Le noviciat des Jésuites, quatre siècles de métamorphoses
Place de la Daurade, derrière le porche du n° 17, se cache un bâtiment transformé au fil des ans en lieu de prière, puis caserne, école, atelier... Un site unique qui témoigne à lui seul de quatre siècles d'histoire toulousaine.
Dans la Compagnie de Jésus, le noviciat est la maison où les jeunes aspirants à la vie religieuse passent deux années de formation spirituelle avant de prononcer leurs voeux. Celui de Toulouse prend corps en 1593, lorsque les Jésuites acquièrent un vaste immeuble appartenant au bourgeois Jean de la Bourdière, place de la Capelle Redonde, rebaptisée place de la Daurade au milieu du XVIIIe siècle. Voisin de leur collège (installé depuis 1566 dans l'Hôtel de Bernuy, l'actuel lycée Pierre-de-Fermat), l'ensemble ne cessera, au fil des siècles, de se transformer.

17 place de la Daurade
Bâtiment investi par le Noviciat, Centre de l'Architecture et du Patrimoine de Toulouse
L'aile Est est le bâtiment le plus ancien du noviciat à avoir été érigé. Il a autrefois abrité l'église dont les voûtes, alcôves et décors de plâtres ont été réalisés entre 1753 et 1763.
De la prière à la caserne
Dès leur arrivée sur place, les Jésuites entreprennent d'adapter les lieux à leur vocation religieuse. La première église consacrée en 1594, est véritablement restructurée et aménagée en 1613. Le noviciat fonctionne ainsi pendant près de deux siècles, jusqu'à la suppression de la Compagnie de Jésus entre 1761 et 1763. Les bâtiments sont alors rachetés en 1765 par les prêtres Lazaristes, qui y installent leur Séminaire de la Mission. Lors de la suppression des ordres religieux en 1791, les Lazaristes quittent les lieux. En 1828, le site change radicalement de vocation et devient une caserne d'infanterie.
Des pupitres aux costumes
En 1865, clap de fin pour l’armée, la Mairie de Toulouse rachète l'ensemble à l'État. L'école Lakanal s'y installe dès 1870. À partir de 1886, divers services municipaux investissent les lieux. Un ouvrage daté de 1913 évoque la présence d’une société de gymnastique, du musée des Toulousains de Toulouse (avant leur installation dans l'hôtel du May) et d’un établissement de bains. Au XXe siècle, aux différents services municipaux s’ajoutent les ateliers de couture du Théâtre du Capitole.

Saurez-vous repérer l’un des symboles caractéristiques de l’ordre des Jésuites ? Il s’agit du soleil, que l’on peut notamment observer au-dessus des portails d’entrée des bâtiments investis par les Jésuites.
Ouvrez l'oeil !

À partir de 1567, les Jésuites s'établissent dans l'ancien hôtel de Bernuy 1 , pour y fonder leur collège. Très vite, ils acquièrent par donation des terrains voisins des Jacobins, et s'étendent en direction de la Garonne pour construire le pensionnat 2 et le noviciat 3 .
Un élément clé du bâtiment a disparu en 1766, lequel ?
Un clocher se dressait autrefois à proximité de l'église du noviciat. Il fut coupé en deux et abattu par la foudre au cours d’un orage le 5 septembre 1766. Sa position exacte n’est en revanche pas connue.
Le noviciat d'après un plan de 1631, par Melchior Tavernier, Archives municipales de Toulouse
Et aujourd’hui, le CIAP !
Fidèle à sa vocation de lieu en perpétuelle adaptation, le 17 place de la Daurade s'apprête à accueillir le futur Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine (CIAP) : un espace où chacun pourra comprendre Toulouse, ses formes urbaines et les projets qui la transforment. Déjà témoin de quatre siècles d'histoire à lui seul, le bâtiment se prépare désormais à raconter celle de toute la ville. Plus d'infos sur metropole.toulouse.fr
Sources : Les Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles, expression du baroque, Musée Paul Dupuy, exposition de 1991
Direction : L'agence evelyne ; Texte : Marie Grivot ; Illustrations : Célia Gazal ; Merci à la Direction du Patrimoine.
