Carte blanche : 3 questions à Jean-Luc Moudenc

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, Président de Toulouse Métropole.

Stabilité fiscale, pouvoir d’achat des habitants, attractivité du territoire, construction de logements, davantage de nature pour une meilleure qualité de l’air... Le président de Toulouse Métropole livre sa vision sur les grands enjeux du mandat.

Comment comptez-vous faciliter l’accès au logement des habitants, notamment les plus modestes ?

Avec l’accueil de nouveaux Toulousains, la croissance des familles et les changements de mode de vie, le logement est devenu un défi majeur. Pour faire face à la crise nationale qui touche le secteur et permettre à chacun de se loger dans de meilleures conditions en fonction de son budget, il nous faut produire plus. C’est pourquoi nous avons pour objectif de permettre la construction de 75 000 logements à l’échelle de Toulouse Métropole, sur 10 ans, avec davantage de logements à prix abordables (35 % de logements sociaux et 25 % en accession sociale à la propriété) et davantage de logements sociaux familiaux (T4 et T5). Dès septembre, nous rassemblerons les acteurs de la production de logements, des entreprises de construction aux bailleurs sociaux, pour trouver ensemble des solutions qui permettront à chacun de disposer de logements accessibles et de qualité. Nous continuerons à rénover les logements pour le confort et pour faire des économies d’énergie, notamment avec la rénovation thermique de 100 % des logements de Toulouse Métropole Habitat (TMH) d’ici 2030, mais aussi avec le Plan Initiative Copropriété (PIC) qui a permis d’identifier 52 copropriétés dont les propriétaires-occupants ont des ressources modestes : nous avons déjà accompagné 23 d’entre elles. Enfin, nous développerons l’Agence Immobilière Sociale de Toulouse Métropole (ALIS), que nous avons créée en 2024, qui remet en location des logements vacants à destination de personnes disposant de peu de ressources.

Dans une Métropole qui grossit, pourquoi est-il important de soutenir l’implantation et le développement des entreprises ?

Nous proposons des conditions favorables aux entreprises pour s’implanter et se développer dans notre Métropole. Car, en plus de créer de la richesse et de l’attractivité, elles sont en premier lieu créatrices d’emplois. À ce titre, l’annonce, en début d’année, de l’installation d’un site de Venturi Space à Toulouse, avec 200 emplois à la clé ou encore l’agrandissement et la modernisation du site toulousain de Safran Power Units qui devraient permettre la création de 400 postes supplémentaires, sont autant de signaux positifs pour l’emploi des Toulousains. Nous mettons aussi en relation les entreprises qui embauchent et les habitants en recherche d’emploi, notamment par l’organisation de forums, comme le 26 mai dernier, avec un forum dédié aux secteurs de la restauration, de l’alimentaire et du commerce. D’autres forums auront lieu prochainement, comme le 6 octobre sur les Ramblas des allées Jean Jaurès, en novembre à Bagatelle, et d’autres à venir dans les communes de la Métropole.

Avec tout ce développement, la nature et les paysages ont-ils encore leur place dans notre Métropole ?

Notre Métropole a besoin de la nature, plus que jamais. À l’heure où il faut adapter nos villes aux fortes chaleurs, nous créons plus d’espaces de fraîcheur pour qu’elles restent respirables. Notre Métropole se développe mais pas au détriment de la qualité de vie de ses habitants.Et tous les maires de la Métropole travaillent ensemble pour préserver la nature, notamment avec notre Plan Local d’Urbanisme Intercommunal – Programme Local de l’Habitat (PLUi-H) qui protège 95 % des espaces naturels, agricoles et forestiers de Toulouse Métropole. Mais aussi avec le projet d’aménagement de 5 grands parcs métropolitains traversant 23 communes et représentant une surface de plus de 13 700 hectares : le Grand Parc Garonne, au sein duquel ont été créés les espaces de loisirs de Fenouillet et de Gagnac, le Grand Parc Canal, le long duquel nous avons inauguré, l’année dernière, de nouveaux aménagements et mobiliers pour se détendre et observer la faune, ainsi que le Grand Parc du Touch, le Grand Parc de l’Hers et le Grand Parc Margelle. En mettant en valeur nos cours d’eau, paysages emblématiques de notre Métropole, nous renouons avec nos espaces naturels et donnons aux habitants de nouveaux lieux de fraîcheur, de détente et de balade.

Verbatim

« À l’heure où il faut adapter nos villes aux fortes chaleurs, nous créons plus d’espaces de fraîcheur pour qu’elles restent respirables. Notre Métropole se développe mais pas au détriment de la qualité de vie de ses habitants. »