Les multiples visages du canal du Midi
Construit sous le règne de Louis XIV, entre 1667 et 1694, le canal du Midi est une prouesse technique. Aujourd’hui, sa présence au coeur de la ville offre un espace de nature, de culture, de loisirs, que le projet Grand Parc Canal ambitionne de remettre en valeur. Aperçu au fil de l’eau, à l’occasion de ses 30 ans d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

1. La nature en ville.
Un canal pour relier l’Atlantique à la Méditerranée… Au XVIIe siècle, le génie créateur de Pierre-Paul Riquet allait donner corps à une idée née dans l’Antiquité, pour éviter de contourner la péninsule ibérique. Cette incroyable réalisation de génie civil s’accompagne d’une esthétique architecturale et paysagère. Si le canal a subi des soubresauts au cours de l’histoire, la reconnaissance de sa valeur patrimoniale*, en 1996, lui a permis de conserver toute sa place dans les communes qu’il traverse. Fils bleus bordés de platanes, les canaux offrent aujourd’hui des ambiances exceptionnelles, véritables images de carte postale qui s’apprécient au gré des saisons.
* Les 12,6 km de voies d’eau toulousaines du canal du Midi et du canal de Brienne sont inscrits au titre du bien “canal du Midi”.

2. Espace de respiration.
Les chemins de halage forment un terrain de loisirs à ciel ouvert que les amoureux de nature ou de sport arpentent en toute saison.

3. Lieu de culture.
Le canal est aussi un écrin pour les événements culturels. La scène flottante du festival Convivencia y fait escale chaque année (lire page 26).

4. Le tourisme et le projet de retour du fret.
Après l’abandon de la navigation commerciale, le tourisme a donné un second souffle au canal. Aujourd’hui, le port Saint-Sauveur est le site emblématique du tourisme fluvial, avec plus de 400 plaisanciers accueillis chaque année. Il s’agit de l’ancien port marchand de Toulouse, dont la capitainerie a été intégralement restaurée. Parallèlement, l’idée de transporter des marchandises sur les canaux refait surface, avec une expérimentation de Lalande au port Saint-Sauveur.


5 et 6. Bijoux du patrimoine.
Les nombreux éléments patrimoniaux qui le jalonnent content son histoire : écluses et maisons éclusières, ponts et passerelles, ports historiques, archives du canal, cales de Radoub, etc. L’écluse Saint-Pierre, qui se distingue par sa forme ovale (et non rectangulaire), a été remise en valeur par Voies navigables de France (VNF) en 2025. Toulouse Métropole a aménagé toute la zone pour créer un parvis pour l’école d’économie et rénover les bords du canal de Brienne dans le cadre de son projet Grand Parc Canal, qui vise à mettre en valeur les canaux à Toulouse, à Saint-Jory, Lespinasse et Fenouillet.
Autre élément patrimonial du canal, le bas-relief en marbre de Carrare du sculpteur François Lucas, réalisé lors du creusement du canal de Brienne autour de 1770. Cette oeuvre décore l’espace entre les deux ponts conçus par Joseph-Marie Saget à la jonction avec le canal du Midi, sur le site des Ponts-Jumeaux.
7. Un bien à préserver.
Au quotidien, VNF et Toulouse Métropole assurent l’entretien du canal et de la végétation, la propreté, la préservation du milieu et la restauration de ses ouvrages. Ici une opération de nettoyage au niveau de l’écluse Bayard à bord de la Midinet de Toulouse Métropole.
Le canal du Midi fête ses 30 ans au patrimoine mondial de l’Unesco à travers toute une programmation culturelle.
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