sein de l’Émulation nautique. L’aventure est lancée et le projet accueilli avec enthousiasme par le club. Même s’il faudra quatre ans pour le concrétiser : « le temps de passer l’épidémie de Covid, puis d’obtenir les autorisations administratives ». Il faut aussi former un coach. Ce sera Juliette, la monitrice diplômée d’État qui encadre la sortie des bateaux et les entraînements, figure centrale du club où elle assure une ambiance conviviale depuis près de 30 ans.

Réparer les corps et les âmes

En 2024, le club est labellisé et tout le monde est fin prêt pour accueillir des patientes après un cancer du sein. « Elles sont aujourd’hui une dizaine à venir ramer deux fois par semaine », se réjouit la médecin qui a pu mesurer combien l’aviron est un sport adapté à ce type de profils. « C’est une activité physique non traumatisante qui développe force et endurance, et qui peut se pratiquer dès deux mois après une chirurgie, confirme-t-elle. Sans compter le fait d’évoluer sur la Garonne, en pleine nature. » Un constat corroboré par de nombreuses études scientifiques qui valident les bienfaits du sport santé dans la prévention des maladies. Et aussi par les pratiquantes : « On apprend ici à lâcher prise, à se faire confiance, […] après la souffrance, vient la réparation du corps et de l’âme », témoigne cette lettre envoyée au club qui vante le soutien reçu et les progrès accomplis. Réparer les corps, les âmes, tisser du lien social, Catherine a réussi son pari et compte apporter encore longtemps son soutien bienveillant aux courageuses rameuses.

Verbatim

​« L’aviron est une activité non traumatisante qui peut se pratiquer dès deux mois après une chirurgie. »